CRÉOSOTE et ARSENIC : De quel bois vous chauffez-vous ?
Actualité publiée le 19-07-2010
Association Robin des bois
Chaque année, 18.000 tonnes de traverses de chemin de fer traitées à la créosote et à l’arsenic sont reconverties en charbon de bois alimentaire, destiné aux barbecues et sans mention de provenance. A l’occasion de la signature d’un engagement volontaire le 15 juillet par les principaux utilisateurs de bois, l’Association Robin des Bois, accuse les différents intermédiaires, informe sur la dangerosité de ces matériaux issus de déchets dangereux et diffuse des conseils aux consommateurs « malgré eux ».
Selon l’Association, le bordereau de suivi de déchets dangereux -c’est-à-dire de présentant une ou plusieurs propriétés de danger de type explosif, nocif, cancérogène, mutagène…- et la notice de réutilisation de ces matériaux étaient fréquemment bidouillés « par les directions régionales de la SNCF, le caractère cancérogène de la créosote disparaissant sur des photocopies tronquées. Les paysagistes, les grandes surfaces de bricolage et de jardinage, les coopératives agricoles, les promoteurs immobiliers, les circuits informels de vente directe ou par internet ont largement exploité ces ambiguïtés ».
Pour avoir une longévité acceptable, les traverses en bois sont imperméabilisées avec de la créosote, chauffée pour imprégner le bois. La créosote est un produit chimique classée cancérigène de catégorie 2. Mélange d'hydrocarbures et de composés phénoliques, obtenue par distillation des goudrons de houille, elle se présente sous forme d'un liquide brun huileux. Depuis le 2 juin 2003, un arrêté interdit la vente et l’usage de ces traverses pour les particuliers et l'emploi de la créosote a été limitée par l'Union Européenne (directive 2001/90/CE du 26 octobre 2001). L’engagement volontaire signé le 15 juillet par les principaux utilisateurs de bois traités -traverses et poteaux- se substitue donc à la réglementation
Les dangers pour la santé : L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) a consacré un aide-mémoire technique aux dangers liées aux produits de traitement du bois dont la créosote et l’arsenic (Cliquer sur le visuel ci-contre).
A l’initiative du Ministère de l’écologie, cette charte d’engagement signée par Réseau Ferré de France RFF) devrait assainir l’élimination des bois traités, la transformation des traverses créosotées en charbon de bois à usage alimentaire sera réexaminée et l’importation en provenance de pays européens interdite.
L’Association rappelle les conseils suivants aux personnes qui pourraient se trouver en contact avec ces matériaux :
· Eviter les contacts cutanés et l’inhalation des vapeurs et odeurs toxiques,
· retirer les bois traités de l’intérieur des habitations,
· explorer toutes les possibilités légales de les éliminer : déchetteries, incinérateurs de déchets dangereux, centres de stockage de classe 1,
· déposer des recours contre les fournisseurs qui n’auraient pas informé l’acquéreur du caractère de déchet industriel et dangereux des matériaux.
Une étude, débutée en 2009, est en cours à l’INRS sur l’ensemble des déchets de bois traités qui représentent, selon l’Institut une part prépondérante de l’ensemble des déchets contenant des substances cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR) et sur l’ensemble des composés chimiques souillant les bois de rebut (colles, créosote, sels métalliques, etc.).
Source : Association Robin des bois, INRS, mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 18 juillet 2010
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Cette actualité a été publiée le 19/07/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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