GRIPPE PORCINE : QUEL DIAGNOSTIC ? Pourquoi, comment ?
Actualité publiée le 27-04-2009
Symptômes
Au stade de l’émergence de cas de grippe porcine à virus A/H1N1, la tâche la plus importante de la surveillance médicale est la détection d’une contamination éventuelle en présence de symptômes suspects (et non de cas suspects… non confirmés) et une confirmation biologique par un laboratoire d’analyses virologiques dans les zones géographiques où le virus circule. Les moyens cliniques et biologiques doivent être mobilisés et renforcés pour répondre à tous les cas signalés d’infection respiratoire aiguë, a demandé l’OMS, parallèlement à la mobilisation de la surveillance sanitaire et épidémiologique.
Cette double mobilisation a pour but : de détecter et de confirmer au besoin des cas de Swine Influenza chez l’Homme, d’évaluer l’extension nationale et internationale de l’infection, de mettre en place les « premiers secours » face à la sévérité de l’infection. A ce titre, l’OMS rappelle la définition d’un cas de Swine Influenza, sachant que la description clinique concerne les formes légères (mild) d’une infection ressemblant à la grippe (influenza-like illness) et les formes plus sévères : infection des voies respiratoires inférieures comprenant pneumonie et maladie respiratoire aiguë sévère (SARI). De plus, tous les cas d’infection asymptomatique doivent être analysés au laboratoire, confirmés et déclarés.
La confirmation biologique d’un cas peut être obtenue par les tests de laboratoire suivants : PCR (1) en temps réel (résultat presque immédiat), culture du virus, détection d’un niveau d’anticorps spécifique anti A/H1N1 de quatre fois la normale, tests conformes aux directives de l’OMS dans ce contexte. Un cas probable de grippe A/H1N1se définit sur la base d’un test positif pour le virus porcin, et non typable avec les réactifs de la grippe saisonnière.
La notification, comme le prévoit le Règlement sanitaire international (IGR, 2005), de tout cas avéré, asymptomatique confirmé, maladie respiratoire aiguë inexpliquée ou décès (dû ou supposé dû à A/H1N1) doit être faite à l’OMS. Une attention particulière doit être apportée au repérage des cas groupés inhabituels (unusual), dénommés clusters en épidémiologie, de 2 personnes ou plus présentant des manifestations inexpliquées de SARI avec fièvre de plus de 38° C ou qui sont décédées d’une maladie respiratoire et qui ont été détectées au moment de l’apparition de l’infection (1 à 2 semaines) dans la même zone géographique et/ou qui sont liés sur le plan épidémiologique.
Les éléments devant déclencher les investigations sur de possibles cas de Swine Influenza A/H1N1) comprennent :
- clusters de cas (la grippe est une maladie de collectivités) de maladies respiratoires aiguës ou évoquant la grippe (influenza-like illness, ILI);
- maladie respiratoire sévère inexpliquée survenant chez un ou plus professionnels de santé qui prend en charge des patients avec maladie respiratoire;
- modification de l’épidémiologie de la mortalité associée à une maladie évoquant la grippe (ILI) ou une infection des voies respiratoires inférieures;
- augmentation de la mortalité par maladie respiratoire ou de l’incidence des maladies respiratoire sévères chez des adolescents ou des adultes précédemment en bonne santé;
- modifications persistantes dans la réponse au traitement ou l’évolution de ces maladies.
Deux données, dans le contexte actuel, doivent être prises en compte :
- contact rapproché (close) avec un cas confirmé de grippe porcine A/H1N1 au moment de la maladie ;
- récent voyage dans la zone géographique où ont été confirmés des cas de cette grippe.
L’OMS précise que par close contact, il faut entendre : avoir pris soin, vécu avec, ou avoir eu un contact direct avec les sécrétions respiratoires, les fluides corporels ( !) d’un probable cas de grippe porcine.
Auteur : Louis-Marie Sibuée, SantéLog, avec l’OMS (www.who.int) (Visuel et vignette Leem EFPIA)
(1) Polymerase chain reaction (réaction en chaîne par polymérase) : test biologique permettant d’amplifier une quantité infime de matériel génétique d’un virus ou d’une bactérie pour en faciliter l’identification
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Cette actualité a été publiée le 27/04/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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