GRIPPE A/H1N1 : INCERTITUDES de l’OMS sur les quantités et la disponibilité du VACCIN
Actualité publiée le 26-07-2009
OMS - Briefing note
Vendredi 24 juillet, l’OMS, dans son dernier communiqué, annonce une forte progression, continue de la diffusion, même au sein des premiers foyers de pandémie. La grossesse, est désormais un facteur de risque reconnu par l’OMS, au même titre que les troubles respiratoires ou cardiovasculaires et si la majorité des cas sont identifiés chez des sujets jeunes, ce sont les plus âgés qui risquent l’hospitalisation voire le décès. Une compréhension progressive du virus, explique l’OMS et une disponibilité du vaccin encore incertaine, en délai et en quantité.
Le Dr.Keiji Fukuda, directeur général adjoint de l’OMS, estime le même jour que, compte tenu de la diffusion géographique quasi-totale du virus sur la planète, 2 milliards de personnes dans le monde pourraient être contaminées dans les deux ans à venir.
Notre compréhension de la maladie progresse toujours, que sa diffusion communautaire progresse grâce au partage de l’information entre les pays membres. De nombreux états constatant une forte diffusion communautaire se concentrent sur la prise en charge des personnes contaminées et sont passées d’un reporting du nombre de cas à une surveillance des grandes tendances de la pandémie. C’est d’ailleurs la recommandation de l’OMS afin de ne pas submerger les systèmes de santé. La priorité reste de savoir cerner qui sont les groupes à risque de complications afin de prendre les meilleures mesures pour protéger les plus vulnérables.
Suivre l’évolution globale : L’OMS, au delà d’une surveillance globale est en liaison quotidienne par téléconférences avec les experts internationaux sur les aspects cliniques (infection, complications…), virologiques (comportement voire évolution du virus) et épidémiologiques (transmission, groupes à risques…) de la pandémie afin de parvenir à une vision globale de l’évolution de la situation.
Une augmentation de l’âge moyen des personnes contaminées : Dans la plupart des états membres, la majorité des cas de grippe A/H1N1 sont identifiés chez des jeunes dont l’âge moyen se situe entre 12 et 17 ans. Cette constatation est basée sur des données provenant du Canada, du Chili, du Japon, du Royaume Uni et des Etats-Unis, mais les dernières données permettent de conclure que les patients hospitalisés ou décédant de la grippe A sont plus âgés. Au fur et à mesure du développement de la diffusion communautaire, l’âge moyen des personnes infectées a tendance à augmenter. Si dans certains pays les premiers foyers se sont déclarés dans des écoles et des universités, les épisodes suivants se sont produits dans des communautés moins jeunes. Certains scenarios de la grippe A/H1N1 peuvent néanmoins encore différer par rapport à la grippe saisonnière dont la mortalité touche majoritairement les personnes âgées de 65 ans et plus. Maintenant, souligne l'OMS, il devient parfois très difficile de cerner les effets respectifs « des 2 grippes », alors que dans bon nombre de pays, les 2 virus circulent simultanément et que la pandémie de grippe A/H1N1 reste encore récente.
Les facteurs de risques confirmés : Bien que les facteurs de risque n’aient pu encore être définis précisément et de manière exhaustive, il est clair pour l’OMS que les troubles cardiovasculaires, respiratoires, le diabète, le cancer sont de sérieux facteurs de risque de complications en cas d’infection au virus A/H1N1. L’asthme, ajoute l’OMS dans son communiqué, ou toute autre forme de maladie respiratoire ont été très fréquemment rapportés comme des facteurs d’aggravation de l’infection.
La grossesse, autre facteur de risque : Un rapport récent conclut à l’impact d’un autre facteur de risque. La grossesse apparaît désormais comme une situation de vulnérabilité face au virus. Des études suggèrent également que certains groupes minoritaires qualifiés par des critères socioéconomiques et culturels pourraient être plus vulnérables mais l’OMS reste prudente sur ce dernier point encore confus sur la contribution de ces différents critères à l’état de vulnérabilité.
Le développement de vaccins candidats se poursuit et les industriels situeraient les rendements de la production du nouveau vaccin à 25 à 50% de celui du vaccin de la grippe saisonnière. L’OMS se déclare capable d’évaluer le volume de la production vaccinale une fois les rendements précis connus.
Les résultats des essais cliniques seront également primordiaux pour avoir un délai précis de la disponibilité des premières doses. Ils permettront également de préciser le nombre de doses nécessaires à la vaccination et le volume de « principe actif » nécessaire pour chaque dose.
Les industriels, selon l’OMS, espèrent les premières doses pour septembre mais tous n’annoncent pas le même planning. L’EMEA, l’agence européenne du médicament annonce de son côté 4 « maquettes » de vaccins à l’étude (Lire (1))
Source : OMS, mise en ligne Yann-Mickaël Dadot, santé log, le 25 juillet 2009 (Visuel Novartis)
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Cette actualité a été publiée le 26/07/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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