Deux nouveaux décès déclarés en Nouvelle Calédonie portent à 5 le nombre de décès constatés depuis le début de l’épidémie. 3 décès en Polynésie Française et 5 en Nouvelle Calédonie, plus de 60.000 cas identifiés, l’Outre-mer connaît actuellement une flambée de grippe A/H1N1. Proximité avec d’autres états continentaux fortement touchés, insularité renforçant la transmission communautaire, tourisme augmentant le risque de cas importés et saisonnalité grippale, autant de facteurs qui favorisent la diffusion puis la circulation du virus. Bilan au 23 août.
La Nouvelle Calédonie recense également 5 décès, et 20.000 cas suspects, selon les autorités sanitaires. Ces dernières 48 heures, ce sont 2 nouveaux décès constatés en Nouvelle Calédonie. Un homme de 30 ans hospitalisé depuis le 14 août et une femme de 46 ans sont décédés des suites d'une pneumopathie provoquée par la grippe A/H1N1, a précisé la Direction des affaires sanitaires et sociales (DASS) de Nouvelle-Calédonie. Aucun autre facteur de risque connu n’était identifié chez ces 2 patients. Là-bas c’est la période de grippe saisonnière, la circulation du virus propagation devrait donc se poursuivre jusqu'à fin septembre. La proximité avec l’Australie fortement touchée, le tourisme qui renforce le nombre de cas importés et l’insularité qui accroît la transmission communautaire peuvent expliquer la flambée du nombre de cas. Les autorités sanitaires déclarent avoir en stock 45.000 boîtes de Tamiflu® et 1,6 millions de masques pour les professionnels de santé. Des Centres de traitement de la grippe ont été mis en place, les patients sont renvoyés à domicile et mis sous Tamiflu®. Les écoles et les garderies doivent rester ouvertes au maximum et renvoyer à leur domicile les enfants malades.
La Polynésie française, situé dans le sud de l'Océan Pacifique à environ 6 000 km à l’est de l’Australie comprend les 5 archipels français des îles Sous-le-Vent, des Tuamotu, des Gambier, des Australes et des Marquises. Selon le Ministère de la santé polynésien confirme que la Polynésie française est bien entrée dans une phase de transmission communautaire du virus et confirme 3 décès, dont celui d’un nourrisson et une jeune femme décédée le 5 août. Ce décès est bien confirmé par l’InVS comme lié à une infection au virus A/H1N1.
Le ministère de la santé estime la diffusion du virus à plus de 10.000 cas identifiés.
Une soixantaine de classes ou établissements sur l'ensemble du territoire de la Polynésie française sont ou ont été fermés mais le Ministère de la santé polynésien déclare ne pas souhaiter fermer systématiquement les classes à partir de 3 cas confirmés en raison du risque de contamination communautaire alors renforcé à l’extérieur de l’école.
Devant la multiplication de cas de grippe, la Polynésie française maintient son alerte. Rappelons que selon le Ministère, la modélisation permet d’estimer un taux d’attaque de la grippe A/H1N1 à 30% sur la durée totale de l’épidémie, soit 80.000 personnes atteintes en Polynésie française. Les formes graves concerneraient alors, 5% des cas confirmés, soit 4.000 personnes avec un taux de mortalité estimé à ce jour est de 5/00.
Concernant la vaccination, la Polynésie française a demandé au ministère de la santé de lui réserver les 300 000 doses vaccinales nécessaires afin d’assurer la couverture des 2/3 de sa population.
Sur l’Ile de la Réunion (hémisphère sud) l’activité grippale est en forte augmentation cette semaine avec un taux de consultations supérieur au maximum observé pour les 5 dernières années.
Le virus pandémique représente près de 90% des infections grippales identifiées au détriment des virus saisonniers. Les derniers chiffres livrés par le bulletin épidémiologique du 21 août, annoncent 7.800 personnes touchées par le virus A/H1N1 dans l’île mais les medias « du jour » estiment à 30.000 personnes le nombre réel de cas.
Les Réunionnais doivent désormais faire face au retour du chikungunya qui présente des symptômes communs avec la grippe A, douleurs articulaires et température élevée. Un défi supplémentaire pour les réseaux de surveillance et de soins réunionnais qui font face à plus de cas ces prochaines semaines car le pic épidémique n’est pas atteint, selon les autorités.
La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a déclaré que la situation en Outre-mer, pourrait préfigurer celle de la métropole à l'automne et le ministère de la santé a décidé d'envoyer des renforts.