CERTIFICAT PRENUPTIAL : UNE DISPARITION PROGRAMMEE ?
Actualité publiée le 31-08-2008
Santé publique - PMI
C’est la question que posent périodiquement des parlementaires au Ministère de la Santé : députés et sénateurs s’inquiètent du devenir de cette institution de notre santé publique. Le certificat prénuptial a été institué comme mesure obligatoire en 1942, à laquelle il était indispensable de se conformer pour pouvoir se marier. Futurs maris et femmes se pliaient ainsi de bonne grâce à la visite médicale pour pouvoir ensuite passer devant Monsieur le Maire… et éventuellement devant Monsieur le Curé qui, lui, ne réclamait rien…
Les parlementaires insistent sur le fait que l’évolution des mœurs – l’union libre, les enfants hors mariage, le PACS, la désaffection des jeunes pour le mariage – a incité à une réflexion sur la possibilité de supprimer cet examen.
C’est ce qu’expliquent les médecins, aux propos desquels les parlementaires font écho. La visite médicale prénuptiale a un rôle essentiel : détection de maladies (notamment MST), de facteurs de risque, héréditaires génétiques ou d’hygiène de vie, conseils au jeune couple sur les précautions prophylactiques telle la vaccination contre la rubéole (prévenir des malformations fœtales), vérification des groupes sanguins pour prévoir une incompatibilité Rhésus, mise en garde contre le risque de toxoplasmose en cas de grossesse, équilibrer un diabète, etc. Comme disait un parlementaire dans sa question : « Les médecins sont assez dubitatifs devant ce projet de suppression ».
En effet, il n’est plus obligatoire depuis une loi du 20 décembre 2007 de présenter le certificat pour pouvoir se marier. Il s’agissait, explique la réponse ministérielle, de simplifier les démarches administratives, cette simplification touchant d’autres démarches. Mais désormais c’est aux couples de faire la… démarche de la visite médicale prénuptiale en s’adressant à un service de la Protection maternelle et infantile (PMI).
Il y avait donc déjà, n’en déplaise aux parlementaires inquiets (et aux médecins de même), un déficit important de prévention et d’information des couples. Alors par quelle mesure – on y revient – remplacer cet examen obsolète ? Le ministère de la Santé souligne l’importance que devrait prendre l’examen de santé institué pour les jeunes de 16 à 25 ans comme le propose le plan « Santé des jeunes » présenté en février dernier.
Cette consultation auprès d’un médecin de leur choix, explique le ministère, « permettra aux professionnels de santé, selon la situation rencontrée par les jeunes garçons et les jeunes filles au cours des années, de faire le point en matière de prévention des grossesses non désirées et d’informer sur les facteurs de risque concernant une grossesse future et les moyens de la prévenir ». Il sera important par ailleurs que le médecin informe les jeunes de tous les risques auxquels peut être confronté un couple et ses enfants, qu’il soit ou non marié.
Auteur : Jean-Marie Manus, conseiller en santé publique Santé log
Publié le 31 août 2008
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