DYSFONCTION ERECTILE, MARQUEUR DE RISQUE CARDIOVASCULAIRE
Actualité publiée le 26-10-2008
Il faut inclure la DE dans le dépistage du risque cardiovasculaire,
affirme un expert en urologie dans une lettre publiée on line le 21 octobre par le British Medical Journal (1). Geoffrey Hackett, consultant en urologie au Good Hope Hospital à Birmingham (Royaume-Uni) se dit « troublé une fois de plus de voir un article sur le risque cardiovasculaire qui ignore totalement l’énorme masse d’évidence liant la dysfonction érectile au risque cardiovasculaire ». DE : dysfonction érectile…
Or l’article fautif auquel le Dr Hackett fait référence a justement été publié par ce même British Medical Journal au début de l’année ! Il faisait allusion aux différents éléments de risque permettant d’évaluer le risque cardiovasculaire d’un patient.
Pour le Dr Hackett, il existe aujourd’hui suffisamment de preuves indiquant que la DE peut avoir valeur de signal d’alarme deux à trois ans avant la survenue d’un infarctus du myocarde et constitue un marqueur de risque coronarien d’une valeur prédictivité au moins comparable au tabagisme modéré ou à l’hérédité cardiovasculaire… De plus, la DE chez le diabétique de type 2 est un meilleur prédicteur de risque coronarien que le taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c), l’HTA, la micro-albuminurie ou l’hyperlipidémie ! Enfin, souligne l’urologue britannique, plus de la moitié des hommes diabétiques de type 2 sont hypogonadiques (déficitaire en testostérone), ce qui expose à une augmentation de 60 % du risque de décès cardiaque prématuré.
« En dépit de cette preuve, nous ne recherchons même pas la dysfonction érectile ou une testostérone basse en cas de diabète de type 2 ou chez des patients ayant une maladie cardiaque d’origine coronarienne », déplore le Dr Hackett. « Nous prescrivons des médicaments pour la maladie coronarienne qui aggravent la dysfonction érectile, bien qu’il existe des médicaments aussi efficaces qui peuvent l’améliorer ». Pour lui, on considère encore la DE comme une activité récréative (sic) ou un simple élément de style de vie !
Il y a une réponse à cette lettre, celle de Judy O’Sullivan, une infirmière travaillant à la Fondation britannique du cœur : « Les hommes avec dysfonction érectile devraient parler à leur médecin du dépistage de leur risque de maladie cardiovasculaire et s’occuper de leurs facteurs de risque tels le cholestérol où l’hypertension ».
Elle estime « triste » que tant d’hommes ayant une DE préfèrent l’ignorer au lieu de demander de l’aide. Mentionner leur DE « pourrait les aider à des examens et des traitements qui réduiraient leurs risques d’avoir un infarctus ou une attaque cérébrale… Cela pourrait également améliorer leur qualité de vie », conclut l’infirmière britannique.
Auteur : Maurice Chevrier, infirmier
Mis en ligne le 26 octobre 2008
Consulter « les 150 premiers mots de l’article » en anglais :
http://www.bmj.com/cgi/content/short/337/oct21_2/a2166
(1) BMJ 2008; 337: a2166
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Cette actualité a été publiée le 26/10/2008 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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