DEPISTAGE DU CANCER DE LA PROSTATE : Les premières pistes de travail de l’OPEPS
Actualité publiée le 14-04-2009
Dépistage
L'Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé (OPEPS) créé en décembre 2002 a pour mission d'informer le Parlement des conséquences des choix de santé publique. Comme la HAS le précisait dans son communiqué du 20 mars, le Pr. Bernard Debré, urologue (et député UMP) a présenté, à partir de l’étude réalisée par des experts réunis sous l’égide de l’Association française d’urologie, le rapport fait au nom de l’OPEPS soit 13 propositions pour améliorer l’efficacité du dépistage et du traitement du cancer de la prostate en France.
La délégation de l’OPEPS est composée des présidents des commissions de l'Assemblée nationale et du Sénat chargées des affaires sociales ainsi que des rapporteurs de ces commissions en charge de l'assurance maladie dans le cadre des lois de financement de la sécurité sociale, de dix députés et dix sénateurs et est présidé alternativement pour un an par le président de la commission chargée des affaires sociales de l'Assemblée nationale et par le président de la commission chargée des affaires sociales du Sénat.
Le dépistage du cancer de la prostate pose de véritables interrogations sur la politique à mener en matière de dépistage : En fait, les effets d’un dépistage précoce du cancer de la prostate sur la mortalité, que ce soit par dosage du PSA ou toucher rectal, ne sont pas réellement connus.
Mi-mars le New England Journal of Medecine publiait les résultats contradictoires des 2 grandes études sur le sujet, dont une étude européenne, l’ERSPC, débutée il y a 12 ans sur une très large échelle. Cette étude, la plus favorable sur le bénéfice du dépistage concluait néanmoins à un principe de dépistage bénéfique uniquement dans la tranche d'âge des 55-69 ans. Lire : CANCER DE LA PROSTATE : Le dépistage est-il vraiment efficace ?
Dès le lendemain, l'Institut National du Cancer (INCa), La Haute Autorité de Santé (HAS), et l'Association Française d'Urologie (AFU) prenaient acte pour une meilleure définition de la politique publique à mettre en place, dans l’attente de la remise du rapport de l’OPEPS. Lire : CANCER DE LA PROSTATE : La Haute Autorité de Santé et l’Institut National du Cancer réagissent
Aujourd’hui, le communiqué de l’OPEPS rappelle que bien que résultant de démarches personnelles, le dépistage du cancer de la prostate a atteint aujourd’hui le stade d’un phénomène de masse, concernant plusieurs millions d’hommes de plus de cinquante ans et que ses enjeux actuels de la politique de dépistage du cancer de la prostate sont aujourd'hui davantage à rechercher du côté d'une amélioration de l'efficacité globale du dépistage que de son développement quantitatif.
13 recommandations concernant l’organisation, la standardisation et l’harmonisation des tests et des machines, l’élaboration d’outils de prise en charge... et devraient permettre à un dépistage systématique" organisé pour les 50-70 ans, comme pour d’autres cancers.
Aujourd’hui, le dépistage en médecine courante comporte d’une part un toucher rectal (recherche d’un éventuel grossissement de la prostate), d’autre part, s’il y a suspicion, le dosage d’un marqueur biologique dans le sang, le PSA (prostate specific antigen), et selon le résultat, une série de biopsies par voie rectale (plusieurs prélèvements sont généralement nécessaires). Fin octobre dernier, un test urinaire proposait une simplification de la procédure de dépistage. Encore testé dans dans 3 laboratoires d’analyses spécialisés en France, ce test est déjà utilisé couramment dans plusieurs pays européens. Lire : CANCER DE LA PROSTATE : Le premier test génétique urinaire
Le Pr. Debré a rappelé que le cancer de la prostate a une évolution longue dans la plupart des cas et qu’un dépistage efficace devrait donc pouvoir permettre un diagnostic précoce. L’hétérogénéité des pratiques de ce dépistage (absence fréquente de toucher rectal, absence de de biopsies si le dosage du PSA le nécessite pourtant), l’insuffisance de formation des médecins et d’information des patients, la disparité géographique de prise en charge du dépistage sont autant d’ajustements à préciser dans la stratégie.
Avant de passer au dépistage systématique, de nombreuses questions restent égalent posées -sur l'âge (survenue de cancers chez les jeunes), la fréquence du dépistage, le test lui-même, car d'autres tests sont en cours d'évaluation (voir plus haut).
Dans l’attente du rapport intégral.
Mis en ligne par Maurice Chevrier, Santé log, réactualisé le 15 avril 2009- Visuel et vignette dépliant http://www.urologyweek.org/promotional_material/PA_2009_v1.pdf
Accéder aux résultats de l’étude ERSCP : http://content.nejm.org/cgi/content/full/NEJMoa0810084
Recommandations de l’HAS pour la pratique clinique : http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/information_kp_recommandations-2006.pdf
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Cette actualité a été publiée le 14/04/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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