DETECTION DE LA TUBERCULOSE : De nouveaux tests sanguins totalement innovants
Actualité publiée le 29-03-2010
Biologie
Un nouveau type de test de diagnostic de la tuberculose latente ou active s’installe lentement dans les pratiques des biologistes médicaux et des équipes médicales : c’est un test qui détecte la réaction immunitaire (immunité cellulaire) d’un patient, en identifiant dans un échantillon de sang total la présence d’une cytokine, l’interféron gamma : Des tests totalement innovants. Celui qui mène la course en tête a fait l’objet d’une présentation au symposium « 2010, utilisation des tests interféron en pratique quotidienne » à la Faculté de médecine Bichat à Paris.
C’est le Quantiferon®-TB Gold, ou QFT®, développé par la biotech australienne Cellestis (Melbourne). Ce test sanguin innovant permet d’améliorer l’efficacité biologique du dépistage de l’infection tuberculeuse latente (ITL), plus redoutable encore que la tuberculose active puisqu’elle laisse les porteurs « sains » du bacille le transmettre à leur entourage, principalement aux enfants.
Le principe est simple, il repose sur le prélèvement d’au moins 5 mL de sang, où l’on introduit 2 antigènes peptidiques de Mycobacterium tuberculosis : ESAT-6 et CEP-10, puis que l’on met à incuber toute une nuit. Le lendemain, un test ELISA (un classique de la biologie médicale) permet de détecter de l’interféron gamma, produit par les lymphocytes cytotoxiques (CTL), auxquels les cellules immunitaires présentatrices d’antigènes (APC) ont présenté les deux peptides antigéniques… qui ont suscité la sécrétion réactionnelle d’interféron gamma, l’un des composants de la défense immunitaire anti-infectieuse (bactérie, virus).
L’intérêt de ce type de test, un IGRA : interferon gamma release assay (test de sécrétion d’interféron gamma), se situe face à l’IDR : l’intradermo-réaction, test ancestral de vérification de l’existence ou de l’absence d’une immunité anti-M. tuberculosis. On appelle aussi test à la tuberculine, il a, comme l’IGRA, la possibilité de donner des nouvelles de l’immunité cellulaire vis-à-vis de la tuberculose.
L’intradermo-réaction nécessite une technique parfaite pour être valable : une injection strictement intradermique à la première visite au médecin et une seconde visite pour lecture du résultat à la peau interprétation peu facile, car elle s’évalue en fonction du diamètre de la papule cutanée apparue. En outre, chez un sujet vacciné par le BCG (et toujours immunisé) la performance du diagnostic est encore moins bonne.
Actuellement l’IGRA est vu comme aide à la lecture de l’IDR ! Mais un consensus est en cours, pour qu’il la remplace, sachant que par ailleurs il est un bon candidat au dépistage biologique de l’ITL et confirmation de la forme active. Pour Cellestis, il peut ainsi permettre de rectifier les limites de l’IDR et soutenir une politique efficace de lutte contre la tuberculose.
En résumé, le test QFT® est simple et rapide, facile d’emploi, doté d’une grande sensibilité (assurance de détecter la bactérie) et spécificité : proche de 100 % (il ne détecte rien d’autre, n’est pas perturbé par une immunité BCG ancienne ni par d’autres mycobactéries (telle M. bovis que peuvent contracter les éleveurs), est fait en une seule fois au laboratoire de biologie médicale, et se lit en 24 h. Parmi les pays qui l’ont accueilli positivement : les Etats-Unis, le Japon.
La Haute Autorité de Santé (HAS) à la demande de la DGS, a évalué les deux IGRA existants : QFT®, et T-Spot-TB (Oxford Immunotec, Royaume Uni) développés sur le même principe et approuvés par l’EMEA et la FDA. La HAS a retenu pour les IGRA 4 indications :
-Enquête autour d’un cas chez les plus de 15 ans (peu de données chez l’enfant) ;
-à l’embauche des professionnels de santé et ceux travaillant dans un service à risque ;
-aide au diagnostic des formes extra-pulmonaires de la tuberculose difficiles à identifier ;
-avant mise en route d’un traitement par anti-TNF alpha (cytokine anti-polyarthrite rhumatoïde augmentant la susceptibilité à M. tuberculosis). L’intérêt reste à définir chez les VIH-positifs, les patients cancéreux et après greffe d’organe.
Source : Symposium Cellestis Ltd, Paris26/2/2010, HAS, mise en ligne par Jean-Marie Manus, Santé log, le 29 mars 2010
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Cette actualité a été publiée le 29/03/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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