DIABETE DE TYPE 2 : Mieux pris en charge mais encore mal expliqué
Actualité publiée le 19-03-2009
Etude Entred
L’institut de Veille Sanitaire nous livre les derniers résultats de l’étude Entred (pour Echantillon national représentatif des personnes diabétiques) menée en 2007, comparés aux résultats de 2001. Le diabète de type 2 représente 92 % des diabètes (types 1 et 2), touche 2 200 000 personnes en France dont 500 000 non diagnostiquées et a coûté 12,9 milliards d’euros en 2007. Le diabète de type 2, survient le plus souvent après 50 ans. Certes des progrès ont été réalisés dans la prise en charge et….restent à faire dans l’information et l’éducation du patient diabétique.
L’étude Entred révèle une baisse, en 6 ans, à la fois de la pression artérielle, de la glycémie et du cholestérol, quel que soit l’âge. C’est le résultat d’une intensification importante des traitements entre 2001 et 2007 (comme les hypoglycémiants oraux et, dans certains cas l’insulinothérapie) et, très probablement une incitation et une communication de Santé publique généralisée autour de la recherche d’un meilleur équilibre hygiéno-diététique.
Le diabétique de type 2 a les mêmes besoins nutritionnels qu'une personne non diabétique du même âge et ayant la même activité physique : Contrairement aux conseils diffusés, l'apport en glucides doit être favorisé tout comme une réduction de la consommation de lipides et de boissons alcoolisées. Mais si le diabétique ne doit pas radicalement modifier ses habitudes alimentaires, le surpoids et l'obésité représentent des facteurs de risques métaboliques et cardio-vasculaires, surtout si l'accumulation de graisses se trouve dans la partie supérieure du corps. Ils favorisent la résistance à l'insuline.
Or, seul 1 diabétique sur 5 a bénéficié d’une consultation diététique et si dans l’absolu la majorité des diabétiques souhaiteraient plus d’info sur leur maladie : Les personnes diabétiques de type 2 s’informent auprès des médecins (82% des cas), beaucoup plus rarement dans les médias (16%), auprès des autres professionnels de santé ou de l’entourage (13% chacun) ou auprès des associations de patients (2%).
La plupart des patients refusent l’éducation thérapeutique, en face à face ou en groupe : La principale difficulté rencontrée dans le suivi des patients diabétiques de type 2 est leur adhésion aux recommandations dans les domaines de l’alimentation et de l’activité physique. Les médecins déclarent souhaiter se former davantage à l’ETP et disposer de supports d’information et d’outils d’aide à la consultation.
Mais rappelons que lors de la discussion du projet de loi « Hôpital, patients, santé et territoires », si le texte reconnaît l’éducation thérapeutique parmi les missions des médecins de premier recours, les parlementaires ont, en l’absence d’un plan national reporté la discussion sur son financement à la remise d’un rapport à présenter au Parlement fin 2010.
Ensuite, l’obésité présente chez 41 % des personnes diabétiques de type 2 est en hausse (+ 7 %). 30 % des diabétiques sont en surpoids (+ 3 points depuis 2001) et 14 % sont obèses (+ 4 points). Les complications du diabète (cardiaques, ophtalmologiques et podologiques) semblent être un peu plus fréquentes. Mais le dépistage plus systématique peut fausser ces dernières données.
Le dépistage ne couvre pas suffisamment les complications du diabète. La Loi de santé publique de 2004 avait fixé comme objectif que la pratique des examens de dépistage correspondants soit réalisée chez 80 % des personnes diabétiques en 2008. L’InVS nous apprend que seule la moitié des personnes diabétiques de type 2 bénéficient d’une consultation ophtalmologique annuelle (49 %), 28 % d’un dosage urinaire de l’albumine et 43 % de la gradation du risque podologique.
Deux voies principales d’amélioration de la prise en charge sont donc ouvertes, un dépistage plus systématique et couvrant les complications du diabète et une optimisation des traitements avec, par exemple, comme le recommande la HAS, l’utilisation de la metformine en traitement prioritaire du diabète de type 2 en monothérapie.(1)
Source : Communiqué et rapport InVS
Accéder au rapport de l’InVS :
www.invs.sante.fr/display/?doc=publications/entred/entred_2007_2010/index.html
Lire aussi :
EDUCATION THERAPEUTIQUE du patient : Pas de décision de financement avant 2011
OBESITE : N’OUBLIEZ PAS LE DIABETE, SVP !
DIABETE 2 MAL EQUILIBRE : PASSER VITE A L’INSULINE
(1) DIABETE GESTATIONNEL ET METFORMINE : Une conjonction favorable
Accéder au dossier Diabète (pour y accéder, vous devez vous inscrire ou vous identifier)
Diagnostic
Diabète de Type 2
Diabète de Type 2 (suite)
Le diabète de type 1
Pathologie
Réagissez à cette actu sur Santé Blog
Cette actualité a été publiée le 19/03/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
|