H1N1 : Enquête et remboursement, le paradoxe
Actualité publiée le 22-03-2010
Politique et santé
L’audition de la Commission d’enquête du 23 mars, au Sénat et les rumeurs d’accord intervenu entre l’EPRUS et les laboratoires pharmaceutiques à la suite des résiliations de commandes de vaccins, relance à nouveau le débat sur les éventuels conflits d’intérêt entre experts du gouvernement et industrie du vaccin. Car la France est l’un des pays qui « a le plus commandé » au regard de sa population vaccinable et effectivement vaccinée.
94 millions de doses commandées auprès de 4 laboratoires pour 9% de la population française vaccinée : La ministre de la santé a du expliquer, une nouvelle fois, devant la Commission d’enquête, le décalage entre le budget investi dans la campagne, soit près d’1,5 milliards d'euros et la gravité très modérée de la pandémie (308 décès).
Après annulation de 50 millions de doses non livrées, 6 millions de doses utilisées, 10 millions de doses offertes à l’OMS, il restait environ 25 millions de doses…Selon la Ministre, il y a quelques semaines, encore utilisables…* La Ministre de la santé annonçait donc une économie de 50% du budget initial commandé. On aboutirait donc à un budget net d’achat de vaccins d’environ 350 millions euros.
L’accord intervenu entre l’Eprus et les laboratoires, selon le Figaro, sur montant des indemnités versées pour les résiliations de commandes, devrait aboutir à 48 millions d’euros. D’où un coût total estimé à 400 millions d’euros pour l’achat des vaccins. Les 3 laboratoires concernés Novartis, GSK et Sanofi, encore pour certains d’entre eux en négociation avec le gouvernement devraient donc se partager ces indemnités au prorata du montant des commandes passées.
Explications sur les autres investissements : Roselyne Bachelot devra également expliquer les montants des autres commandes passées pour la campagne de vaccination lors de la nouvelle audition, le mardi 23 mars après-midi, de la Commission d’enquête du Sénat. Sur les dispositifs et matériel commandés soit 1 milliard de masques anti-projections, destinés aux malades, 900 millions de masques de protection, dits « FFP2 », pour les personnes particulièrement exposées et 33 millions de traitements antiviraux mais aussi su les 100 respirateurs supplémentaires et 34 appareils d’oxygénation extra corporelle sur membrane (ECMO) acquis. Un montant global, qui vient s’ajouter aux achats de vaccins pour environ 160 millions d’euros**.
En bref, un coût total lié à la pandémie, si l’on inclut les dépenses liées aux consultations de généralistes, à la prescription de médicaments, aux dépenses d'indemnisation des personnels de santé réquisitionnés, aux dépenses de communication et aux frais liés à l'organisation territoriale de la campagne de vaccination à… 1,5 milliards d'euros répartis à égalité entre l’Etat et l’assurance maladie et complété par une contribution exceptionnelle de 300 millions d’euros des complémentaires Santé (mutuelles et assurances).
La question principale de l’audition de la Commission d’enquête, reste le lien entre experts et laboratoires et l’existence d’éventuels conflits d’intérêts. Une audition à l’issue de laquelle, la Ministre de la Santé tiendra une conférence de presse ce soir, au Sénat.
Mise en ligne Maurice Chevrier, santé log, le 23 mars 2010
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* Source : Audition de Roselyne Bachelot au Sénat du 16 février 2010
** Rapport spécial portant sur la gestion de la pandémie grippale et son contrôle sur l'EPRUS.
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Cette actualité a été publiée le 22/03/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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