DIABÈTE et OBESITÉ : Un nouveau composé contre les complications métaboliques
Actualité publiée le 01-08-2010
Journal of Clinical Investigation
Un composé expérimental, mis au point par des chercheurs des U.S. National Intitutes of Health serait capable de réduire les anomalies métaboliques associées à l'obésité, selon une étude menée sur des souris obèses, publiée le 27 juillet en ligne dans le Journal of Clinical Investigation.
«Il s'agit d'une étape prometteuse vers un début de traitement pour certaines des conséquences graves de l'obésité sur la santé ", explique le Pr. Kenneth R. Warren, directeur par intérim de l'Institut national sur l'abus d'alcool (NIAAA), institut des NIH. "Nos résultats suggèrent que ce composé pourrait apporter des avantages cliniques aux personnes obèses, sans les effets indésirables constatés jusqu'à présent avec des composés similaires ».
On sait que le système des endocannabinoïdes est impliqué dans nombreuses fonctions du cerveau comme la mémoire, la perception de la douleur, l'activité motrice et la régulation du poids corporel. Il s’agit donc de bloquer l'activité des endocannabinoïdes, messagers naturels du corps –sensiblement chimiquement semblables au composé actif de la marijuana-, et aider à réguler de nombreuses fonctions biologiques. Des études antérieures ont montré que de tels composés peuvent aider à promouvoir la perte de poids et améliorer les complications métaboliques de l'obésité, comme le diabète et l'insulino-résistance, réduire le taux de lipides dans le sang et le foie. Cependant, le développement clinique de ces composés a, jusqu’à aujourd’hui, été contrecarré par des effets secondaires comportementaux associés à leur utilisation, tels que l'anxiété, la dépression ou les pensées suicidaires.
«Les récepteurs des endocannabinoïdes sont présents dans le cerveau, ainsi que dans les tissus périphériques, le foie, les muscles du squelette, le pancréas et les tissus adipeux, explique l’un des chercheurs. "L'activation des récepteurs périphériques endocannabinoïdes contribue au développement des anomalies métaboliques et hormonales liées à l’obésité.
Les chercheurs ont développé un composé qui n'est pas en mesure de pénétrer dans le cerveau mais peut bloquer de manière sélective l'activation des récepteurs endocannabinoïdes dans les tissus périphériques, et s’avère donc susceptible d'atténuer les troubles métaboliques et hormonaux liés à l'obésité, le tout en évitant les problèmes de comportement.
Ce composé, testé chez des souris obèses, a permis des améliorations dans la régulation du glucose, du taux de lipides dans le sang et le foie, sans incidence sur les réponses comportementales.
"Ces résultats préliminaires sont très encourageants et justifient d'autres essais sur ce composé qui peut devenir un traitement prometteur du syndrome métabolique associé à l'obésité ». Une précédente étude* réalisée par des chercheurs de l’Inserm, publiée en février 2010 dans la revue Nature Neuroscience avait démontré l’influence, de façon opposée du système endocannabinoïde sur la prise alimentaire.
Sources : NIH « New Compound Improves Obesity-Related Health Complications in NIH-Led Study », et Nature Neuroscience* “Bimodal Control of stimulated food intake by the endocannabinoid system” traduction, adaptation, mise en ligne Yann-Mickaël Dadot, Santé log réactualisé le 31 juillet 2010
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Cette actualité a été publiée le 01/08/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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