DEPRESSION : CHEZ LES CARDIAQUES, IL FAUT LA RECHERCHER
Actualité publiée le 06-10-2008

Cardiologie :
Encore une fois, des recommandations suggèrent que la recherche d’une dépression chez un patient cardiaque (coronarien) est indispensable et doit aboutir, si nécessaire, à un traitement spécifique. Ces recommandations émanent de l’Association américaine de cardiologie (AHA) et sont publiées dans sa revue Circulation. Il s’agit de recommandations faisant consensus, dans la mesure où les preuves actuelles reliant dépression et maladie coronarienne justifient une évaluation médicale et une thérapeutique.
Nombre d’études apportent des éléments objectifs consistants selon lesquelles la dépression est trois fois plus courante chez les patients ayant subi un infarctus myocardique que dans la population générale. Des évaluations lors d’hospitalisations indiquent que 15 à 20 % de ces patients ont une dépression majeure, conformément au manuel de diagnostic des affections mentales (DSM IV), davantage de ces patients ayant des symptômes dépressifs. Par ailleurs, 9,3 % des patients coronariens ont une dépression majeure, contre 4,8 % dans la population générale saine.
L’importance de ces recommandations tient au fait que le pronostic de la maladie coronarienne est plus souvent mauvais en cas de dépression associée, avec le risque de récidive d’accidents cardiaques doublé dans les 12 à 24 mois suivant l’infarctus initial, et l’on peut dire que ce risque est dose-dépendant : plus la dépression est sévère, plus grand et plus précoce est le risque et plus sévère la récidive.
On ne comprend pas très bien comment la dépression agirait sur le pronostic cardiaque. On croit remarquer que les patients dépressifs sont moins observants, qu’il s’agisse de leurs médicaments, de leur régime, de leur activité physique conseillée, de leur assiduité aux séances de réadaptation cardiovasculaire. On a mis en cause également une augmentation de l’activité du système nerveux sympathique (excitateur) et/ou une moindre activité du système vagal (calmant), une augmentation de l’activation plaquettaire (risque de thrombose) et du terrain inflammatoire…
Il existe aujourd’hui des questionnaires et des échelles d’évaluation de la dépression comportant plusieurs items aux réponses desquels un médecin entraîné sait apporter un diagnostic et des solutions thérapeutiques, avec un suivi attentif. Le pronostic de la maladie cardiaque en sera-t-il amélioré ? Trop tôt pour répondre, disent les experts de l’AHA, l’essentiel étant de comprendre la meilleure façon de reconnaître la dépression et de la traiter…
Auteur : Jean-Marie Manus, conseiller en santé publique Santé log
Accéder à l’abstract de Circulation : http://circ.ahajournals.org/cgi/content/abstract/CIRCULATIONAHA.108.190769v2?maxtoshow=&HITS=10&hits=10&RESULTFORMAT=&fulltext=depression&searchid=1&FIRSTINDEX=0&resourcetype=HWCIT
Lire aussi : http://www.santelog.com/modules/connaissances/actualite-sante-invs-la-france-est-triste_337.htm
Mis en ligne le 5 octobre 2008
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