H1N1 : Découverte d’une vulnérabilité commune aux virus pandémiques de 1918 et 2009
Actualité publiée le 27-03-2010
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Bien qu'ils aient vu le jour à plus de 90 ans d'intervalle, les virus responsables des pandémies de 1918 et 2009 ont entre eux un point commun structurel qui permet leur neutralisation par les mêmes anticorps. Des scientifiques de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), ont pu décrire les bases moléculaires de cette « vulnérabilité » commune et indiquer comment cette similarité pourrait être exploitée pour concevoir des vaccins adaptés aux futures souches de grippe pandémique. Une recherche dont les résultats sont publiés dans l’édition en ligne de la revue Science Translational Medicine, du 24 mars.
«Cette étude définit une similarité inattendue entre deux souches responsable, à 90 années d’intervalle, d’une pandémie de grippe», explique le directeur du NIAID, le Dr. Anthony S. Fauci.
Dans une première série d'expériences, des scientifiques du NIAID, des Centers for Disease Control and Prevention, ont injecté à des souris un vaccin à base de virus inactivé de la grippe 1918. Puis ils ont exposé les souris à des niveaux élevés du virus H1N1 de 2009. Toutes les souris vaccinées ont survécu. L'inverse est également vrai: les souris vaccinées avec le virus H1N1 inactivé 2009 et soumis ensuite au virus de 1918 ont été protégées. Les chercheurs concluent donc qu’une vaccination effectuée avec l’un ou l’autre des 2 virus permet la production d’anticorps contre l’un ou l’autre des 2 virus.
Conclusion 1 : une vaccination effectuée avec l’un ou l’autre des 2 virus inactivés permet la production d’anticorps contre l’un ou l’autre des 2 virus, indifféremment. "C'est un résultat surprenant», note l’un des chercheurs. "On aurait pu s'attendre à ce que des virus éloignés par tant d'années entraînent une production d’anticorps différents."
Dans une seconde étape, les chercheurs ont comparé les séquences d'acides aminés de l'hémagglutinine (HA) des virus saisonniers et pandémiques. Car les anticorps produits en réponse de la souche de la grippe saisonnière, chaque année différente, ne sont pas tout à fait identiques. Cela est dû en partie aux légères modifications dans la séquence d'acides aminés de l'hémagglutinine (HA), une protéine de surface virale. Les séquences d'acides aminés des virus de la grippe H1N1 de 1918 et de 2009 ne diffèrent que d'environ 20% dans une portion de HA. Une différence tout à fait comparable aux différences d'acide aminé constatées entre les souches saisonnières. Oui, mais, l’équipe de chercheurs a déterminé que sur les deux virus pandémiques, une couche de molécules est manquante, à deux endroits précis de cette portion de HA. Sans cette couche de molécule, les deux virus de 1918 et 2009, ont accès sans entrave aux récepteurs que HA utilise pour pénétrer les cellules humaines. Cet avantage viral diminue rapidement l’immunité conférée par les anticorps neutralisants chez les personnes qui ont été déjà infectées lors de la précédente pandémie ou en cas de vaccination.
Conclusion 2 : Une absence de molécules « glycanes » sur une portion de surface virale est commune aux 2 virus pandémiques et contribue à sa virulence. A contrario, les souches de la grippe saisonnière qui ont pu circuler entre 1977 et 2008, ont pour 97,8% d’entre elles cette couche de molécules « glycanes », comme un parapluie qui protègerait le virus du système immunitaire», explique l’un des chercheurs. «Notre étude souligne le rôle clé joué par les molécules glycanes ».
Une dernière étape a consisté à développer un virus mutant de la grippe H1N1 en comblant l’absence de ces molécules. Une fois couvert, les anticorps ne pouvaient plus reconnaître et neutraliser le virus. «Nous pourrions utiliser cette découverte pour concevoir de manière préventive des vaccins pour une prochaine grippe H1N1, conclut le chercheur. Ce vaccin protègerait contre le virus pandémique mais pourrait également limiter les chances du virus de muter par acquisition de ces molécules manquantes en virus saisonnier ».
Conclusion 3 : Cette découverte ouvre la voie au développement d’un vaccin contre un prochain virus pandémique H1N1
Source : NIH, NIAID, mise en ligne Yann-Mickaël Dadot, Santé log, le 26 mars 2010 (visuels CDC)
C-J Wei et al. Croix-neutralisation de 1918 et 2009 virus de la grippe: le rôle des glycanes de l'évolution virale et conception de vaccins. Translational Science Medicine. DOI: 10.1126/scitranslmed.3000799 (2010).
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Cette actualité a été publiée le 27/03/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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