GRIPPE A/H1N1 et grossesse : Parer à la vulnérabilité des femmes enceintes
Actualité publiée le 18-08-2009
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Le risque accru d’atteinte sévère ou mortelle chez la femme enceinte infectée par le virus pandémique H1N1 vient d’être confirmé par une étude, réalisée aux Etats-Unis, publiée dans le Lancet du 29 juillet, puis relayée par l’OMS. Le 31 juillet, l'Agence européenne du médicament et son comité des médicaments à usage humain (CMPH) élargissait l'utilisation du Tamiflu au traitement des femmes enceintes pendant l'infection ou après exposition. Vigilance, antiviraux dès les premiers symptômes et vaccination en priorité…recommande clairement l’OMS pour la prise en charge des femmes enceintes.
Plusieurs autres pays, où l’on observe une circulation active du virus avaient signalé un risque accru pour les femmes enceintes, en particulier au second et au troisième trimestres de la grossesse. Ainsi, au Royaume Uni, les autorités sanitaires avait averti que les femmes enceintes peuvent développer plus “facilement” des complications en cas d’infection au virus A/H1N1, dont la pneumonie ce qui présente un double risque, pour la mère et pour l’enfant.
Un risque plus élevé pour les femmes enceintes est confirmé, selon l’étude parue dans The Lancet, par les données ressortant des pandémies précédentes et liées au virus de la grippe saisonnière auquel les femmes enceintes seraient également plus vulnérables. Plus vulnérables également en raison de leur âge, le virus A /H1N1 touchant majoritairement des sujets jeunes.
Ce risque est plus élevé durant les second et troisième trimestres de la grossesse, a exposé le département national de la santé britannique en rappelant le caractère minoritaire de ce type de complications. Cependant, quelques cas de complications sévères chez des femmes enceintes et de très jeunes enfants ont été rapportés, c’est pourquoi les autorités sanitaires britanniques souhaitent aujourd’hui « mettre en garde » tout particulièrement la population plus vulnérable des femmes enceintes.
Le communiqué de l’OMS fait également état d’une augmentation du risque de mort du fœtus et d’avortements spontanés.
Recommandations de l’OMS aux femmes enceintes :
L’OMS conseille une vigilance accrue de la part des femmes enceintes et de leur médecin traitant par une surveillance attentive de l’apparition éventuelle de tout symptôme.
Le traitement antirétroviral à l’oseltamivir doit être pris le plus tôt possible après l’apparition des symptômes. Ce traitement ayant une efficacité maximale dans les 48 heures qui suivent, les médecins doivent le prescrire immédiatement et ne pas attendre les résultats des analyses de laboratoire.
Même si le traitement est le plus efficace dans les 48 heures suivant l’apparition des symptômes, une prescription plus tardive peut aussi être bénéfique. Le traitement à l’oseltamivir a pour effets positifs de faire baisser le risque de pneumonie (l’une des causes de décès les plus fréquemment signalées chez les sujets infectés) et les besoins d’hospitalisations.
Prioritaires pour la vaccination : les femmes enceintes seront dans les groupes prioritaires à vacciner, recommande l’OMS, dès que les vaccins anti-virus A/H1N1 seront disponibles.
Pourtant, rappelons que de son côté, le National Vaccine Information Center (NVIC), interroge ces jours-ci non seulement les gouverneurs des Etats américains, mais également à l’administration Obama sur la nécessité de vacciner les plus jeunes contre le virus A/H1N1 sans être certain de l’absence d’effets indésirables et sans avoir l’assurance que de sérieux dispositifs sont en place pour réparer un éventuel préjudice vaccinal.
D’autres groupes sont exposés à un risque accru de maladie grave ou mortelle, rappelle également l’OMS, comme les personnes souffrant d’un état pathologique sous-jacent, en particulier de pneumopathies chroniques (dont l’asthme), de maladies cardiovasculaires, de diabète ou d’immunosuppression. Selon certaines études préliminaires, l’obésité, en particulier sous sa forme extrême, pourrait aussi constituer un facteur de risque de maladie aggravée.
Source : OMS, Jamiesan DG et al. « H1N1 2009 influenza virus infection during pregnancy in the USA”. Lancet 2009; published online July 29, 2009, mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 17 août 2009
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Cette actualité a été publiée le 18/08/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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