GRIPPE A/H1N1 : « UNE DRÔLE DE GUERRE » selon l'Institut de veille sanitaire
Actualité publiée le 29-06-2009
BEH Web
L’InVS publie le 29 juin le premier numéro du Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, le BEH Web, consacré à la grippe A(H1N1). En première ligne en France, l’Institut de veille sanitaire (InVS) alertait, le 23 avril dernier, les autorités françaises sur la découverte aux États-Unis d’un nouveau virus grippal, un jour avant que le Mexique publie, à son tour, un bilan alarmant d’une épidémie liée au même virus. Si l’InVS confirme l’apparition des premiers « clusters » de cas sans lien avec un voyage, un premier cas sévère, une épidémie est « peut-être » en passe de diffusion en France, il confirme le caractère bénin de la plupart des cas.
Depuis maintenant huit semaines, l’InVS est en première ligne dans le dispositif de lutte contre la pandémie mis en place par la France. « Nous venons de vivre huit semaines qui ressemblent à une « drôle de guerre », écrit l’InVS dans ce premier BEH Web. « L’ennemi est annoncé, il a un potentiel pandémique, mais la plupart des cas sont bénins. Les systèmes de santé sont mobilisés très largement et le public s’interroge sur l’intérêt de cette mobilisation. En même temps, la survenue de formes graves et de décès, chez des personnes plutôt jeunes, inquiète à juste titre. La drôle de guerre dure, et l’opinion s’interroge : en fait-on trop, pas assez, au bon moment ? «
La France semble moins touchée que d’autres pays européens dont la population est équivalente. Même si les flux touristiques sont ici différents des autres pays, le système de repérage et de contingentement des cas importés qui s’est mis en place dès les premiers jours aura sans doute contribué à ralentir l’implantation de l’épidémie sur le territoire.
Une seconde phase, « d’atténuation » en préparation : L’InVS prépare maintenant la seconde phase, celle dite d’ « atténuation », dont l’objectif et d’atténuer le pic de l’épidémie, en ralentissant la transmission du virus. Cette phase a notamment pour but d’éviter la surcharge du système de soins et limiter la désorganisation sociale liée à la survenue simultanée d’un trop grand nombre de cas.
Un nouveau mode de surveillance : Ainsi, dès lors que le virus circulera activement, la surveillance ne sera plus individuelle, mais populationnelle. Ce ne sont plus les cas individuels qui seront surveillés, mais la vitesse et l’intensité de l’atteinte de la population, ainsi que sa gravité. Une observation attentive des cas graves et des décès sera nécessaire pour comprendre le plus rapidement possible les facteurs de risque. Ce mode de surveillance est déjà mis en place dans les pays où le virus circule maintenant largement (États-Unis, Royaume Uni)- Lire 2.
Peu de visibilité sur l’avenir : « Aucun épidémiologiste ne dispose aujourd’hui des éléments permettant d’évaluer l’impact précis de cette pandémie sur la population, que ce soit l’impact sanitaire ou l’impact socio-économique, ni le moment où les vagues successives vont survenir », précise l’InVS. Mais la recherche sur la modélisation de l’épidémie, sur l’observation de ses paramètres ou sur les facteurs de risque des cas graves est déjà en cours et viendra alimenter le plan de préparation mis en place en France.
Les cibles plus vulnérables feront l’objet d’une surveillance plus importante : Les territoires d’outre-mer, exposés dès l’hiver austral et les populations les plus vulnérables physiologiquement et socialement.
« Faire face à la pandémie dans les meilleures conditions, mais sans jamais sacrifier d’autres programmes ou actions dont l’impact est important pour la santé publique » conclut l’InVS dans ce premier BEH Web.
Source InVS, communiqué, mis en ligne par Maurice Chevrier, Santé log, le 29 juin 2009
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Cette actualité a été publiée le 29/06/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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