GRIPPE A/H1N1 : 2D CAS DE RESISTANCE AU TAMIFLU®
Actualité publiée le 03-07-2009
Vaccination
Un second cas de résistance du virus A/H1N1 à l'antiviral Tamiflu® vient d'être reconnu, le 2 juillet, par le laboratoire Roche. Le 29 juin, un premier patient contaminé par le virus A/H1N1 avait déjà présenté une résistance à l'antiviral Tamiflu®. L’évaluation de l’efficacité des antiviraux reste encore à évaluer, avait prévenu l’OMS et les virus grippaux peuvent développer une résistance aux antiviraux, disent les experts.
Ce second cas est intervenu au Japon chez une mère dont l'enfant, infecté par le virus de la grippe porcine, avait été traité au Relenza®, du groupe pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK). La mère a été mise sous traitement Tamiflu®, mais a développé une pharmacorésistance au médicament de Roche. Roche a précisé que 0,4% des adultes développent des résistances au Tamiflu®.
Le premier patient danois qui avait manifesté une résistance au Tamiflu® avait commencé à développer cette résistance alors qu'il était déjà sous traitement. « Dans le cas de la grippe saisonnière, le virus peut également résister au Tamiflu® » a précisé David Reddy, chef du groupe Roche de préparation à une pandémie au niveau mondial. Ce type de résistance, dans le cas du virus A/H1N1 n’est pas inattendu et le laboratoire Roche serait en train de travailler sur une stratégie antivirale pour contrer cette résistance.
Antiviraux, première arme active de défense contre le virus : Depuis le début de la pandémie de grippe à virus A/H1N1, les médicaments anti-viraux – l’équivalent des antibiotiques, mais appliqués aux virus – constituent la première arme active de défense. Les antibiotiques antiviraux permettent de guérir de la grippe, ils ne sont disponibles que depuis peu, ils étaient bien sûr inconnus en 1918, et même en 1957 et en 1968, les deux autres pandémies du 20e siècle. Qui sont ces antiviraux anti-grippe ? Seront-ils toujours efficaces ?
L’efficacité des antiviraux reste encore à évaluer : Un sujet qui a contracté la grippe exprime des symptômes spécifiques (pharyngite, toux, rhinite, fièvre, malaise, céphalée, douleurs musculaires et articulaires) et peut guérir spontanément. Les antiviraux peuvent réduire l’expression des symptômes et la durée d’une l’infection grippale (pandémique, saisonnière). Ils peuvent aussi prévenir une maladie plus sévère et le décès. La grippe A/H1N1 est l’occasion pour les cliniciens d’évaluer réellement l’efficacité de ces médicaments, car jusqu’ici peu de personnes ont reçu des antiviraux pour traiter une grippe.
A quels anti-viraux le virus A/H1N1 répond-il ?
Il existe deux classes thérapeutiques adaptées à la grippe : d’une part l’oseltamivir et le zanamivir, susceptibles de neutraliser l’antigène grippal neuraminidase, d’autre part les adamantanes tels amantadine et rimantadine. Les observations faites au Mexique et aux Etats-Unis ont montré que le nouveau virus est sensible aux inhibiteurs de la neuraminidase oseltamivir et zanamivir, mais est résistant aux adamantanes. L’OMS a demandé la mise en place d’une surveillance de la sensibilité du virus aux antiviraux pour prévenir un échec de traitement.
Dans quelle circonstances les anti-viraux doivent-ils être utilisés ?
Cet usage doit se faire selon les modalités inscrites dans le Plan national de préparation à la grippe pandémique. L’autorité publique peut décider selon les pays le traitement des patients avec des antiviraux comme mesure de santé publique. Là où les antiviraux sont disponibles pour des patients, les médecins prennent cette décision sur la base d’une évaluation du risque de ces patients. Pour chaque cas individuel, on évalue le rapport bénéfice/risque du traitement.
Comme le souligne l’OMS, l’évaluation des antiviraux est à évaluer, toujours. La mutation antigénique du virus est un moyen pour le virus de se protéger contre la réaction immunitaire humaine. La question est de savoir si les virus grippaux peuvent développer une résistance aux antiviraux (oseltamivir, zanamivir) comme les bactéries aux antibiotiques. Car, dans ce cas, tôt ou tard, le virus A(HN1N1) pourrait trouver un moyen de contrer les antiviraux actuels et développer sa résistance aux antiviraux.
 Sources : OMS (Vaccin, questions réponses), Center for Infectious Disease Research and Policy (CIDRAP) Visuel : Roche http://www.roche.com/pages/downloads/photosel/070426/html/detail_4.html
Mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 29 juin 2009
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Cette actualité a été publiée le 03/07/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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