COMMENT REUSSIR sa campagne de VACCINATION ? L’ECDC répond…
Actualité publiée le 11-11-2009
Technical report
« Pour être efficace, une communication sur une campagne de vaccination repose sur une bonne « communication interpersonnelle entre le patient et le prescripteur ». C’est l’une des conclusions présentées dans ce nouveau rapport de l’European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC), conclusions qui peuvent être pertinentes pour les décideurs et responsables en santé publique pour préparer leurs campagnes de vaccination en général et…en particulier, liées aux vaccins grippaux, précise l’ECDC. En passant en revue les communications santé réalisées en Europe autour des vaccins, l’Agence européenne a pu identifier certaines pistes d’amélioration des stratégies de communication pour l'Union européenne.
Ce rapport identifie des principes à « considérer » ou reconsidérer par les institutions de Santé Publique associées à l'élaboration des campagnes de communication santé concernant les vaccins :
- Tout nouveau vaccin lié à un événement comme une pandémie, va évoluer dans un contexte changeant de perceptions et d’attitude des cibles de la vaccination;
- Des actions efficaces de communication santé doivent donc être fondées sur la connaissance préalable de la perception et de l’attitude des publics face à la vaccination ;
- Il est donc fondamental de suivre l’évolution de l’opinion publique ;
- La communication interpersonnelle entre le patient à vacciner et le prescripteur, surtout si la "confiance" du patient a été ébranlée est essentielle;
Les croyances qui sous-tendent les attitudes des patients envers les vaccins ne sont pas, dans la plupart des cas, le résultat d'une recherche spécifique d’information ou liées à réflexion approfondie sur la question. Plusieurs études suggèrent que moins de 20% des citoyens ont réfléchi à la question de façon approfondie avant de prendre une décision - ce qui suggère une très forte composante émotionnelle dans la décision des citoyens. Des efforts d'éducation et d’information doivent donc compenser le déficit de connaissances sur le vaccin. Si la confiance a été affectée, les actions de communication devraient viser à rétablir la confiance.
Les gens ont besoin de sentir qu'ils prennent eux-mêmes la décision et qu’ils ont le choix, mais leur décision finale doit être soutenue par la communication interpersonnelle (les amis, la famille, mais aussi les professionnels de santé).
Le rôle primordial des professionnels de santé : La fiabilité des sources d'information et la crédibilité liée au processus d'information sont des aspects importants de la communication et les professionnels de santé sont perçus comme des sources crédibles et fiables et jouent un rôle important dans la persuasion des patients. Sur la réticence des professionnels de santé à se faire vacciner, l’étude de l’ECDC a isolé deux raisons principales, la première raison est un ensemble d'idées fausses ou une sous-estimation de leur risque personnel de contracter la grippe, de la transmettre à leurs patients, l'innocuité des vaccins ou de l'efficacité du vaccin. La deuxième série de raisons de la non-absorption est généré par les obstacles perçus à l'accès au vaccin. En conclusion, pour les chercheurs de l’ECDC, pour s’engager vis-à-vis de la vaccination de ses patients, le professionnel de santé doit disposer de connaissances scientifiques sur les vaccins, y compris sur les risques et les effets secondaires.
Transmettre aux professionnels de santé une information scientifique fiable : selon l’ECDC, les autorités devraient faciliter l'information complète sur des certitudes et des incertitudes de la vaccination. Ainsi, les perceptions des parents sur l'efficacité du vaccin sont les plus sensibles à la conviction que les médecins fournissent des informations fiables sur les avantages et les inconvénients de la vaccination. Il est apparu, dans l‘analyse de l’ECDC que les parents ayant des intentions de vaccination inférieures ont eu l'impression que les médecins ne citaient que les avantages des vaccins en faisant abstraction des inconvénients.
L’efficacité des messages de communication sur les vaccins repose sur cinq facteurs:
-la clarté;
-la cohérence;
-des informations de base, factuelles ;
-la prise en compte des incertitudes
-l’utilisation de plusieurs sources d'information
Le résumé de cette étude sur la communication lors d’une campagne de vaccination indique l’importance de l’adhésion des professionnels au principe de la vaccination. Cette adhésion n’est possible que s’il y a transparence et information scientifique des professionnels sur les vaccins utilisés, homologués et leurs éventuels effets indésirables. Le rapport conclut : La communication interpersonnelle entre le patient et le prescripteur est primordial pour l'efficacité de la « persuasion ». En France, une partie des médecins et des professionnels de santé peu enclins à la vaccination, lors d’un récent sondage, avaient rappelé la nécessité d’avoir accès à des informations scientifiques validées et que soit entreprise une communication claire à l’attention des professionnels de santé mais également à l’attention de la population (1).
Source : ECDC http://ecdc.europa.eu/en/publications/Publications/Forms/ECDC_DispForm.aspx?ID=460 mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log, le 11 novembre 2009 (visuel ECDC, vignette University of Pensylvania)
Lire aussi : (1) VACCINATION H1N1 : Le manque d'information explique les réticences -
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Cette actualité a été publiée le 11/11/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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