FRAGILITE PSYCHIQUE : Les Français hésitent à consulter
Actualité publiée le 05-06-2009
Enquête TNS
Aller voir un médecin, un psychiatre reste péjoratif pour la majorité des français, qui lorsqu’ils souffrent de fragilité psychique attendent parfois 5 ans, 10 ans avant de consulter. 51% des Français souffrent ou ont déjà souffert de troubles psychiques, c’est ce que révèle une récente enquête réalisée par TNS Healthcare pour la Fondation Pierre Deniker. Cette étude confirme les résultats des autres études récentes ou programmes de suivi des troubles de santé mentale.
Rappelons que Pierre Deniker, professeur de psychiatrie, a effectué toute sa carrière à l’Hôpital Sainte-Anne et à la Faculté de médecine Cochin. La Fondation Pierre Deniker, créée en 2007, a pour objectif des actions de recherche clinique dans le domaine de la santé mentale pour améliorer la prévention, le diagnostic et la prise en charge des malades. La Fondation est présidée par le Pr. Jean Pierre OLIE de l’Hôpital Sainte-Anne.
L’enquête TNS Healthcare réalisée auprès 482 individus de plus de 18 ans révèle que 13% des Français se sentent aujourd'hui fragiles, et depuis 7 ans en moyenne -certains depuis plusieurs dizaines d'années. Les femmes sont les plus touchées en raison du cumul des rôles, sur une tranche d’’âge de 35-49 ans. 55% des personnes en détresse disent souffrir de problèmes familiaux ou sentimentaux, 71% évoquent des problèmes liés au travail -stress, peur du licenciement, chômage...
Les communications de la 4e journée scientifique « Santé mentale et travail » publiées par le Département santé travail du Ministère de la Santé révélaient déjà les liens entre le travail, les expositions psychosociales et les troubles psychiques. L’exposition conjointe à une forte demande et une faible latitude décisionnelle génèrerait un risque significatif moyen de 1,8 de troubles psychiques. Ces communications établissaient déjà clairement un lien de cause à effet entre des expositions professionnelles psychosociales et une altération de la santé mentale.
L’étude Samotrace : Ce programme développé par l’InVS a pour objectif principal de décrire les troubles de santé mentale selon l’emploi en population salariée. Il comporte trois volets dont le principal est le volet épidémiologique en entreprise (objet de la communication). L’échantillon est globalement représentatif de la population source. Cette étude va dans le même sens :
- Mal-être : La prévalence du mal-être est de 24 % chez les hommes et 37 % chez les femmes, les catégories des employés et des professions intermédiaires étant les plus touchées. Les secteurs de la finance, de l’administration publique, de la production et distribution d’électricité gaz et d’eau sont les plus touchés.
- Alcool : Les problèmes d’alcool sont essentiellement masculins (10,4 % d’hommes versus 2,3 % des femmes).
- La tension au travail concerne 35 % des hommes et 41 % des femmes.
Le programme de surveillance des maladies à caractère professionnel (MCP) : Ce programme repose sur un réseau de médecins du travail volontaires animé dans chaque région par la Direction régionale du travail et de la formation professionnelle (DRTEFP) et l’InVS. Ce programme révèle également une souffrance psychique chez 1,6% des salariés et plus particulièrement les femmes (2,3%).
Le modèle Karazek , lui, nous apporte une estimation des taux de la population active française touchés par le « job strain », pour 3 grandes pathologies, la santé mentale comme la dépression ou l’anxiété, les maladies cardio-vasculaires (MCV) et les troubles musculo-squelettiques (TMS). Là encore, la prévalence d’exposition au job strain est estimée à 19,6 % pour les hommes et 28,2 % pour les femmes. 31,1 % des cas de problèmes de santé mentale sont attribuables au job strain et entre 10,6 et 23,7 % pour les femmes.
L’élément nouveau de la récente étude TNS Healthcare est très certainement cette difficulté qu’ont les Français à aller consulter et cette tendance à prendre sur soi durant de nombreuses années.
"Ca reste péjoratif d'aller voir un psychiatre", note le Pr Olié. Les traitements interviennent souvent avec 5 à 10 ans de retard.
Mis en ligne par Maurice Chevrier, Santé log, le 5 juin 2009
Lire aussi :
SANTE AU TRAVAIL ET RISQUES DE CANCER : L'étude SUMER
TROUBLES MUSCULO-SQUELETTIQUES : Semaine de prévention «Les entreprises se mobilisent !»
En savoir plus sur la Santé au travail avec l’INRS (Vignette) : http://www.inrs.fr/inrs-pub/inrs01.nsf/IntranetObject-accesParReference/Dossier%20Sant%C3%A9%20mentale/$FILE/Visu.html
En savoir plus sur le stress au travail avec l’OMS (Visuel) : http://www.who.int/occupational_health/publications/en/pwh3f.pdf
Accéder au site de la Fondation Pierre Deniker : http://www.fondationpierredeniker.net/
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Cette actualité a été publiée le 05/06/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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