DIABÈTE à l’ÉCOLE : Aux U.S., seule l’infirmière peut injecter l’insuline
Actualité publiée le 07-07-2010
ADA
La pénurie d’infirmières de santé scolaire n’est pas propre à la France. En Californie, la plupart des écoles n’ont pas d’infirmière à plein temps et seules les infirmières sont habilitées à procéder aux injections d’insuline aux enfants. Les parents de quelque 15.000 jeunes diabétiques scolarisés ont protesté, exigeant que les établissements engagent des infirmières qualifiées, d’autres décidant de recourir à l’enseignement à la maison.
La situation s’est gâtée quand un juge a décidé que seule une infirmière diplômée pouvait injecter l’insuline aux diabétiques, à l’exclusion de tout autre personnel, épisode rapporté par l’American Diabetes Association (ADA) sur son site. Tollé en Californie, car les professionnels de santé sont prêts à admettre qu’un non médecin bien formé : babysitteur, fratrie, grands-parents, et à l’école enseignants et personnels de service, peut y procéder. Il n’y a donc pas de raison que ces profanes (lay people) ne soient pas autorisés à pratiquer les injections s’ils ont reçu la formation adéquate. La pénurie d’infirmières de santé scolaire, si leur présence est juridiquement exigée, c’est le risque pour les enfants de ne pas être traités à temps. Autre problème pour l’Etat de Californie : son déficit budgétaire. Alors, engager des infirmières !
La situation paraît invraisemblable, vue de France, où les jeunes diabétiques acquièrent précocement l’autonomie : mesure de la glycémie, auto-administration d’insuline - largement facilitée par les stylos à cartouches. « Il n’est pas admissible d’exiger que les infirmières soient les seules à administrer l’insuline : ce n’est pas une procédure compliquée », estime un pédiatre, le Dr Darrell Wilson, endocrinologue à l’Université de Stanford et l’Hôpital d’enfants Lucille-Packard. Il est « remarquablement inutile » d’en faire une exclusivité infirmière.
En fait, tout est parti d’une class-action - une plainte collective - en 2007 auprès du Département de l’Education de Californie, qui aboutit à un accord autorisant le personnel non médical à pratiquer les injections en l’absence d’infirmière. Des associations d’infirmières ont alors entamé une procédure pour annuler l’accord, arguant que les textes officiels disent que seule une infirmière diplômée peut pratiquer ce geste. C’est là qu’un juge leur donna raison. Cela ne résolvait pas la pénurie d’infirmières, l’Organisation des infirmières scolaires de Californie affirmant que les parents devaient se tranquilliser, seules « des infirmières formées et hautement compétentes » administreraient « une médication aussi dangereuse que l’insuline ».
Il n’est pas question pour les familles et les médecins de nier la compétence des infirmières, et l’utilité de leur présence en milieu éducatif, ne serait-ce que pour rappeler aux jeunes diabétiques l’observance des règles d’hygiène de vie et d’alimentation en milieu scolaire – la partie du traitement la plus difficile pour les jeunes diabétiques… par rapport à l’auto-injection ! Or il y a pénurie d’infirmières, trop d’infirmières a mi-temps, et d’infirmières faisant la navette entre plusieurs établissements. L’expansion de l’usage des pompes à insuline est une des clés su problème, mais ce n’est pas demain que tous les scolaires diabétiques en seront équipés…
Le diabète de type 1 est au centre de la polémique, car généralement diagnostiqué dans l’enfance ou à l’adolescence. Dès qu’ils peuvent comprendre l’enjeu, s’auto-surveiller et s’auto-traiter, les jeunes diabétiques se prennent en main, mais il est important que dans cet enjeu ils n’oublient pas les règles hygiéno-diététiques – en milieu scolaire une infirmière formée à la gestion globale du diabète peut les y aider, ou une diététicienne scolaire, mais il semble qu’il y ait aussi pénurie de diététiciennes scolaires.
« Compte tenu de la pénurie d’infirmières scolaires, il serait sensé d’augmenter le nombre de gens sachant administrer l’insuline, dit le Dr Fran Kaufman, endocrinologue à Los Angeles. J’y ai même entraîné des gens qui ne savaient pas lire ». Il est vrai que dans certains établissements, le personnel de direction ou enseignant ne souhaite pas cette responsabilité. Face à ce problème nombre de parents se chargent eux-mêmes du suivi et du traitement de leur enfant diabétique.
Source: American Diabetes Association, mise en ligne Louis-Marie Sibuée, Santé log (traduction, adaptation, commentaires) (Visuels http://www.jdrf.org), le 7 juillet 2010
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Cette actualité a été publiée le 07/07/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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