DIABÈTE : Double risque de CANCER COLORECTAL chez la femme âgée
Actualité publiée le 09-07-2010
Digestive Week 2010
Lors de la traditionnelle Digestive Week 2010 à La Nouvelle Orléans, rencontre organisée par l'American Gastroenterological Association qui réunit les spécialistes mondiaux de la médecine digestive, une communication a retenu l’attention de ces derniers : des données concernant des femmes d’un certain âge (older women) et diabétiques, et leur risque de certains types de cancer colorectal (CCR). Selon les données actuelles, leur risque serait de plus du double par rapport aux femmes non diabétiques.
Il faut bien reconnaître que le diabète n’est plus seulement une maladie des chiffres de la glycémie, qu’il faut ramener à la normale. Avec les études poussées en épidémiologie, les moyens d’exploration du métabolisme glucidique, la meilleure compréhension des cibles de l’hyperglycémie et de ses conséquences, on constate que le diabète n’est plus seulement… le diabète.
Ainsi, une équipe de chercheurs de la Mayo Clinic a mis en lumière le risque de CCR chez les femmes diabétiques, constat qu’ils résument ainsi : « Malheureusement, diabète et cancer colique sont tus deux très courants aux Etats-Unis, aussi établir une corrélation entre ces deux affections implique largement la santé publique »…
Comme dans les pays développés, le CCR est la 3e cause de cancer chez la femme aux Etats-Unis. Le diabète est identifié comme un facteur de risque de CCR, mais par quel mécanisme : ils ne sont pas entièrement compris, disent habituellement les chercheurs… L’étude de la Mayo Clinic a porté sur les données émanant de 37 695 patientes de 55 à 69 ans enrôlées en 1986dans l’étude IWHS (Iowa Women’s Health Study), toujours en cours. Parmi ces femmes 2 361 avaient un diabète de type 2 et 1 200 ont développé un CCR.
Pour tenter de corréler CCR et diabète, l’équipe de la Mayo Clinic s’est adressée aux laboratoires d’anatomo-pathologie pour obtenir des prélèvements (biopsies) des tumeurs coliques. Ils ont tenté d’établir un lien entre les prélèvements tumoraux et d’autres données de l’IWHS recherchant notamment des biomarqueurs moléculaires (marqueurs tumoraux), telles des mutations génétiques favorisant le cancer (gène BRAF).
Selon le Dr Paul Limburg, gastro-entérologue, l’un des auteurs de l’étude, le diabète est plus fortement associé à des tumeurs coliques porteuses des signatures moléculaires MSI-high, CIMP-positive et mutation BRAF. Aujourd’hui, on le sait, les biomarqueurs moléculaires permettent de caractériser les tumeurs entre elles, et de désigner des sous-types tumoraux en fonction d’un marqueur identifiés par la biogénétique moléculaire, même à l’intérieur d’un type de tumeur (CCR, sein…).
Ainsi, le diabète semble conférer une augmentation supérieure à deux fois du risque d’émergence de ces sous-types « moléculairement » définis chez les femmes diabétiques par rapport aux femmes non diabétiques. A partir de là, on peut envisager une prévention chez ces femmes, dépistage, chimiothérapie et même chimio6prévention, selon le Dr Anthony Razzak, membre de l’équipe de la Mayo Clinic, mais il reste à comprendre comment l’exposition à un certain environnement, à certains facteurs de risque peut agir sur la formation tumorale au niveau moléculaire.
Comprendre la biologie (à l’échelon cellulaire) du CCR et l’influence du diabète est au programme de l’équipe, qui espère tirer parti de la recherche pour améliorer la prise en charge des patientes.
Source : BusinessWire, Mayo Clinic, Informations : www.mayoclinic.org/colon-cancer mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log (traduction, adaptation, commentaires) le 9 juillet 2010 (Vignette Roche)
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Cette actualité a été publiée le 09/07/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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