GRIPPE PORCINE ET NIVEAU D’ALERTE : Pourquoi l’OMS pourrait passer en phase 5
Actualité publiée le 28-04-2009
Veille
Le relèvement du niveau d’alerte à la phase 4 sur décision de l’OMS était attendu, puisqu’elle correspond une transmission entre humains soutenue. Depuis sa révision, le dispositif d’alerte comprend une approche en 6 phases reprises par les Plans de préparation pandémique des Etats. Les phases 4 à 6 avertissent de la nécessité d’une réponse active face à la progression de l’infection, les phases 1 à 3 correspondent à la mise en alerte prévue dans les plans. Si la présence d’un second foyer aux Etats-Unis était confirmée, l’OMS pourrait passer en niveau 5.
Dans la nature, les virus grippaux circulent en permanence dans le règne animal, principalement chez les oiseaux.
A la phase 1, aucune infection due à un virus animal n’a causé d’infection chez l’Homme.
A la phase 2, un virus grippal animal (influenza) circule chez les oiseaux sauvages et/ou domestiques et a provoqué des infections humaines : on doit le considérer comme potentiellement pandémique.
A la phase 3, un virus animal ou un virus réassorti homme-animal a déclenché des cas sporadiques ou de petits agrégats (clusters) de maladie chez l’Homme, mais n’a pas occasionné de transmission interhumaine à un niveau tel qu’on verrait surgir des cas au niveau de communautés. A ce point, rappelle l’OMS, des des circonstances particulières peuvent favoriser la transmission interhumaine, par exemple un contact rapproché entre un sujet contaminé et un personnel de soins non protégé. Cependant, ce type de transmission dans des circonstances particulières n’indique pas que le virus a atteint le niveau de transmissibilité interhumaine nécessaire pour déclencher une pandémie.
A la phase 4, on peut verifier la transmission interhumaine à partir d’un virus animal ou d’un virus réassorti animal-homme susceptible des émergences de cas collectifs (community-level outbreaks). La capacité d’un virus à provoquer des cas collectifs indique une progression vers le risque de pandémie. Tout pays qui suspecte ou est dans cette situation doit le signaler à l’OMS de façon que la situation puisse être évaluée et que des décisions soient prises pour déclencher les procédures de maîtrise du risque de pandémie. Cette phase indique une augmentation significative du risque d’une pandémie, ce qui n’entraîne pas forcément à renoncer à la possibilité d’une pandémie.
A la phase 5, on constate une expansion de la contamination interhumaine « dans au moins deux pays d’une Région de l’OMS ». Bien que la plupart des pays ne soient pas affectés à ce stade, la déclaration de phase 5 constitue un signal fort de l’imminence d’une pandémie et signifie qu’il n’est que temps de rendre opérationnelles les mesures spécifiques anti-pandémie.
A la phase 6, la phase pandémique, l’extension à d’autres pays d’une autre Région de l’OMS est une aggravation de la phase précédente. Déclarer la phase 5 « indiquera qu’une pandémie globale [planétaire] est en chemin ».
A la phase dite post-peak (post-acmé de la grippe), le niveau de maladie pandémique dans la plupart des pays ayant mis en place une surveillance efficace aura régressé au niveau inférieur au pic de maladie. Cette phase indique que l’activité pandémique est apparemment en décroissance. Cependant, dans l’éventualité de vagues de cas supplémentaires les pays doivent être préparés à cette seconde vague. En effet, les précédentes pandémies ont été caractérisées par des vagues successives au cours des mois suivants le pic, et ce risque doit être absolument annoncé. D’autant que les différentes vagues épidémiques peuvent se présenter à des intervalles de plusieurs mois. Le signal de relâchement ne doit pas être donné prématurément !
A la phase post-pandémique enfin, l’activité de lamaladie grippale est revenue au niveau normal, celui de la grippe saisonnière, et le virus pandémique lui-même va se comporter comme un virus saisonnier. A ce stade cependant il est important de maintenir une veille épidémiologique et d’actualiser les Plan de préparation (de la prochaine pandémie) et d’en évaluer le fonctionnement par des exercices de terrain.
Auteur : Louis-Marie Sibuée, Santé log, mis en ligne le 28 avril 2009
Source : OMS
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Cette actualité a été publiée le 28/04/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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