GRIPPE A/H1N1 : En France, la Recherche se mobilise
Actualité publiée le 14-05-2009
Biologie
Début mai, un collège d'experts français de la grippe, réuni à l'initiative de l'Inserm, a dressé la liste des recherches prioritaires à lancer, à même de préparer notre pays à la survenue éventuelle d'une pandémie de grippe A (H1N1) à l'automne. L’Inserm publie sur son site les principales conclusions, en particulier sur les priorités scientifiques liées à l’émergence du virus A(H21N1).
Le diagnostic, priorité scientifique majeure : la mise au point de techniques permettant la détection (le diagnostic) de micro-organismes émergents ou potentiels, afin d’assurer une gestion optimale du risque sanitaire est favoroisée, en France, par le plus grand laboratoire européen de haute sécurité, le laboratoire Inserm-Jean-Mérieux de Lyon. Prêt à héberger certaines des recherches virologiques et immunologiques qui pourraient être décidées sur le virus A (H1N1), il dispose d’une grande expérience en la matière. Actuellement, deux projets concernant le virus hautement pathogène H5N1 y sont actuellement menés, en collaboration avec le Centre national de Référence de la Grippe de Lyon et le Commissariat à l'Energie atomique (CEA).
Le suivi de l’évolution d’une épidémie, sa modélisation : Le réseau Sentinelles, coordonné par l’unité 707 de l'Inserm, en collaboration avec l'Institut de Veille sanitaire, rassemble près de 1 300 médecins généralistes. En collectant et transmettant des données d’observation de maladies transmissibles fréquentes et de certains événements médicaux, la médecine de ville participe à la surveillance épidémiologique du territoire. Cette veille sanitaire permet d’élaborer des bulletins d’information hebdomadaires donnant aux médecins généralistes un état des lieux de l'activité nationale et régionale des maladies surveillées ainsi qu’une simulation de la propagation géographique des épidémies sur 3 semaines. Un modèle prévisionnel simulant la diffusion de la grippe dans un « petit monde » virtuel, reposant sur des paramètres d’observation réels a également été développé par une unité de l’Inserm.
Un test ultrarapide en cours de développement :
Actuellement en cours d’isolement à l’Institut Pasteur, le virus A (H1N1) est composé de 5 segments d’origine porcine américaine et eurasienne, 2 segments d’origine aviaire et 1 segment d’origine humaine. D’après les Center of Disease Control américains, il ne présente aucune signature de virulence particulière. En France, nous pouvons le détecter grâce à un test spécifique, disponible pour l’heure dans les deux Centres nationaux de Référence de la grippe. Un test ultrarapide, dit de pyroséquençage, est en cours de validation. Il pourrait permettre d’orienter le diagnostic en 10 minutes seulement.
La recherche française coordonnée face à la crise sanitaire :
A l’initiative de l’Institut de Microbiologie et des Maladies infectieuses, et avec la participation de l’Institut de Santé publique, tous deux adossés à l’Inserm, un groupe de travail dédié au lancement et au suivi de projets de recherche sur le virus A (H1N1) s’est déjà réuni, dans un objectif de coordination de la recherche.
Les principaux travaux prioritaires :
- Recensement des symptômes de l’infection
- Etude des caractéristiques des souches virales isolées
- Etude de leur éventuelle résistance aux antiviraux
- Evaluation de l’impact sanitaire et social d’une éventuelle pandémie.
- Réalisation de l’inventaire des tests diagnostiques existants
- Développement de nouveaux tests à destination des pays les plus pauvres
- Etude des déterminants du passage des virus d’une espèce à l’autre
- Etude des capacités de recombinaison du virus actuel avec le H1N1 saisonnier
- Etude de la virulence des souches virales isolées
- Evaluation de l’intérêt de l’administration d’anticorps monoclonaux
- Evaluation de la nécessité de prévoir, et en quelle quantité, un vaccin contre le virus A (H1N1)
- Evaluation de la nécessité de vacciner contre les pneumocoques A et C, en raison des risques de surinfection bactérienne.
Le projet ARDIGRIP, un programme de recherche multidisciplinaire, mis en place en 2008, en partenariat avec des équipes des pays du Sud, dans le contexte du risque pandémique lié au virus H5N1 pourra contribuer à la réalisation de ces différents travaux de recherche. Ce programme, soutenu par la plupart des organismes de recherche français, est centré sur l’écologie du virus en milieu tropical, la gestion du risque pandémique et les nouvelles approches thérapeutiques et vaccinales.
Source : communiqué Inserm, mis en ligne par Maurice Chevrier, Santé log, le 14 mai 2009 (vignette Leem-EFPIA, Virus CDC)
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Cette actualité a été publiée le 14/05/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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