DOSSIER MÉDICAL PERSONNEL : Roselyne Bachelot s’engage sur un lancement fin 2010
Actualité publiée le 02-10-2010
Ministère de la santé
Roselyne Bachelot, récemment en déplacement professionnel à l’ARS de Bordeaux, a évoqué l’avenir du dossier médical personnel (DMP). « Je m’étais engagée à lancer le DMP en 2010, et cet engagement sera tenu », a-telle affirmé, rappelant qu’en juin 2008, elle avait relancé ce projet qu’on croyait en panne, l’Ordre des pharmaciens développant avec succès le dossier pharmaceutique. Le DMP : support de nouvelles pratiques attendues des professionnels et de garantie pour les patients du droit permanent d’accès à leurs donnes médicales. « C’est un grand projet de santé publique, j’y suis profondément attachée », dit la Ministre de la Santé.
Le DMP est un organe de liaison entre professionnels de la santé. Il devrait favoriser « des parcours de soins moins cloisonnés et mieux coordonnés », pour mieux répondre aux besoins. La loi HPST a d’ailleurs été conçue en ce sens, « étape importante dans l’évolution des pratiques, en replaçant au cœur du système de santé la relation entre le patient et les professionnels de santé ».
Pour être pleinement efficace, la médecine nécessite plus d’échanges et de partage d’informations. Sa technicité croissante impose une coopération interprofessionnelle accrue, favorisant l’amélioration de la qualité des soins, comme l’a prouvé, par exemple, la généralisation des réunions de concertation pluridisciplinaires dans la prise en charge des cancers. Ces pratiques répondent aussi aux aspirations des médecins, « de moins en moins désireux de s’installer dans un statut libéral solitaire ».
Pour cette évolution, notre système de santé ne peut que bénéficier de l’apport des nouvelles technologies d’information, en contribuant à améliorer le « service rendu aux usagers », et l’accès sans retard à des soins de qualité partout en France, si médecins traitants et médecins spécialistes peuvent communiquer en temps réel sur le même dossier.
C’est une des clés stratégiques du projet : la création des conditions nécessaires à l’interopérabilité des outils et à la sécurité des données ». Sur ce point, la ministre salue le travail de l’ASIP Santé, Agence des systèmes d’information partagés de santé, aujourd’hui en collaboration avec les ARS.
« Les conditions techniques nécessaires au DMP sont également réunies : l’ASIP Santé s’est attachée à réunir les conditions du succès à travers notamment la publication d’un premier cadre d’interopérabilité pour l’ensemble des systèmes d’information de santé, au terme d’une concertation avec l’ensemble des industriels concernés ; la définition d’un identifiant national de santé, d’ores et déjà utilisé dans plusieurs projets ; la mise en œuvre des dispositions relatives à l’agrément des hébergeurs. Plus d’une quinzaine de candidatures ont été instruites et j’ai d’ores et déjà agréé 8 sociétés. C’est une mesure essentielle pour garantir aux citoyens que leurs données de santé sont conservées en toute sécurité ».
On est d’accord : la circulation sur l’Internet de données de santé, même entre professionnels autorisés, via des hébergeurs assermentés, ne doit pas nuire aux patients : « Chaque citoyen doit être certain qu’il a connaissance de tous les accès à son dossier médical et doit pouvoir en fermer l’accès s’il le souhaite. C’est son droit, et c’est l’une des garanties du succès du DMP ». C’est pourquoi il disposera d’un accès direct à son DMP via l’Internet, qui sera mis en place à partir de 2011.
En décembre, le DMP sera lancé sur l’ensemble du territoire, augure Mme Bachelot, et cela se poursuivra durant 2011. Ce document accueillera diverses données de santé : médicaments délivrés grâce à l’interconnexion avec le dossier pharmaceutique (DP), comptes-rendus de radiologie, des examens de biologie médicale, des hospitalisations, actes-clés réalisés en ambulatoire. Une correspondance sécurisée entre patient et professionnels de santé qu’il aura autorisés sera également expérimentée. Chaque patient pourra ainsi accéder de droit à son propre dossier médical et chaque professionnel de santé pourra créer un DMP pour ses patients, l’alimenter et le consulter.
Seront également expérimentés un DMP enfant, le suivi des malades diabétiques, la prise en charge coordonnée des cancers, le recueil de la volonté du patient pour le don d’organes, etc. 6 ou encore la prescription électronique. « Cette liste des services qui seront associés au DMP n’est pas exhaustive et devra au contraire être enrichie, et des priorités devront être établies avec le concours des professionnels de santé et des patients » a conclu Roselyne Bachelot.
Enfin, le DMP permettra de développer de nouveaux services, tels pour les patients des rappels automatiques de vaccins, de dépistage, d’examen ou de prévention de complications et des réincitations à l’autosurveillance (glycémie pour les diabétiques), et pour les professionnels de santé la possibilité pour un hôpital de les prévenir en cas d’entrée ou de sortie de l’hôpital de leur patient.
Source : Ministère de la Santé, mise en ligne : Claire Tancrède, Santé log, le 1er octobre 2010
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Cette actualité a été publiée le 02/10/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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