DÉFIBRILLATEURS : Signalisation d’accord, mais formation indispensable à l’utilisation
Actualité publiée le 03-09-2010
Prévention
L’arrêté, publié ce jour au Journal officiel, qui instaure la signalisation des défibrillateurs cardiaques est un pas vers la prévention de l’arrêt cardiaque mais repose, en fait la question de la formation des Français aux gestes de premiers secours. Car si avec cette nouvelle signalétique, indispensable et conforme aux recommandations internationales, le témoin d’un arrêt cardiaque sera averti de la présence d’un défibrillateur à proximité de l’accident, il faudrait encore qu’il sache l’utiliser, dans des conditions très… particulières et stressantes pour un sauveteur débutant.
En France, chaque année, 40.000 à 50.000 personnes sont victimes d’un arrêt cardiaque, rappelle le Ministère de la santé. Moins de 2% d’entre elles survivent. La formation de la population aux trois gestes qui sauvent : alerter les secours, masser, défibriller et la généralisation des défibrillateurs dans les lieux publics doit permettre de sauver 2000 à 3500 vies supplémentaires chaque année.
Une formation courte, d’une durée inférieure à une heure et dont le contenu a fait l’objet d’un arrêté en date du 6 novembre 2009, doit permettre d’inciter tout citoyen à utiliser ces appareils. Mais les citoyens devraient être incités "sur le terrain", que ce soit par l’intermédiaire des services de santé scolaire ou de santé au travail à suivre plus largement ces formations, comme le recommande l’Académie de médecine dans son rapport de juin dernier.
Comment inciter chacun à apprendre comment s’en servir ? Si la société civile et la société médicale sont d’accord sur le fait qu’il faut installer des défibrillateurs automatiques externes (DAE) dans les lieux publics pour permettre de sauver davantage de personnes frappées de troubles du rythme cardiaque à risque de mort subite cardiaque, mais, comment apprendre à chacun comment s’en servir ? Les DAE actuellement proposés sont d’un maniement très simple, mais il faut quand même savoir les utiliser, surtout dans des conditions très… particulières et stressantes pour un sauveteur débutant. Et voilà le problème, que personne n’a soulevé…bien qu’il existe une obligation de formation (« Les gestes qui sauvent ») et de perfectionnement (plusieurs textes sont déjà parus au Journal Officiel). La SNCF a ainsi pris l’initiative, en juin dernier, d’équiper 150 gares de défibrillateurs, une installation qui devrait ensuite se poursuivre dans les trains. La ministre de la santé incite également les clubs sportifs à s’équiper en défibrillateurs en prenant en charge 40% de leur coût.
Seuls 40 % des français seraient initiés ou formés aux gestes de premiers secours selon contre 80% en Allemagne, selon une enquête de la Croix Rouge réalisée en 2009. Selon l’Académie de médecine, l’implication des Pouvoirs publics reste trop timide et le sujet réparti entre un trop grand nombre de Ministère pour bénéficier d’efficacité. Enfin le cadre légal et réglementaire français reste archaïque: Si depuis 2007, un décret permet à toute personne non médecin d’utiliser un défibrillateur cardiaque, qu’il soit semi-automatique ou entièrement automatisé, il n’existe aujourd’hui pas de protection du secouriste bénévole comme dans certains pays, absence de définition du secourisme, multiplicité et complexité des textes.
Source : Ministère de la Santé, Académie de médecine, Croix Rouge Française (Vignette), mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 2 septembre 2010
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Cette actualité a été publiée le 03/09/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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