ET MAINTENANT, LE STENT BIODÉGRADABLE
Actualité publiée le 24-03-2009
Innovation - étude
Depuis 40 ans, les interventions sur les artères coronaires obstruées n’ont cessé de se perfectionner pour obtenir le meilleur résultat : la récupération d’une lumière artérielle compatible avec une oxygénation optimale du myocarde, donc une amélioration de la capacité d’effort du patient, optimisée par la rééducation. C’est ainsi que du pontage aorto-coronarien on a progressé vers l’angioplastie (dilatation au ballonnet), et de l’angioplastie simple on a progressé vers l’angioplastie suivie de la mise en place d’un stent dans la portion d’artère dilatée pour la maintenir ouverte.
Le problème apparu dès la pose des premiers stents dits « en métal nu » (bare-metal stents) fut la resténose intrastent, due à une réaction de l’artère, lésée par le gonflement du ballonnet. Ce constat fit évoluer la technique vers des matériaux jugés moins vulnérants pour l’endothélium artériel et vers des stents recouverts (enduits) d’un produit destiné à empêcher la prolifération réactionnelle de la paroi interne (intima) de l’artère dilatée. Ainsi furent inventés les stents dits à élution, c’est à dire libérant en continu une substance antiproliférative. La fréquence des resténoses fut effective.
Il restait cependant un obstacle : le corps étranger que constitue ce tuteur cylindrique au contact de l’intima, susceptible de continuer à l’irriter, de même susceptible de favoriser une thrombose intrastent du fait du contact des éléments de la coagulation avec un corps étranger. Etait-il possible de conserver l’acquis de l’angioplastie en favorisant l’ablation du stent ? 
Idée inconcevable (du vivant du patient) sauf à inventer le stent biodégradable (Une étude d’un tout nouveau stent à disparition programmée vient d’être publiée dans le Lancet : l’étude ABSORB (de l’anglais bioabsorbable), conduite par le Pr Patrick Serruys (Université Erasmus, Rotterdam), l’un des plus éminents cardiologues européens et mondiaux. Une étude internationale (Pays-Bas, Belgique, Nouvelle-Zélande, Danemark, Pologne), qui a suivi l’évolution chez 30 patients d’un stent à élution pendant 2 ans. L’étude indique que ce stent innovant peut prévenir la resténose sans exposer le patient au risque de thrombose intrastent. Et pour cause…
Deux ans après la mise en place, le stent a quasiment disparu, le segment artériel dilaté est lisse et assurer le passage du flux sanguin, l’artère a retrouvé sa capacité vasomotrice (vérifiée pharmacologiquement). Mais, prudents, les conclusions disent : l’élargissement à distance de la lumière grâce à la réduction de la plaque (athérome) sans remodelage du vaisseau nécessite une confirmation. Autrement dit, même si les clichés (échocardiographie, tomographie) figurant dans l’article du Lancet sont impressionnantes, les patients vont être suivis encore attentivement.
Pour le porte-parole de la Société européenne de cardiologie, c’est une découverte prometteuse. Le stent qui relargue de l’évérolimus (anti-prolifératif, Novartis) a été conçu par Abbott Vascular. L’évérolimus est relargué pour empêcher une prolifération intimale après la dilatation, puis progressivement le stent se dégrade une fois que l’irritation de la paroi artérielle s’est calmée et il n’y a plus de corps étranger au contact de l’endothélium. CQFD.
Pour la Société européenne de cardiologie, « ceci montre qu’après deux ans, la fonction physiologique de la partie stentée du vaisseau a été presque complètement restaurée et que les patients n’auront aucun symptôme d’angine de poitrine ou une limitation de leur activité physique »… à comparer avec le constat après les stents à élution de première génération, d’une vasoconstriction paradoxale.
Auteur : Jean-Marie Manus, Conseiller pour la santé publique Santé log, mis en ligne le 24 mars 2009
Source : InCirculation ; Lancet 2009 ; 373 :897-910.
Lire aussi : MALADIE CORONARIENNE ET DIABETE : MIEUX VAUT PONTAGE qu’angioplastie
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Cette actualité a été publiée le 24/03/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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