DECHETS RADIOACTIFS : 250.000 tonnes à ENFOUIR, QUELLE REVERSIBILITE ?
Actualité publiée le 23-06-2009
Sécurité sanitaire

Il n’existe pas aujourd’hui, de dispositif de stockage définitif pour les déchets radioactifs de haute activité et à vie longue (HAVL). L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) organisait une conférence à Nancy sur le thème toujours irrésolu du stockage des combustibles irradiés, sujet sur lequel 74% des citoyens de l’Union européenne ne se sentent "pas bien informés". En France, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) mène, depuis 20 ans, un programme de recherche sur son site expérimental sur la technique de l’enfouissement. Chiffres et explications.
C’est à l’occasion d’un récent colloque interdisciplinaire sur la notion de réversibilité, organisé par l’Andra au Palais des Congrès de Nancy qu’un nouveau point vient d’être effectué sur les connaissances actuelles et la notion de réversibilité dans le cadre du stockage en profondeur des déchets radioactifs. 250.000 tonnes de déchets radioactifs dans le monde, 50.000 en France soit un peu plus de 1.000 par an en provenance des centrales françaises. Deux unités de retraitement permettent aujourd’hui leur stockage, à la Hague et à Marcoule. Mais ce stockage n’est que provisoire car certains de ces déchets radioactifs sont à haute activité et à vie longue (HAVL) et peuvent perdurer pendant plusieurs millions d’années.
Aucun site de stockage définitif en Europe : Actuellement, il n'existe dans aucun État d’Europe d’installation de stockage définitif pour les déchets HAVL. Les déchets radioactifs sont entreposés dans des centres de stockage intermédiaires et provisoires. Des programmes de recherche multidisciplinaires sont actuellement menés par de nombreux pays pour étudier la faisabilité du stockage de déchets HAVL en profondeur, sous la terre, notamment dans les roches argileuses.
Les perturbations enduites par l’excavation, l’introduction sous la roche de matériaux étrangers et la circulation des eaux forment l’enjeu de la recherche actuelle.
La technique de l’enfouissement ou le stockage en profondeurs dans des formations géologiques profondes, capables de les confiner pendant plusieurs centaines de milliers d'années est la seule solution étudiée dans le monde. En France, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) mène, depuis 20 ans, un programme de recherche sur son site expérimental de Tournemire dans le sud de l'Aveyron pour acquérir des connaissances, évaluer et tester des méthodes, former des experts sur l’analyse des risques liés à la gestion de ces déchets nucléaires.
Le concept de sûreté d’un tel stockage repose notamment sur les propriétés de confinement durable des matières radioactives assuré par le milieu géologique, de manière à limiter leur transfert vers les écosystèmes et prévenir les risques à long terme pour l’homme et l’environnement.
Sur ce site, l’IRSN cherche donc à comprendre les mécanismes et la vitesse de migration de l’eau et des substances dissoutes dans des argiles intactes ou perturbées par la réalisation d’ouvrages souterrains :
Limiter les perturbations de la roche : La réalisation d’une excavation souterraine peut conduire à l’apparition de zones perturbées jusqu’à des zones endommagée (EDZ, Excavated Damaged Zone), susceptible de dégrader les propriétés d’étanchéité (perméabilité) de la roche. Les expériences de l’IRSN ont pour objectif de creuser en minimisant la perturbation de la roche.
Limiter les perturbations par les matériaux introduits dans le milieu géologique : L’RSN travaille actuellement sur des observations sur des matériaux cimentaires (chaux, béton, ciment) ou métalliques (fer).
Analyser la circulation des eaux : L’eau de la roche argileuse (matricielle ou porale) est très ancienne et circule très lentement (vitesse de l’ordre du centimètre par million d’années), si bien qu’elle peut être considérée comme immobile à l’échelle humaine. L’analyse a révélé ainsi que les eaux porales des argiles ont au contraire un temps de résidence de l’ordre du million d’année.
Déchets nucléaires et santé : En dessous d’une certaine quantité de rayonnements reçue, dans le domaine dit des "faibles doses", le risque d’apparition de cancer n’est pas démontré, mais le contraire non plus. En l’absence de certitudes scientifiques, on admet que toute exposition induit un risque. A proximité de déchets radioactifs, les dangers dus à la radioactivité sont de deux types :
L’exposition externe ("irradiation") aux rayonnements émis par le déchet,
L’exposition interne ("contamination") par inhalation ou ingestion des éléments.
La cible principale du rayonnement radioactif est l'ADN : le rayonnement provoque des lésions de notre patrimoine génétique qui peuvent conduire à l'apparition de mutations responsables d'un cancer. Au-delà de 100 millisieverts, le risque d'apparition d'un cancer est directement proportionnel à la dose reçue. Il est donc primordial de maintenir le risque à un niveau très faible par rapport au risque de cancer attribuable à d’autres origines, et ce aussi bien à court terme qu’à long terme.
.Les rayonnements ionisants à fortes doses, (supérieures à 500 mGy) ont, quant à eux, des effets inévitables comme l’érythème, la cataracte et la stérilité, par exemple.
En France, la responsabilité de concevoir et de réaliser un éventuel stockage géologique a été confiée à l’Agence Nationale pour la Gestion des déchets radioactifs (ANDRA) qui retrouvera ses homologues étrangers lors d’une conférence internationale prévue en 2010 qui sera organisée en France sous l'égide de l'Agence pour l'énergie nucléaire de l'OCDE sur la même thématique en décembre 2010.
 Source : Andra, IRSN, mis en ligne par Maurice Chevrier, santé log, le 23 juin 2009
Lire aussi :
DECHETS, INCINERATEURS ET CANCER : le point de l’Institut de Veille Sanitaire
Accéder au site de l’Agence Nationale pour la Gestion des déchets radioactifs : http://www.andra.fr
Accéder à l’étude Eurobaromètre sur les déchets radioactifs : http://ec.europa.eu/energy/nuclear/waste/doc/2005_06_nucelar_waste_resume_fr.pdf
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