En AFRIQUE, le DIABETE est «laissé pour compte»
Actualité publiée le 27-07-2009
Fédération internationale du diabète (IDF)
Le diabète a été comme d’autres maladies chroniques, négligé en Afrique. Le lancement par la Fédération internationale du diabète (IDF) d’un plan de dépistage, de traitement et de suivi du diabète dans les pays africains a pu surprendre ceux qui tiennent encore le diabète pour une «maladie de civilisation», ce qui est à la fois réducteur concernant les pays développés (civilisés) et vexatoire pour les pays africains… qui n’auraient pas encore accédé à ce qu’apporte la civilisation ! Il est évident que cette dichotomie n’a plus cours, car si la civilisation était un facteur de risque du diabète, elle aurait su depuis longtemps s’auto-corriger…
Ce plan d’action de l’IDF vise, selon ses propres termes, à faire face à la menace croissante que représente le diabète dans cette région du monde, menace qu’on a eu tendance à oublier, les autres sujets de préoccupation sanitaire n’y manquant pas et ayant pu occulter le fait qu’en Afrique aussi (comme d’autres régions du monde), le diabète peut être une préoccupation de santé publique.
Le diabète « négligé » : En effet, comme le constate le Dr Alieu Gaye, président d’IDF-Afrique : « Dans une région tiraillée entre des infections mortelles courantes, les gens ont négligé et sous-estimé la prévalence croissante d'autres maladies chroniques comme le diabète, aujourd'hui considéré par bon nombre comme le tueur silencieux. L'Afrique est aujourd'hui au bord d'une épidémie de diabète et nous devons agir rapidement pour faire face à cette maladie dévastatrice… ».
Un danger pour l’économie africaine: L’évolution d’une maladie diabétique dépistée trop tard au stade des complications et ces complications elles-mêmes mettent en danger l’économie des pays africains, au même titre que les maladies infectieuses et parasitaires, du fait qu’elles touchent des franges de la population qui participent à l’économie d’un pays.
Comme le rappelle l’IDF, Au début du 20e siècle, les diabètes de type 1 et 2 étaient rares en Afrique, mais avec l'urbanisation rapide et l'évolution du mode de vie social, l’incidence de la maladie et de ses complications ont fortement augmenté. On estime que d’ici 2025, la prévalence du diabète sur ce continent atteindra un nombre possible de 18,7 millions de sujets atteints, contre 10,4 millions en 2007. Une résolution de 2006 de l’ONU (dont l’OMS fait partie) a reconnu l’importance d’améliorer la prévention, le traitement et la prise en charge du diabète, avec l'objectif d'éveiller l'intérêt de la communauté et des hommes politiques pour améliorer les traitements régionaux.
Le lancement d'un forfait de soins minimal figure parmi les projets inscrits au plan de l’IDF, pour un accès plus facile à la prise en charge et aux soins primaires, à des équipements peu coûteux à entretenir, pour la diffusion des directives de soins et du matériel d'information ainsi que l'accès à des médicaments du diabète et de l’HTA…
Il faudra aussi, souligne l’IDF, « rallier les pouvoirs politiques à la lutte contre cette épidémie grandissante ». Comment ? Par des mesures expliquant « la meilleure façon de faire pression sur les gouvernements et hommes politiques locaux, de la rédaction de lettres à la formation de groupes d'action nationaux », avec l’objectif de faire « inscrire le diabète en haut de l'agenda politique local et d'encourager une stratégie uniforme la plus efficace possible ».
Le plan envisage aussi l'éducation et l'information des populations sur la prévention, le traitement et les soins primaires et secondaires du diabète, visant les communautés, les écoles et les lieux de travail pour toucher le maximum de sujets à risque. C’est ce qui manque le plus en Afrique (après la pénurie d’infrastructures rurales) : une vulgarisation de l’information sur la santé (prévention, éducation thérapeutique) à destination de toutes les catégories socio-économiques de la population…
Une tâche de plus pour les humanitaires ! Et pour les Occidentaux ?
Auteur : Jean-Marie Manus, Conseiller pour la Santé publique, Santé log, mis en ligne le 28 juillet
Source : IDF (www.idf.org). (Vignette, Carte) L’IDF représente plus de 200 associations de lutte contre le diabète, dans plus de 160 pays. Elle organise chaque année la Journée mondiale du diabète.
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Cette actualité a été publiée le 27/07/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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