DIABETE DE TYPE 2 : Un nouveau traitement qui élimine le glucose par le rein
Actualité publiée le 17-10-2009
Dapagliflozine
De nouveaux traitements du diabète de type 2 présentés récemment ont été développés à partir de la découverte (déjà ancienne) d’hormones intestinales, les incrétines, permettant d’améliorer le métabolisme du glucose au moment le plus opportun : les repas. A peine avait-on présenté ces nouveaux traitements - les premières innovations depuis l’invention des ADO – qu’un nouveau apparaît, utilisant une autre voie métabolique.
C’est la dapagliflozine, dont les premiers résultats avancés (phase 3) ont été présentés en septembre au 45e Congrès annuel de l’Association européenne pour l’étude du diabète (EASD) à Vienne. Il s’agit inhibiteur sélectif du co-transporteur 2 sodium-glucose, SGLT2 pour simplifier, développé conjointement par les laboratoires Bristol-Myers Squibb et AstraZeneca. C’est le premier de cette nouvelle classe thérapeutique.
Dans une étude clinique contre placebo de 24 semaines, l’association de la dapagliflozine par voie orale (1 prise/jour) à la metformine a permis une réduction significative de l’hémoglobine glyquée (HbA1c) et de la glycémie à jeun chez des patients diabétiques de type 2 insuffisamment équilibrés par la metformine seule.
L’étude a également montré que les patients recevant dapagliflozine+metformine bénéficiaient d’une perte de poids (5 à 10 % au moins) significativement plus importante que les patients du groupe placebo+metformine, et que par ailleurs la baisse de la tension artérielle était proportionnelle au dosage de la dapagliflozine.
L’inhibiteur du SGLT2 stimule l’élimination du glucose par le rein, ce qui permet de normaliser le taux de glucose sanguin (glycémie). On sait que le rein filtre en continue le glucose via le flux sanguin dans les glomérules (filtration glomérulaire), la quasi-totalité du glucose étant réabsorbée, sous la responsabilité du SGLT2, qui maintient ainsi les besoins en glucose de l’organisme. Chez le diabétique, cette réabsorption contribue à l’hyperglycémie. En inhibant la fonction du SGLT2, la dapagliflozine inhibe la réabsorption rénale du glucose et sa remise en circulation. Grâce à une excrétion plus importante du glucose dans les urines.
Cette nouvelle voie explorée par l’industrie pharmaceutique vient donc enrichir la pharmacopée du diabète de type 2. Pour les diabétologues européens, la prévalence croissante de ce diabète, de nouveaux traitements spécifiques sont nécessaires pour améliorer l’équilibre du diabète par le traitement oral (et retarder le passage à l’insuline ?). La dapagliflozine en est encore au stade de l’expérimentation pharmacologique – même si la phase 3 précède juste l’autorisation de mise sur le marché (AMM). De nouvelles données devraient être présentées prochainement.
L’étude présentée à Vienne concernait 546 patients de 18 à 77 ans, dont l’HbA1c se situait entre supérieure à 7 % et 10 %. Ils ont été répartis en 4 groupes de traitement : dapagliflozine 2,5 mg/j, dapagliflozine 5 mg/j, dapagliflozine 10 mg/j, placebo, les 4 groupes recevant également de la metformine 1 500 mg/j ou plus). La proportion de patients sous dapagliflozine ayant abaissé leur HbA1c à moins de 7 % à 24 semaines était de 33 % avec la forme 2,5 mg, de 37,5 % avec la forme à 5 mg, 40,6 % avec la forme à 10 mg (contre 25,9 % dans le groupe placebo).
Les résultats présentés à Vienne sont des résultats dits intermédiaires car l’étude devrait durer au total 2 ans.
Auteur : Louis-Marie Sibuée, Santé log, le 16 octobre 2009 (Vignette EASD, Visuel ADA)
Source : BusinnesWire
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Cette actualité a été publiée le 17/10/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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