DEPISTAGE DU CANCER DU SEIN : Un taux de participation très inférieur à l’objectif
Actualité publiée le 07-04-2009
Bilan InVS
L’Institut de Veille sanitaire (InVS) vient de publier son bilan sur la participation des femmes âgées de 50 à 74 ans, invitées à se faire dépister depuis 2004 par le programme national de dépistage du cancer du sein. On reste loin de l’objectif d’un taux de participation de 70% et dans certaine régions ou villes tout particulièrement, comme à Paris où le taux de participation de la population cible avoisine les 27% seulement. Pourtant le cancer du sein se situe toujours au premier rang de l’ensemble des cancers en France et au 5ème rang dans le monde causant près de 520 000 décès par an. Son incidence ne cesse d’augmenter depuis 20 ans.
Le cancer du sein représente près de 20 % des cancers de la femme dans le monde, soit plus d’1 million de nouveaux cas chaque année. C’est le cancer féminin le plus fréquent, suivi par le cancer du col de l'utérus, du colon et rectum, de l'estomac puis des poumons à égalité avec le cancer du corps utérin. En 2005, le nombre de cancers du sein est estimé à environ 50 000 nouveaux cas. Il reste la principale cause de mortalité par cancer chez les femmes, responsable en France, de près de 11 000 décès annuels.
Le cancer du sein est plus courant dans les pays industrialisés où le risque à vie touche entre 1 femme sur 12 à 20. Le risque est moindre pour les femmes vivant dans les pays en voie de développement mais la même hausse semble se dessiner. Parmi les facteurs de risque de cancer du sein figurent un niveau socio-économique élevé, des premières règles précoces, une première grossesse tardive, une ménopause tardive et des antécédents familiaux de cancer du sein. Beaucoup se posent la question de lien entre interruption volontaire de grossesse et survenue d’un cancer du sein : plusieurs études épidémiologiques ont démontré qu'il n'y a pas de lien systématique entre IVG pendant le premier trimestre et le risque ultérieur de cancer du sein dans la vie d'une femme.
Différents types de cancer du sein sont identifiés, les « adénocarcinomes » qui se développent à partir des canaux (cancer canalaire) et des lobules (cancer lobulaire), étant les plus courants (95 %). Les cancers sont dits in situ lorsque les cellules cancéreuses sont confinées aux canaux et lobules. Ils sont qualifiés de cancers infiltrants lorsque les cellules cancéreuses ont traversé la membrane des canaux ou des lobules et se diffusent dans les tissus qui les entourent. Dans ce cas, les cellules cancéreuses peuvent se propager dans les ganglions situés sous les bras (ganglions axillaires) et éventuellement diffuser dans l'organisme.
Un dépistage consiste, selon l’Organisation mondiale de la santé, à identifier dans un groupe de ersonnes supposées saines une maladie à un stade précoce ou à un stade préliminaire, voire un acteur de risque ou une combinaison de facteurs de risque décelables avant le déclenchement de ette maladie.
Le dépistage du cancer du sein a tout d’abord fait l’objet, en France, d’un test pilote mené dans dix départements entre 1989 et 1991.
Faut-il généraliser le dépistage avant 50 ans ? Plus de 50 % des cancers sont observés après 65 ans et « seulement » 10 % avant 35 ans. Mais, en mars 1994, la Haute Autorité de Santé réfléchissait à l’opportunité d’étendre le programme national de dépistage du cancer du sein aux femmes âgées de 40 à 49 ans. Mais le cancer du sein est une pathologie rare avant 30 ans qui croît ensuite forte ment entre 40 et 50 ans. En 2000, en France, 7 758 nouveaux cas de cancer du sein ont été rapportés chez les femmes âgées de 40 à 49 ans. Mais, alors, la majorité des experts du groupe de travail s’est prononcée pour le maintien de l’âge de début du dépistage à 50 ans, par manque de données pour pouvoir juger du rapport bénéfice/risque.
Le programme national de dépistage du cancer du sein dans la population générale des femmes de 50 à 74 ans pour lesquelles le bénéfice avait été prouvé était généralisé à l’ensemble des départements français le 1er janvier 2004.
Ce programme de dépistage organisé repose sur l’invitation de l’ensemble des femmes de 50 à 74 ans à bénéficier tous les deux ans d’une mammographie de dépistage à deux incidences (de face et oblique externe), sans avance de frais. Les radiologues effectuent un contrôle de qualité de la chaîne mammographique de leur cabinet, transmettent les fiches d’interprétation des mammographies à la structure de gestion qui transmettent les données nécessaires à l’évaluation à l’Institut de veille sanitaire.
Le taux de participation de 2008, s’élève à 52,5 % de la population cible contre 40,2 % en 2004 et 44,8% en 2005. Ainsi près de 2 285 000 femmes ont eu recours au dépistage organisé du cancer du sein, ce qui représente. Le taux de participation augmente mais reste très inférieur à la référence européenne de 70 % nécessaire à une prise en charge suffisamment précoce permettant de réduire la mortalité.
La participation est inégale selon les régions, avec les taux les plus bas (40%) en Ile de France et en Corse…et 27,1% à Paris !
Il est particulièrement important, rappelle l’InVS, de convaincre les femmes qui ne font jamais de mammographie mais également celles qui les font en dehors du programme (au moins 10% de la population cible). Rappelons qu’aujourd'hui, le taux global de survie relative à 5 ans après le diagnostic est de 85 %.
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Source : InVS mis en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 7 avril 2009
Accéder à la recommandation HAS « Opportunité d’étendre le programme national de dépistage du cancer du sein aux femmes âgées de 40 à 49 ans » : http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/Cancer_sein_prog_depitage_Synth.pdf
Accéder sur le site de l’InCa aux documents de la campagne de dépistage : http://www.e-cancer.fr/Sante-publique/INFORMATION-des-publics/Campagnes-Depistage-des-cancers/page4/op_1-ta_-id_1125-it_557-li_1-ls_3-la_1-ve_1.html
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Cette actualité a été publiée le 07/04/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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