GRIPPE A/H1N1 : L'OMS alerte sur le risque dans les zones peuplées d'Afrique
Actualité publiée le 14-08-2009
Grippe A et pays en développement
Selon le dernier rapport de l'OMS, 177.457 cas de grippe A/H1N1 ont été déclarés et identifiés dans le monde, ce qui reste une sous-estimation de la réalité : Le Centre européen de contrôle et de prévention des maladies (ECDC) en rapporte plus de 200.000. Ainsi, si l'OMS annonce 229 cas dans la zone "AFRO", l’ECDC déclare déjà près de 800 cas dans la zone africaine. 2 premiers décès viennent d’être identifiés en Afrique sub-saharienne. Un premier cas au Congo. L’OMS alerte sur la diffusion du virus dans les zones très peuplées d’Afrique, comme c’est déjà le cas en Afrique du sud. Ban Ki Moon secrétaire général de l’ONU a estimé à 1 milliard de dollars les fonds nécessaires aux pays en développement pour lutter contre la pandémie.
Augmentation de la circulation du virus en Afrique: L'Afrique jusque là plutôt "épargnée" par la pandémie voit la circulation du virus s'accélérer, en particulier en Afrique du Sud où l'on compte plus de 700 cas déclarés et identifiés. Les premiers décès dus à la grippe A (H1N1) en Inde et en Afrique sub-saharienne ont été annoncés le 3 août. Un second décès aurait été identifié en Afrique du sud le 8 août. Le ministre gabonais de la Santé a annoncé le 4 août la détection du premier cas de grippe A/H1N1 au Gabon. L'Afrique du sud connaît un début de saison de la grippe saisonnière avec un sous-type, la grippe A (H3N2). La saison de la grippe en Afrique du Sud a atteint son pic à la mi-juin, puis le nombre de nouveaux cas a diminué. Enfin l’arrivée en Afrique du sud du virus A/H1N1 est devenu également, comme dans les autres pays du sud, le principal virus de la grippe.
La conférence régionale (africaine) sur la pandémie de la grippe A (H1N1) se tiendra du 11 au 13 août à Johannesburg. Plusieurs participants et experts de la Région africaine de l’OMS sont attendus à cette conférence. Son objectif, réunir le financement de ...3,5 millions de dollars américains nécessaire pour mettre en place le Plan de préparation et de riposte face à la menace de pandémie de la grippe A (H1N1), recommandé par la Conférence extraordinaire des Ministres de la santé de la CEEAC qui s’est tenue le 11 mai 2009 à Kinshasa.
Pandémie et systèmes de santé : La pandémie frappera plus durement pays en développement et populations vulnérables. La pandémie révèlera les conséquences d’un défaut d’investissement dans les systèmes de santé depuis des décennies, en particulier sur l’accès au diagnostic et sur les systèmes de surveillance. Ces systèmes de santé sont déjà surchargés, manquent de personnel, sont sous-financés. « Que va-t-il se passer si une vague pandémique s’abat sur ces pays dotés de systèmes de santé déjà fragilisés ? » avait interrogé Margaret Chan.
Maladies chroniques et vulnérabilité : La plupart des cas d’infections sévères ou fatales par H1N1 surviennent chez des sujets qui ont une maladie intercurrente chronique. Ces dernières années, le poids des maladies chroniques a augmenté de façon spectaculaire, passant des pays riches aux plus pauvres. De nos jours, 85 % du poids des maladies chroniques est concentré dans les pays à revenu bas ou intermédiaire. Oui, les pays en développement constituent le plus large réservoir de sujets à risque très élevé d’infections sévères ou fatales par A/H1N1. « Un grand nombre de cas graves sont survenus chez des personnes présentant des affections chroniques préexistantes, mais pas uniquement. Compte tenu des données préliminaires limitées dont on dispose, les problèmes de santé le plus souvent observés sont les maladies respiratoires, notamment l’asthme, les maladies cardio-vasculaires, le diabète, les maladies auto-immunes et l’obésité. » .
A/H1N1 et VIH : La pandémie A/H1N1 est la première à apparaître depuis l’émergence du VIH/sida et la résurgence de la tuberculose avec ses formes antibiorésistantes. Dans le mode d’aujourd’hui, la vie de millions de gens dépend d’un accès régulier aux systèmes de soin et aux médicaments. Les estimations des CDC avancent que plus de 50 millions de personnes pourraient être infectées par le nouveau virus. Les cibles les plus vulnérables déjà touchées par d'autres maladies ou ayant peu d'accès aux soins sont concentrées dans les pays en développement.
Accès aux antiviraux et au vaccin : L'OMS a offert, mi-juillet, un lot de 100.000 doses de Tamiflu® à la République Démocratique du Congo, base du siège de l’OMS pour l’Afrique. L’OMS qui organise avec l’aide d’organisations comme GAVI (Global Alliance for vaccines and immunisation) l’achat de vaccins pour les pays en développement, évalue à 5 milliards la capacité maximale de production de vaccins sur 1 année. Margaret Chan a rappelé que les capacités de production du vaccin contre la grippe étaient insuffisantes pour les 6,8 milliards habitants de la planète, qui courent pratiquement tous le risque d'être infectés par le virus A(H1N1). L'essentiel des stocks de vaccins produits iront aux pays riches, a-t-elle rappelé lors d'une conférence de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) à Genève. Seuls 3 fabricants de vaccins ont confirmé leur intention de céder 10% de leur production à l'OMS au bénéfice des pays en développement.
«Les pays, notamment dans le monde en voie de développement, où les populations sont plus vulnérables, doivent se préparer à voir davantage de cas graves que ceux constatés actuellement et qui ont été diagnostiqués dans les meilleures conditions possibles »
Mise en ligne Jean-Marie Manus, Conseiller pour la santé publique, Santé log, le 14 août 2009 (visuel OMS)
Sources: OMS, ECDC, ONU
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Cette actualité a été publiée le 14/08/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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