DIABETE : L'AFD lance HALTE AUX COMPLICATIONS !
Actualité publiée le 16-11-2009
AFD
L’Association française des diabétiques (AFD) a lancé « l’Opération Complications », avec le mot d’ordre : Halte aux complications, qui permet en de rappeler qu’être diabétique n’est pas seulement avoir des chiffres hors norme qui fâchent le médecin traitant ? Etre diabétique, c’est comme hypertendu ou hypercholestérolémique : au-delà des chiffres qui fâchent, il faut d’abord penser complications, prévention et qualité de vie, observance thérapeutique et hygiéno-diététique …
Il n’y a pas que les chiffres hors norme : hyperglycémie à jeun > 1,26 g/L, trop d’hémoglobine glyquée (> 7 %)…« Tu n’as pas choisi d’avoir le diabète, tu as le choix d’éviter ses complications », tel est l’argument-clé de la campagne de sensibilisation de l’AFD qui livre ce bilan : 300 000 infarctus, 35 000 aveugles, 30 000 amputés [au moins] sur 2 300 000 diabétiques recensés (1), ajoutant : des centaines de milliers de personnes [dans le monde] ont pu éviter de graves complications et vivent bien avec le diabète grâce à une hygiène de vie et à un bon suivi du traitement.
Les complications du diabète non équilibré sont directement liées à l’hyperglycémie chronique. Elles touchent les nerfs périphériques (neuropathie diabétique), les gros vaisseaux (macro-angiopathie : artères cérébrales, coronaires, fémorales), les petits vaisseaux (micro-angiopathie : rétine, reins). Il y a augmentation du risque infectieux, peut-être de d’ostéoporose et de maladie d’Alzheimer.
Le diabète/maladie métabolique peut être assez bien maîtrisé et le décès par « diabète aigu » est devenu exceptionnel. En revanche, les complications restent des facteurs d’aggravation importants de morbi-mortalité. Les complications sont d’autant plus graves que le diabète est évolué. Une simple entorse aux règles hygiéno-diététiques et/ou au traitement peut suffire. Par ailleurs, il n’est pas rare aujourd’hui chez l’adulte qu’un diabète de type 2 soit révélé par une complication : ulcère du pied, angor (voir infarctus), trouble de la vue (rétinopathie), dysfonction rénale…
Les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) pour maîtriser le diabète portent d’une part sur les facteurs de risque : tabac, excès d’alcool, alimentation déséquilibres, d’autre part sur le suivi médical périodique : contrôle de la glycémie à jeun, de l’HbA1c, du poids et de la tension tous les 3 mois (qui n’excluent pas l’auto-surveillance glycémique et tensionnelle à domicile !), contrôle du fond d’œil (ophtalmologiste), de la santé podologique, bilan lipidique (cholestérol, triglycérides) et cardiologique, épreuve fonctionnelle rénale (albuminurie, taux de filtration), état dentaire au moins une fois par an. A cela s’ajoute la recommandation aux patients : observance globale, thérapeutique et hygiéno-diététique.
Ceci est valable, bien sûr, pour les diabétiques de type 1 ET 2, les complications sont d’autant plus profondes que le diagnostic est porté avec retard, ce qui est souvent le cas avec le diabète de type 2. Le médecin traitant est aujourd’hui en première ligne puisque les diabétiques n’ont pas la « permission » d’un accès direct au spécialiste - c’est don médecin traitant qui l’y envoie.
Pour l’AFD, la communication vers le patient diabétique est encore trop souvent médicalisée, donc réductrice : « c’est la personne réduite à sa maladie, le message de la connaissance vers l’ignorance ». De même, quand on parle des facteurs de risque aux patients, c’est en se basant sur l’épidémiologie (notamment d’après l’étude de Framingham), alors qu’il faudrait individualiser « la leçon », la rattacher à la vie du patient. Enfin l’AFD remet en partie en cause les campagnes de communication sur le diabète s’appuyant sur des slogans réducteurs.
Or le diabète est un problème de toute une vie et c’est dans cette vie qu’il faut resituer la communication aux patients, telle que l’AFD estime l’avoir conçue, en tant qu’association de patients qui ne dit pas « faites » mais « sachez que »… en s’adressant à d’autres patients.
C’est tout le sens de l’information actuelle de l’AFD sur les complications du diabète mal traité par les patients… et par les médecins, auxquels s’adresse jusqu’à fin décembre la « deuxième vague » de cette campagne, qui a d’abord concerné les diabétiques. Un bel exemple d’éducation pour la santé – un terme lui aussi moins réducteur qu’éducation thérapeutique.

Source AFD www.afd.asso.fr, mise en ligne par Maurice Chevrier, Santé log, le 16 novembre 2009
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