DROGUES : 70% des usagers ignorent les facteurs de risque d’OVERDOSE
Actualité publiée le 28-02-2010
Prévention
Objectif, participer activement à la réduction du nombre d’overdoses mortelles liées aux opiacés licites ou illicites, dont on peut craindre une augmentation liée au retour confirmé de l’héroïne. Un collectif d’associations sensibilisées aux risques d’overdose que prennent les usagers de drogues, décide en fin d’année 2008 de concevoir un document d’information sur ses facteurs de risque et la façon les prévenir. Une enquête réalisée par le collectif auprès d’usagers de 3 départements démontre en effet que 70% disent n’avoir jamais reçu d’information concrète sur les facteurs de risque d’overdose, de la part de professionnels, de la santé, de la justice ou du social.
L’initiative d’une plaquette partagée entre Associations et scientifiques : En janvier 2009, un comité scientifique s’emploie à la rédaction du contenu, dont le Pr Christophe Lançon, psychiatre à Marseille, Elisabeth Kennedy, pharmacien d’officine à St-Germain-en-Laye, Pascaline Debrabant, infirmière à St-Valéry-sur-Somme, Etienne Matter, représentant les usagers, le Dr Bruno Vanrenterghem, médecin urgentiste à Dunkerque et le Dr Michel Kfoury, urgentiste à Abbeville. Grâce au concours des Laboratoires Bouchara-Recordati, une plaquette d’information est mise à disposition des usagers de drogues dans tous les lieux qu’ils fréquentent (CSST/CSAPA, services hospitaliers, pharmacies d’officine, CAARUD et associations d’usagers…) déclinée en trois parties :
-Connaitre les facteurs de risque ;
-Reconnaitre les signes d’overdose ;
-Savoir réagir en cas d’overdose ;
Début 2010, c’est près de 100.000 plaquettes diffusées en France auprès des intervenants en toxicomanie.
Diffusée dans la Meuse par les forces de police : Une opération originale a été menée dans le département de la Meuse (55) à la fin du mois de mai 2009. Ce département se situe à la 10è place en nombre de patients recevant un traitement de substitution opiacée par buprénorphine haut dosage (Subutex® et ses génériques), un des indicateurs de la prévalence de la dépendance aux opiacés. Dans ce département, les plaquettes de prévention ont été diffusées auprès des intervenants du champ sanitaire (médecins et pharmaciens impliqués dans le suivi de patients toxicomanes, centres de soins spécialisés) et pourront très prochainement être également diffusées par les services de police et de gendarmerie à l'occasion des enquêtes et auditions impliquant des toxicomanes ainsi qu'aux populations à risque dans les établissements scolaires et de formation professionnelle.
L’évaluation
Une évaluation comparative, avant et après la diffusion de la plaquette d’information (sur 3 départements) :
En avril 2009 avant diffusion des plaquettes de prévention, résultats sur 255 usagers : La majorité d’entre eux (62,5%) consomme des opiacés depuis trois ans ou moins (plus de huit ans pour près de 14%). Plus des trois-quarts (76,9%) se déclarent dépendants et 11,5% affirment avoir déjà fait une overdose (3,2% croient en avoir déjà fait une). Mais, 40 % des usagers ont une connaissance des facteurs de risque d’OD inférieure à 5 (voir tableau ci-contre) et seul un petit tiers des usagers interrogés (30,4%) déclare connaître les signes d’OD. Enfin, une proportion presque équivalente (28,1%) ne sait pas comment réagir si quelqu’un fait une OD.
Une seconde vague d’enquête est prévue en avril 2010, après distribution de la plaquette.
Première étude en France à explorer la connaissance des usagers vis-à-vis des overdoses, ces premiers résultats incitent à préconiser une mise à disposition massive de cet outil de prévention dans tous les lieux de passage des usagers de drogue et par tous les intervenants : « Il est nécessaire que les professionnels prennent conscience de leur rôle dans la prévention et l’information des usagers avec un langage clair et adapté. La description des facteurs de risque et des signes d’overdose nous parait de nature à contribuer à leur prévention, conclut le Collectif.
Source : Pierre Chappard, Asud, adaptation Maurice Chevrier, Santé log, le 27 février 2010
* Nova Dona (CSAPA et CAARUD à Paris) et son directeur Mustapha Benslimane, l’ARUDA (Association pour la Réinsertion des Usagers de Drogues du secteur d’Abbeville dans la Somme) et sa présidente le Dr Maroussia Wilquin et ASUD Nîmes (CAARUD et Association d’usagers) et son directeur Jef Favatier.
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Cette actualité a été publiée le 28/02/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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