H1N1 en EUROPE : Une épidémie de VIRULENCE MOYENNE, selon l’ECDC
Actualité publiée le 15-11-2009
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La Directrice de l’European Centre for Disease Control and prevention (ECDC), Zsuzsanna Jakab, s’exprimait le 12 novembre, lors d'une conférence nationale sur la préparation à une pandémie, en ces termes : « La menace est réelle ! ». Cette déclaration est basée plus sur l’augmentation de la diffusion géographique du virus en Europe que sur sa virulence, le rapport prévoyant, à partir des données actuelles, un taux de mortalité global en Europe qui pourrait être inférieur ou comparable à celui d’une grippe saisonnière modérée. Mais l’ECDC rappelle également l’imprévisibilité du virus.
L’analyse de l’ECDC est basée sur son rapport de risques liés à la pandémie publié le 6 novembre dernier. A cette heure, en Europe, l’ECDC annonce un taux d’hospitalisation sur symptômes pouvant atteindre, selon les pays, 20%, un taux de mortalité de 3 pour 100.000 habitants. 15% des personnes hospitalisées sont prises en charge en service de soins intensifs.
La France est un des seuls pays qui n’a pas transmis de données au 30 octobre à l’ECDC Mais l’ECDC prévoit une activité grippale de virulence moyenne mais en forte diffusion géographique sur l’ensemble des pays voisins (Voir carte ci-contre).
Si l’ECDC estime qu’il est difficile à ce stade de se prononcer sur la gravité de l’épidémie dans les États membres de l'UE et de ranger la virulence du virus pandémique sur l’échelle « légère, modérée et grave » de l'OMS, de nouvelles données de bas sont maintenant disponibles. Mais le taux de mortalité global en Europe pourrait être inférieur ou comparable à celui d’une grippe saisonnière modérée avec cependant, une mortalité plus élevée chez les groupes d'âge jeune. Le taux d'hospitalisation (comparable aux Etats-Unis ou au Royaume Uni) serait compris entre 5 et 25/10.000 soit 0,5 pour mille. La gravité de certains rares cas nécessitera le développement de certains soins intensifs comme l’oxygénation extracorporelle (ECMO).
3 groupes sont clairement confirmés à risque : les personnes de moins de 65 ans souffrant de maladies chroniques, les femmes enceintes et les très jeunes enfants. L’ECDC conclut qu’à partir de là, en suivant ces groupes plus vulnérables, la plupart des États membres européens devraient être en mesure de faire face à cette pandémie.
Des incertitudes subsistent :
-La mutation du virus, même si le virus H1N1 domine très largement les autres virus grippaux et est à plus de 80 % le type de virus diagnostiqué sur les échantillons de virus testés.
-Cela n’exclut pas, rappelle l’ECDC l’hypothèse d’épidémies tardives de type A (H3N2) et B à la fin de l'hiver après le départ de la vague pandémique.
-La période probable et le mode de propagation du virus en Europe durant les différentes saisons, été, automne et hiver est difficile à prévoir, même si le virus H1N1 a connu sa plus forte transmission en Europe durant les mois chauds. Un important facteur clé sera la virulence du virus qui pourrait ne causer, dans la majorité des cas, qu’une infection asymptomatique ou une maladie très « douce ».
-La pathogénicité du virus reste encore incertaine. L’ECDC rappelle qu’à ce jour, il n’y a pas de données publiées sur le délai durant lequel un sujet infecté est contagieux, avant et après l’apparition des symptômes.
-Le risque relatif imputable aux formes les plus graves de la maladie : Aucune donnée ne permet de conclure que les causes de décès et les réponses aux infections chez les humains sont les mêmes que pour la grippe saisonnière ou si le développement de pneumonies virales sévères est fonction de pathologies sous-jacentes.

Source : ECDC http://www.ecdc.europa.eu/en/healthtopics/Documents/0908_Influenza_AH1N1_Risk_Assessment.pdf
Lire aussi : OMS et H1N1 : En Europe, l'épidémie se propage vers l'EST -
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