GRIPPE MEXICAINE : NIVEAU D’ALERTE 5, tous les pays doivent activer leur plan de préparation
Actualité publiée le 30-04-2009
Pandémie
Le Dr Margaret Chan, Directeur général de l’OMS vient de décréter le niveau d’alerte 5. La situation évolue rapidement, souligne l’OMS en précisant que 9 pays avaient officiellement rapporté des cas d’infection par le virus de la Swine Influenza A/H1N1. Les Etats-Unis rapportent 91 cas humains confirmés par les laboratoires d’analyses, dont 1 décès (un enfant en bas âge). Le Mexique rapporte 26 cas humains confirmés, dont 7 décès.
Sur la base de l’information disponible et de plusieurs consultations d’experts, le Dr Margaret Chan vient de décider de relever le niveau d’alerte de la phase 4 à la phase 5. Sa décision est motivée par la propension du virus à se propager rapidement partout dans le monde.
La phase 5 traduit en effet une expansion de la contamination interhumaine « dans au moins deux pays d’une Région de l’OMS » et bien que de nombreux pays ne soient pas affectés à ce stade, la déclaration de phase 5 constitue un signal fort de l’imminence d’une pandémie et signifie qu’il est temps de rendre opérationnelles les mesures spécifiques anti-pandémie.
L’aspect positif, souligne le Dr. Margaret Chan, est notre niveau de préparation à la pandémie, encore jamais atteint jusque là. Toutes ces mesures de préparation (« Preparedness”) mises en place avec l’épidémie de grippe aviaire vont s’avérer aujourd’hui précieuses, a ajouté la directrice générale de l’OMS qui a également remercié les pays qui transmettent toutes leurs données épidémiologiques qui facilitent le « tracking » de l’évolution de la pandémie en temps réel et également les Etats-Unis et le Canada pour leur soutien à l’OMS et au Mexique.
Les autres pays rapportant des cas sans décès à l’heure dite étaient : Autriche (1), Canada (13), Allemagne (3), Israël (2), Nouvelle-Zélande (3), Espagne (4) et Royaume-Uni (5).
L’OMS a réitéré ce soir ses recommandations : annuler un voyage international si l’on a un problème de santé, consulter immédiatement si l’on croit avoir des symptômes caractéristiques, etc.
Les maladies nouvelles sont par définition inconnues, l’OMS et les pays touchés n’ont pas les réponses à cette heure mais nous les aurons a déclaré le Dr. Chan, en suivant la pandémie sur les plans épidémiologique, clinique et virologique. Une surveillance renforcée, un diagnostic et un traitement « précoce » et un contrôle étroit de l’évolution de la pandémie sont impératifs. Ceci « est un signal aux gouvernements, aux ministres de la santé et aux autres ministres concernés, à l’industrie pharmaceutique et aux agents économiques. Tous doivent prendre les mesures adéquates de toute urgence.
Le Dr. Chan en a également appelé à l’aide des pays développés, à UNITAID, à l’Alliance GAVI, à la banque mondiale … à la mobilisation des laboratoires producteurs de traitements antiviraux afin qu’ils accélèrent leur production et des laboratoires qui travaillent au développement du vaccin.
La grande inconnue reste l’évolution de la maladie qui pourrait s’aggraver et, d’expérience, présenter un risque de mortalité plus élevé dans les pays en voie de développement.
La communauté internationale doit y voir une opportunité d’optimiser encore son niveau de préparation et de réponse à la pandémie au bénéfice de l’ensemble des nations et de faire preuve de solidarité pour le bien de l’humanité.
“After all, it really is all of humanity that is under threat during a pandemic. As I have said, we do not have all the answers right now, but we will get them.” L'enjeu de la menace pandémique n’est qu’humanité, nous n’avons pas encore les solutions mais nous les trouverons” a conclu le Dr. Chan.
Si la situation épidémique se maintient et s’étend, la préparation d’un vaccin semble nécessaire, mais dans le meilleur des cas, il ne sera pas disponible avant le mois de septembre. C’est le délai habituel de la disponibilité du vaccin saisonnier, sa préparation étant facilité par la disponibilité universelle du virus en cause. Dans tous les cas, cela n’empêchera pas la disponibilité du vaccin saisonnier, car il n’est pas exclu que d’autres souches virales dominantes apparaissent et obligent à deux vaccinations la même année…
Cependant, la situation sanitaire est largement différente de celle des pandémies précédentes, notamment celles de 1957 et de 1968 : on dispose d’antiviraux : oseltamivir et zanamivir, reconnus efficaces contre A/H1N1.
Ce jeudi, des voix autorisées à Genève et en France (et ailleurs) ont mis en garde les populations contre : l’achat via Internet d’antiviraux sans doute inefficaces ou des formules sous-dosées (ce qui revient au même) avec le risque pour ces dernières de faciliter une résistance du virus à ces molécules – ce qui serait catastrophique en terme de santé publique.
Les seuls antiviraux sûrs sont ceux qui ont été stockés par les gouvernements dans des sites protégés, d’où ils ne sortiront qu’au moment jugé nécessaire. A ceux qui posent la question d’une utilisation à titre préventif dès maintenant de ce stock, on peut répondre que si on les consommait maintenant, il n’y en aurait plus le moment venu.
En effet, les laboratoires qui produisent ces deux produits travaillent intensément pour répondre aux demandes des gouvernements, mais ces produits complexes exigent un temps assez long d’élaboration avant leur livraison sous forme de traitements (gélules). Pour cette raison, les antiviraux disponibles doivent être utilisés au bon moment.
Ici, la population manque d’information claire : c’est aussi aux professionnels de santé d’informer.
Auteur : Yann-Mikael Dadot, Santé log, mis en ligne le 30 avril 2009- Vignette et visuel OMS, accéder au communiqué en anglais : http://www.who.int/mediacentre/news/statements/2009/h1n1_20090429/en/index.html
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