DEFICIT en VITAMINE D : Risque cardiovasculaire accru ?
Actualité publiée le 26-11-2009
Etude
La vitamine D est un élément essentiel de constitution et de l’entretien de l’os. Dès le début de la vie, les nourrissons en reçoivent avec les tétées. A la ménopause, vitamine D et calcium sont donnés en supplément si l’apport alimentaire est insuffisant. Lors des sessions scientifiques de l’American Heart Association (Orlando, Floride), le Dr Tami Bair (Centre médical de Murray, Utah) a indiqué que des niveaux trop bas de vitamine D sont associés à une augmentation du risque cardiovasculaire, et même de décès, ce que montre une nouvelle étude.
Le Dr Bair et ses collègues ont suivi 27 000 sujets de 50 ans et plus sans problème cardiovasculaire connu. Ceux qui avaient les taux sériques de vitamine D les plus bas (< 15 nanogrammes/mL) avaient plus de risque de décès (+ 77%), plus de risque de maladie coronarienne (+ 45 %) et plus de risque d’AVC (+ 78 %) que ceux qui avaient un taux de vitamine D « normal » (> 30 nanogrammes/mL). Le déficit augmentait aussi le risque d’insuffisance cardiaque (x 2)..
Ainsi un déficit même modéré en vitamine D expose au risque cardio-cérébrovasculaire et de décès… mais on ne peut encore conclure à une relation de cause à effet, selon le Dr Heidi May, collègue du Dr Blair. Parce qu’il s’agissait d’une « étude observationnelle » : on observe, on dose, on constate, mais pour tirer des conclusions définitives, des recherches plus poussées sont nécessaires « pour mieux établir l’association entre déficit en vitamine D et maladie cardiovasculaire » (au sens générique). Bref, avant de conseiller à la population d’absorber de fortes quantités de vitamine…
Ce rapport entre vitamine D et pathologie cardiovasculaire a fait qu’on en a largement parlé lors de ces sessions de l’AHA, parce qu’aujourd’hui les preuves du bénéfice de la vitamine D en cardiologie sont plus fortes que jamais et par rapport aux autres vitamines. Cependant les essais cliniques disponibles sont rares… et les études observationnelles ne montrent pas les effets robustes espérés : peut-être n’utilisaient-elles pas de doses suffisantes de suppléments, que l’observance des patients était mauvaise, et la durée de ces études trop courte, dit le Dr Harald Dobning (Graz, Autriche. On espère que les autres études en cours (TIDE, VITAL) vont donner des réponses définitives, mais dans…5 à 7 ans: peu optimiste sur les délais, le Dr Eric Rimm (Ecole de santé publique d’Harvard, Boston), mais confiant sur le résultat. On sait que la population est en déficit (on peut la doser dans le sérum), il faut attendre quelques années pour conclure épidémiologiquement à un effet positif de la supplémentation à taux efficace : 1 000 ou 2 000 UI (unités internationales) chaque jour.
Outre les différentes fonctions de la vitamine D dans l’organisme (où nombre de tissus et de cellules ont des récepteurs spécifiques), des groupes à risques doivent bénéficier de la supplémentation : sujets à peau sombre (tels les sujets d’origine africaine) ou vivant en altitude, personnes âgées qui ont moins de précurseurs circulants de vitamine D et qui sortent moins souvent (rôle des UV solaires pour activer la vitamine D cutanée), sujets obèses, craintifs du soleil qui le fuient ou s’en protègent par un vêtement, sujets en perte d’autonomie ou en institutions, femmes enceintes ou allaitantes.
Dans une interview, le Dr Rimm a joute : « La vitamine D ne peut pas provenir que de la supplémentation. C’est une honte de ne compter que sur la supplémentation parce que durant le beau temps dans l’année, 5 à 10 minutes par jour de lumière du soleil suffisent à produire assez de vitamine D. Je comprends les préoccupations au sujet du cancer de la peau et je pense que les gens devraient mettre de la lotion solaire, mais c’est probablement mieux de la mettre dix minutes après s’être mis au soleil » ! Il rappelle qu’une source importante de vitamine D est l’alimentation, surtout le poisson, à consommer d’une à 4 fois par semaine. Poisson+soleil+supplémentation, le tour est joué…
Question 1 : risque-t-on d’en consommer trop de vitamine D ? Pour les Drs Dobning et Rimm : il est presque impossible de souffrir d’effets indésirables d’un excès de vitamine D. Ceux qui passent toute la journée au soleil, tels les sauveteurs (des plages) ont des taux de vitamine D de 45 à 62 nanogrammes/mL. Cette vitamine est sûre (safe)….
Question 2 : qu’est-ce qu’un déficit en vitamine D ? Un taux sérique inférieur à 20 nanogrammes/mL, un taux de 20 à 29 est une insuffisance, un taux de 30 à 60 est conforme, un taux > 150 est un excès.
Source : HeartWire, mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 25 novembre 2009 (Vignette AHA)
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