FACE AU H1N1 : LA PREPARATION et 33 millions de traitements stockés en France
Actualité publiée le 28-04-2009
Plan de préparation contre la pandémie
Chaque fois qu’une vague épidémique, voire annoncée comme pandémique, est évoquée, nombre de personnes, dans le public comme dans les médias, se demandent si/comment on va s’y prendre face à la menace ainsi prédite. Car l’information tombe au milieu d’une méconnaissance générale de ce que sont les mesures de santé publique préventives au 21e siècle. L'opinion n'est en grande partie pas préparée à l’idée d’une offensive de maladie infectieuse que l’on croit déjà hors de contrôle, contrôle signifiant ici maîtrise, un mot qui semble dérisoire tant l’information est présentée sous un angle catastrophique. Exemple: la Swine Influenza actuelle…
Or tout est dans ce mot: « Préparation ». Précisément, depuis dix ans maintenant, on sait qu’une grippe aviaire (avian influenza) d’un genre génétique nouveau, comme par le virus A/H5N1 constitue une menace virtuelle pour le monde entier. Depuis ces années, l’OMS a recommandé à ses Etats membres d’envisager une préparation à la pandémie de grippe d’origine aviaire : c’est la pandemic influenza preparedness, qui a fait l’objet d’une publication : Pandemic Influenza Preparedness and Response , que l’on peut télécharger du monde entier sur le site de l’OMS (en anglais uniquement).
En France, le plan de préparation contre la pandémie nous a permis de stocker 33 millions de traitements et 1,7 milliards de masques…
La "pandemic influenza preparedness" publié pour la première fois en 1999, a bénéficié d’une première révision en 2005 et a été actualisé en ce mois d’avril 2009. Comme l’expliquent les responsables (multiples) de cette publication, depuis 2005 il y a eu nombre d’avancées permettant d’améliorer la préparation à la pandémie et d’envisager les réponses adéquates. Exemple : les réserves (stockpiles) d’antiviraux ont été constituées dans plusieurs pays (y compris la France) et des recommandations bien précises ont été conçues de façon à tenter de stopper ou de retarder la progression de la pandémie dès confirmation de son approche. On appelle cela : prévention…
On a tiré parti des enseignements des précédentes pandémies (trois au 20e siècle), de ce qu’on a compris de leurs conditions d’apparition et d’extension, les communications sanitaires entre les pays ont été renforcées, on dispose de plus de moyens de maîtrise, on peut même « modéliser » à l’avance une pandémie et ses différents aspects grâce à des logiciels de calcul informatique.
Ainsi, pour ce qui concerne la grippe aviaire et la possible pandémie à virus A/H5N1, on peut admettre que les mesures prises dans différents pays ont contribué jusqu’à maintenant à freiner l’extension de la menace planétaire, y compris chez l’Homme. Exemple: au 23 avril 2009, l’OMS avait enregistré depuis fin 2003 dans 15 pays 421 cas et 257 décès liés au virus A/H5N1.
Quant aux plans de préparation, ils ont également bénéficié des leçons du passé, y compris aussi de la crise du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère, dû à un Coronavirus variant). On a compris ainsi que faire face à la menace épidémique/pandémique suppose que l’on fasse appel non seulement à toutes les professions de la santé mais aussi à tous les secteurs de la société qui ont une fonction à remplir dans la stratégie de prévention et de contention de son extension.
Il existe aujourd’hui un Règlement sanitaire international, l’IHR (International Health Regulations) qui donne à la communauté mondiale un cadre de travail (framework) lui permettant de prendre charge les menaces internationales sur la santé publique et d’être mieux préparée à la prochaine pandémie. L’IHR a été approuvé en 2005 par l’Assemblée mondiale de la Santé, donnant le rôle de « médecin-chef » à l’OMS en cas de menace pandémique. Ce qui est le cas aujourd’hui.
La « preparedness » permet, selon Pandemic Influenza Preperedness and Response, d’éviter au moins 7 conséquences prévisibles d’une pandémie :
- expansion rapide de la pandémie laissant peu de temps pour déployer les mesures adéquates pouvant la freiner;
- structures de santé s’efforçant de faire face à un afflux excessif de demandes de soins;
- pénurie potentiellement sévère en personnels et en médicaments résultant d’un débordement des infrastructures et des services et de la continuité de tous les secteurs professionnels et gouvernementaux ;
- disponibilité retardée et limitée aux vaccins, aux antiviraux et aux antibiotiques aussi bien qu’aux moyens médicaux courants pour le traitement d’autres maladies ;
- impact négatif sur les activités sociales et économiques, qui pourrait se faire sentir même bien après la fin de la période pandémique ;
- profonde remise en cause (critique) par l’opinion publique et les médias de l’état de préparation national;
- état d’urgence global limitant les capacités d’assistance internationale (coopération sanitaire).
Auteur: Jean-Marie Manus, Conseiller à la santé publique, Santé log, mis en ligne le 27 avril 2009
Les 3 grandes pandémies du 20e siècle
-1918-1919 : grippe espagnole à virus A/H1N1, lieu d’émergence inconnu, Taux de décès : 2-3 %. Cible : jeunes adultes. Mortalité (estimée) : 20 à 50 millions.
-1957-1958 : grippe asiatique à virus A/H2N2, lieu d’’émergence Chine du sud. Taux de décès inférieur à 0,2 %. Cible : enfants. Mortalité : 1-4 millions.
-1968-1969 : grippe de Hong-Kong à virus A/H3N2, lieu d’émergence Chine du sud. Taux de décès inférieur à 0,2 %. Cible : tous âges. Mortalité : 1-4 millions.
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