DIABETE ET RISQUE CARDIOVASCULAIRE : BNP, MARQUEUR BIOLOGIQUE CLE
Actualité publiée le 24-09-2008

Nouveau marqueur biologique
Le risque de complications cardiovasculaires chez le diabétique mal équilibré est le risque majeur du diabète évolué, qu’il soit de type 1 (insulino-dépendant) ou de type 2.
Il n’y a pas vraiment de marqueur direct de l’augmentation de ce risque chez le diabétique, mais on peut tenir compte par exemple de marqueurs indirects, comme le taux de cholestérol LDL, les chiffres de tension artérielle, le taux d’hémoglobine glyquée supérieur à 7 %, la glycémie. Mais une étude menée par une équipe autrichienne aboutit à un marqueur biologique, le peptide natriurétique B (BNP), cette qualité indispensable en prévention : la prédictivité.
Un marqueur biologique est une substance émanant d’un organe, ce qui lui donne une spécificité d’autant plus élevée qu’à partir d’un certain taux sanguin, il signale une souffrance de l’organe en question. Ainsi le biologiste est-il devenu lui aussi un acteur de la prévention avec la capacité de détecter deux marqueurs biologiques de souffrance cardiaque assez récents : la troponine et le peptide natriurétique. Terme qui signifie : qui fait éliminer du sel et de l’eau, car ce peptide augmente quand il faut faire baisser le volume sanguin pour abaisser le pression artérielle et soulager le cœur.
Ce peptide, sous sa forme chimique dite NT-proBNP, est le fort facteur prédictif (predictor) de la survenue d’événements cardiovasculaires à court terme, par rapport à tous les autres facteurs examinés (1). Le Dr Martin Huelsmann et ses co-auteurs (2) de l’Université de Vienne ont observé pendant 12 mois 631 patients venus pour leur diabète. En 12 mois, 44 patients (7 %) ont subi une évolution nécessitant une hospitalisation (non prévue) ou aboutissant au décès pour cause cardiovasculaire. En comparaison, chez ces patients, disent les médecins autrichiens, la tension, la glycémie et le cholestérol « n’étaient pas significativement associés » avec les événements cardiovasculaires qui sont survenus au cours du suivi. Bref, ils n’étaient pas prédictifs !
Il existe plusieurs niveaux d’alerte cardiovasculaire, selon le niveau de BNP sanguin, alors que le taux normal, inférieur à 125 picogrammes par millilitre (< 125 pg/mL) possède une « valeur prédictive négative de 98 % », ce qui signifie plus simplement que chez un patient ayant une valeur sanguine inférieure à celle-ci, il y a 98 % de chances qu’il ne se produise pas d’événement cardiovasculaire – il reste 2 % d’incertitude…
Bref, au-dessous de cette valeur, le pronostic à court terme des patients est « excellent »… même si la gestion de leurs autres traitements est moins bonne, selon les médecins autrichiens, qui soulignent que les marqueurs traditionnels du risque cardiovasculaire chez les diabétiques ne reflètent pas l’atteinte de la fonction cardiaque… contrairement au BNP. Celui-ci est un peptide secrété par les oreillettes en cas de souffrance de la pompe cardiaque : la découverte de sa sécrétion dans le tissu cardiaque il y a quelques années fut une énorme surprise. Il est aujourd’hui un marqueur-clé de la surveillance du cœur… et plus.
Auteur : Louis-Marie Sibuée, biologiste
(1) âge, sexe, hypertension, maladie coronarienne, tabagisme, ancienneté du diabète, degré d’insuffisance cardiaque, dyspnée, index de masse corporelle, cholestérol LDL, hémoglobine glyquée, créatinine et taux de filtration glomérulaire (fonction rénale).
(2) European Heart Journal, 2008 ; 29:2259-2264
Accéder à l’abstract (en anglais) de l’article: « NT-proBNP has a high negative predictive value to rule-out short-term cardiovascular events in patients with diabetes mellitus”
http://eurheartj.oxfordjournals.org/cgi/content/abstract/29/18/2259?maxtoshow=&HITS=10&hits=10&RESULTFORMAT=&fulltext=diabetes&searchid=1&FIRSTINDEX=0&volume=29&issue=18&resourcetype=HWCIT
Accéder aux Références HAS – Dossier HTA Santé log : http://www.santelog.com/modules/connaissances/base-connaissance-sante-hypertension-arterielle,-maladies-cardiovasculaires,-prevention,-automesure-(36)_167.htm
Mis en ligne le 22 septembre 2008
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Cette actualité a été publiée le 24/09/2008 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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