GRIPPE : L’UTILISATION GENERALISEE DES ANTIVIRAUX n’est pas recommandée
Actualité publiée le 09-08-2009
Prophylaxie et traitement
La menace d’une pandémie grippale a conduit de nombreux pays à constituer des stocks d’antiviraux et tout particulièrement d’oseltamivir (Tamiflu®) qui pourraient être utilisés en prévention comme en traitement de l’infection. L’édition en ligne du 8 août de The Lancet publie une analyse des données disponibles qui conclut que les stratégies de vaccination, ou de dépistage rapide, sont plus efficaces et sûres, et plus économiques, en particulier dans les pays en développement, que l'utilisation généralisée des antiviraux.
Plusieurs études ont étudié l’impact de l’utilisation à large échelle des antiviraux pour contrôler une pandémie naissante, ralentir sa diffusion dans un pays ou limiter la circulation du virus. Ils concluent que la combinaison de l’utilisation des antiviraux en prophylaxie, c’est-à –dire en prévention, dans l’entourage des premiers cas, combinée à des mesures de confinement, pourraient permettre de contrôler les premiers foyers de transmission d’un virus à potentiel pandémique. De même, l’utilisation des antiviraux en traitement devrait diminuer substantiellement la diffusion du virus, dans l’hypothèse où le traitement antiviral réduirait la durée de la phase infectieuse.
Mais une nouvelle « méta-analyse » effectuée par le National Institute for Health and Clinical Excellence (Nice) au Royaume-Uni, publiée aujourd'hui dans l’édition en ligne de The Lancet, du 8 août 2009, établit que les antiviraux Tamiflu® et Relenza® ne réduisent que modérément la durée des symptômes chez les personnes en bonne santé ou à risque. Or, dans les systèmes de santé publics ayant des ressources limitées, les décisions de gestion doivent se prendre sur des évaluations de l'efficacité clinique et rapport coût-efficacité. Le NICE a donc commandé un examen systématique des directives sur l'utilisation de médicaments antiviraux pour le traitement de la grippe.
Cette méta analyse a donc fait une revue des bases des études de l'utilisation des antiviraux pour le traitement de la grippe saisonnière. Cette analyse présente les résultats pour les adultes en bonne santé (c'est-à-dire, les adultes sans comorbidités) et les personnes à risque de complications liées à la grippe. Jusqu’à ce jour, peu d’informations étaient disponibles sur l’impact d’un traitement antiviral sur les sujets à comorbidités.
Conclusion : Le délai moyen d'atténuation des symptômes chez l'adulte sain est réduit de 0,57 jours avec le zanamivir, et 0,55 jour avec l'oseltamivir. Le délai moyen d'atténuation des symptômes pour les personnes à risque, c’est-à-dire présentant des facteurs aggravants a été réduit de 0,98 jours avec le zanamivir, et de 0,74 jours avec l'oseltamivir.
Cette analyse conclut donc, compte tenu des résultats « limités » obtenus par traitement antiviral chez des adultes « sains » que l'utilisation de médicaments antiviraux pour le traitement des personnes présentant les symptômes est peu susceptible d'être la plus appropriée. Les stratégies de vaccination – mais quid des effets indésirables-, ou de dépistage rapide, sont plus efficaces et sûres, et plus économiques que l'utilisation généralisée des antiviraux, selon cette étude.
Source : The Lancet, mise en ligne Yann-Mickaël Dadot, Santé log, le 8 août 2009 (Visuel et vignette OMS)
Accéder à l’abstract de l’article de The Lancet: « Prescription of anti-influenza drugs for healthy adults: a systematic review and meta-analysis”: http://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(09)70199-9/abstract
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Cette actualité a été publiée le 09/08/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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