DIALYSE à domicile et GREFFE de REIN : 2 modes de traitement à optimiser
Actualité publiée le 20-03-2010
Traitement
Dialyse péritonéale continue ambulatoire (DPCA), hémodialyse en centre et transplantation rénale sont les principaux modes de traitement accessibles aux près de 70.000 patients insuffisants rénaux chroniques. Mais, globalement, la proportion de patients traités par méthodes « autonomes », à domicile et hors centre, décroît régulièrement et des disparités s’observent non seulement sur les conditions de la première séance de dialyse mais aussi sur la répartition entre les différentes modalités de traitement et… sur l’inscription sur la liste d’attente de greffe qui tend à augmenter.
Le BEH de mars 2010, édité par l’Institut de veille sanitaire fait le point sur les modalités de traitement des patients insuffisants rénaux chroniques, sur la base des données du registre du Réseau épidémiologie et information en néphrologie (Rein) composé de néphrologues, d’épidémiologistes et de représentants des patients et des tutelles, coordonné à l’échelon national et régional.
L’insuffisance rénale chronique, problème majeur de santé publique : En France, au 1er janvier 2009, on estime à 68.000 le nombre de personnes recevant un traitement de suppléance par dialyse ou greffe. Le nombre de personnes ayant débuté un traitement de suppléance en 2008 était d’environ 9.300, soit 147 personnes par million d’habitants et par an. Avec une prévalence de 1.060 personnes traitées par million d’habitants, l’insuffisance rénale chronique terminale – au coût social et humain particulièrement élevé – constitue un problème majeur de santé publique.
Comorbidités et prise en charge, une tendance à « l’amélioration » : Le premier traitement est la dialyse (97% des cas) et plus rarement une greffe rénale « d’emblée » (greffe préemptive). Près d’un malade sur deux a au moins une pathologie cardiovasculaire associée. Le diabète (de type 2 dans 91% des cas) est la comorbidité la plus fréquente puisqu’il touche 40% des personnes. La probabilité de survie est de 83% à 1 an, 72% à 2 ans, 63% à 3 ans et 56% à 4 ans. Elle est fortement liée à l’âge. Chez les plus de 75 ans, un patient sur deux qui débute un traitement de suppléance est encore en vie à deux ans et ce, malgré un nombre important de comorbidités associées. Le nombre de patients pris en charge reste stable mais leur âge moyen augmente. Le nombre des comorbidités reste stable mais, après ajustement sur l’âge, il existe une diminution des comorbidités cardiovasculaires. Malgré le vieillissement des patients il n’y a pas d’aggravation de l’état de santé des patients insuffisants rénaux et la prise en charge de l’insuffisance rénale chronique tend, selon le Réseau, à s’améliorer.
La dialyse en urgence reste associée à des résultats défavorables : Le traitement de suppléance est réalisé de manière programmée pour 73,6% des patients et en urgence pour 26,4%. Les comorbidités et handicaps apparaissent plus fréquents en cas de démarrage en urgence. 93,9% des patients démarrant en urgence sont en hémodialyse en centre lourd, alors que 25,2% des patients en cas de dialyse programmée, sont en hémodialyse hors centre ou en dialyse péritonéale à domicile. Les taux de survie à 12 mois sont meilleurs en traitement programmé (87,4% pour les suppléances programmées et de 74,2% pour celles réalisées en urgence). Le démarrage de la dialyse en urgence est associé à des causes médicales (ou sociales et régionales) et des résultats défavorables. Les experts recommandent donc l’élaboration d’un programme médical garantissant la continuité des soins.
Le recours à la greffe, encore trop limité : Ainsi, au cours l’année 2006, 4.011 (soit 14%) patients ont débuté un traitement, dont 68% par l’hémodialyse en centre, 5% en UDM, 14% en hors centre, 12% en DP et 1% par une greffe rénale préemptive. Pourtant, pour l’hospitalisation à domicile, hors centre, le mode principal unique de sortie (48%) est la greffe. Deux études transversales ont été menées en 2005 et 2007 auprès des patients de plus de 18 ans, suivis dans une des huit régions du Réseau épidémiologie et information en néphrologie (Rein) de 2005, respectivement dialysés et greffés. Ces études confirment les différences de qualité de vie entre dialysés et greffés et mettent en avant le bénéfice de la greffe rénale. « Toutes les mesures possibles pour améliorer l’accès à la greffe et réduire le temps passé en dialyse devraient être mises en œuvre », conclut l’InVS.
Source : BEH, pour en savoir plus , mise en ligne Maurice Chevrier, le 20 mars 2010 (Visuel European Kidney Health Alliance (EKHA)

Vignette Hartmann (matériel médical)
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Cette actualité a été publiée le 20/03/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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