CECITE DES RIVIERES EN AFRIQUE : NOUVEAU MEDICAMENT contre l’onchocercose
Actualité publiée le 02-07-2009
Thérapeutique
Les médecins tropicalistes l’appellent onchocercose, les populations d’Afrique lui donnent le surnom terrible de cécité des rivières, parce que cette parasitose détruit la vision, outre qu’elle déclenche des symptômes cutanés débilitants. Elle est due à un parasite transmis par une mouche vectrice, la simulie se reproduit dans l’eau des rivières. Les rivières où les populations boivent, se lavent et pêchent. Un nouveau médicament, la moxidectine (Wyeth Pharma), fait l’objet d’un essai dans 3 pays africains : il serait capable de tuer ou de stériliser Onchocerca volvulus, le ver parasite transmis par la simulie.
L’onchocercose sévit dans 30 pays africains, c’est un fléau millénaire, qui mebace des millions de personnes : plus de 100 millions en comptant de petites zones des Amériques et du Yémen. La cécité, qui frappe à tout âge, est l’une des causes du marasme économique des pays africains, car elle élimine du marché du travail des sujets en âge d’y entrer.
Le recours à la moxidectine entre dans le cadre d’une collaboration entre le Programme spécial de recherche et de formation sur les maladies tropicales (OMS/TDR) de l’OMS et Wyeth Pharma. Il prévoit le développement d’une formulation à usage humain et des études cliniques chez des volontaires en bonne santé puis des études communautaires en Afrique. L’OMS/TDR développe les capacités et gère les essais cliniques menés en Afrique, en partenariat avec des institutions et des chercheurs africains. En cas d’avis scientifique positif de l’Agence européenne des médicaments (EMEA), Wyeth et l’OMS demanderont l’approbation des autorités sanitaires des pays où l’onchocercose est endémique.
Selon Wyeth Pharma, les données sur la moxidectine sont jusqu’ici prometteuses et c’est surtout lors des essais de phase 3, les plus importants, qu’on espère constater que le médicament constitue un réel progrès dans la lutte contre cette maladie. Le TDR mènera les essais en collaboration avec des institutions et chercheurs africains : 1 500 personnes participeront à l’étude sur 4 sites au Ghana, au Libéria et en République démocratique du Congo. L’essai, prévu pour 2 ans et demi, a nécessité la construction d’un centre de recherche clinique dans le comté de Lofa, au Libéria, et dans le Nord-Kivu, au Congo.
Actuellement, on emploie contre l’onchocercose l’ivermectine, dont Merck & Co (MSD) a fait don à l’OMS il y a plus de 20 ans pour les pays d’endémie. Elle a permis de traiter plus de 60 millions d’Africains chaque année. Mais l’ivermectine tue les larves d’O. volvulus et non les vers adultes, aussi des traitements annuels sur une longue durée (au moins 11 à 14 ans) sont-ils nécessaires pour parvenir à maîtriser la maladie.
Si la moxidectine tue les larves et stérilise ou tue également les vers adultes, elle offrira la possibilité d’interrompre le cycle de transmission de la maladie sur la base de cycles annuels de traitement. Le médicament pourrait être distribué dans le cadre de mécanismes sous directives communautaires mis en place en collaboration entre l’APOC, les programmes de lutte africains et les ONG chargées de la distribution de l’ivermectine.
Le Programme africain de lutte contre l’onchocercose (APOC) est une collaboration entre les gouvernements, des organismes bilatéraux et multilatéraux, des fondations, des organisations non gouvernementales de développement (ONGD), les communautés touchées, la communauté scientifique et le secteur privé. Informlations : www.who.int/apoc.
Auteur : Maurice Chevrier, Santé log, mise en ligne le 1er juillet 2009
Source : OMS Communication, Genève (Visuel CDC)
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Cette actualité a été publiée le 02/07/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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