DERRIERE LE PSORIASIS : Chercher le risque cardiovasculaire
Actualité publiée le 11-01-2009
Dermato & cardio
Une étude parue le 15 décembre dans l’American Journal of Cardiology (AMJ) relance le sujet du risque de maladie coronarienne (déjà évoqué en 2006 dans le JAMA) significativement augmenté chez les sujets atteints de psoriasis, maladie cutanée inflammatoire, principalement dans les formes sévères de celle-ci. Cette étude conclut qu’il est important d’en informer les patients de façon qu’ils suppriment ou
corrigent leurs facteurs de risque cardiovasculaire et ajoutent un suivi cardiologique à leur suivi dermatologique.
Dermato et cardio, peu d’échanges… C’est ce qui ressort d’un consensus défini par un groupe de cardiologues, dermatologues et scientifiques (1) et publié dans l’AMJ (Dr Vincent E. Friedewald, Université de Notre Dame, Indiana, et coll.). La relation entre affections dermatologiques et cardiovasculaires n’est pas courante et les deux spécialités ont rarement des échanges. En fait, comme dans bien des cas de figure similaires, peu de cardiologues et peu de dermatologues connaissent l’existence d’un risque cardiovasculaire chez les psoriasiques.
Le problème pour ces patients est que leur affection dermatologique constitue souvent leur souci majeur et les facteurs de risque cardiovasculaire ne sont pas forcément un sujet de préoccupation : on a autre chose à l’esprit quand on souffre d’un psoriasis, surtout de forme sévère. Pourtant, il faut se préoccuper par exemple de la tension artérielle ou du taux de cholestérol ou de glycémie de ces sujets.
L’étude parue en 2006 dans le JAMA (Journal of American Medical Association) a justifié ce consensus. Elle indiquait que les patients psoriasiques avaient un une augmentation significative de leur risque d’infarctus du myocarde (2). Il s’agissait de la première étude de ce genre, qui devrait amener à se poser la question du rôle de l’inflammation (caractéristique du psoriasis) dans l’émergence de la maladie coronarienne.

On sait en effet que depuis plus de dix ans des éléments de connaissance s’accumulent, qui montrent le rôle des phénomènes inflammatoires dans l’émergence des maladies cardiovasculaires, même quand la cholestérolémie est considérée comme normale.
La récente étude JUPITER ( ) a montré qu’avec une statine donnée à titre préventif, on réduisait le taux d’inflammation (baisse de son marqueur spécifique, la C-réactive protéine, ou CRP) et la mortalité cardiovasculaire, même chez les patients ayant un taux bas de LDL-cholestérol (mauvais cholestérol). L’athérosclérose se développerait dans les artères sur un terrain inflammatoire général, c’est-à-dire en cas de maladie marquée par une inflammation. De ce fait, toute maladie inflammatoire devient suspecte de retentissement cardiovasculaire…
C’est une révolution en médecine dans la mesure où, derrière la maladie générale (inflammatoire) il est peut-être utile de rechercher un retentissement cardiovasculaire… et de traiter, la CRP étant alors le « juge de paix ».
Il reste à sensibiliser cardiologues, dermatologues et généralistes au risque cardiovasculaire accompagnant le psoriasis.
Auteur : Jean-Marie Manus, Conseiller pour la santé publique, Santé log, mis en ligne le 10 janvier 2009
(1) Friedewald VE, Cather JC, Gelfand JM, et al. AJC editors' consensus: psoriasis and coronary artery disease. Am J Cardiol 2008; 102:1631-43.
(2) Gelfand JM, Neimann AL, Shin DB, et al. Risk of myocardial infarction in patients with psoriasis. JAMA 2006; 296:1735-1741.
Lire aussi : PREVENTION DES MALADIES CARDIOVASCULAIRES et STATINES : JUPITER aurait raison
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Cette actualité a été publiée le 11/01/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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