H1N1 : L’OMS réfute encore les allégations sur les CONFLITS D’INTÉRÊT
Actualité publiée le 11-08-2010
BMJ
Dans une lettre au British Medical Journal (BMJ), le Dr Margaret Chan, Directeur général de l'OMS, réfute les allégations de conflit d'intérêt évoquées dans un éditorial du 3 juin, selon lequel des intérêts commerciaux avaient pesé sur sa décision de déclarer l’alerte pandémie niveau 6 et d’inciter aux vaccinations de masse. Ses arguments de réponse…
Le caractère bénin de la grippe A/H1N1 par rapport à la gravité vérifiée de longue date du H5N1 aviaire (1), a contribué à la polémique actuelle au sujet des décisions de l’OMS, jugées « dramatisantes ».
Les conflits d’intérêts potentiels sont inhérents aux relations entre une organisation comme l’OMS, qui fixe des normes sanitaires internationales, et une industrie pharmaceutique axée sur le profit et avec laquelle l’OMS doit établir des règles plus strictes dans ses rapports, dit Mme Chan : « A aucun moment, pas une seconde, les intérêts commerciaux sont intervenus dans ma prise de décision » : pas question d’ignorer cette question épineuse.
Des craintes injustifiées ? Pour répondre également aux propos sous-entendant que l’OMS a provoqué des craintes injustifiées, Margaret Chan précise : « Le 11 juin 2009, lorsque j’ai annoncé le début de la pandémie [celle-ci ayant officiellement débuté à la mi-avril], j’ai appelé l’attention sur le fait que le nombre de décès dans le monde était faible et j’ai clairement déclaré que nous ne nous attendions pas à une augmentation soudaine et spectaculaire du nombre de cas graves ou mortels ».
« Dans toutes ses appréciations de la pandémie, l’OMS a constamment rappelé que l’immense majorité des patients présentaient des symptômes bénins et se rétablissaient rapidement et pleinement, même en l’absence de traitement ».
« Concernant les membres du Comité d’urgence qui ont conseillé l’OMS lors de la pandémie, y compris lors du passage d’une phase à l’autre, leurs noms seront publiés lorsque le Comité aura terminé ses travaux, comme cela était prévu dès le départ. Notre décision de ne pas rendre ces noms publics était motivée par la volonté de protéger les experts d’influences commerciales ou autres ». On sait que plusieurs commissions d’enquête nationales (telle celle du Sénat chez nous) ont réclamé ces noms à l’OMS.
BMJ contre les labos ? Les prises de position du BMJ pourraient laisser croire que la décision de l’OMS de déclarer la pandémie était au moins partiellement influencée par une volonté d’accroître les profits de l’industrie pharmaceutique : « La vérité est que la décision… reposait sur des critères virologiques et épidémiologiques clairement définis », critères difficiles à maquiller, d’une part, mais devant guider d’autre part les pays à définir individuellement une politique vaccinale… avec le risque de commander plus de vaccins qu’il en serait utile, mais comment le savoir à l’avance ?
Il fallait s’adapter ? On doit par ailleurs se rappeler que le Plan Pandémie grippale à la préparation duquel l’OMS appelle les pays depuis l’apparition du virus de la grippe aviaire en 1997, devait s’adapter au A/H1N1 comme il l’est au H5N1. Or « le plan actuel de préparation en cas de pandémie, qui comporte les définitions des différentes phases, a été finalisé en février 2009 après deux années de consultations. Il n’était alors pas question d’une nouvelle souche du virus A/H1N1, et il n’en était pas non plus fait mention dans le document ».
Conclusion : « Un compte rendu complet ainsi que la chronologie des événements ayant conduit à la publication du plan 2009 ont été mis à la disposition du Comité d’examen. Au cas où ce Comité déciderait que la définition actuelle d’une pandémie et des phases conduisant à sa déclaration doit être revue dans un sens plus étroit ou d’une autre façon, nous nous féliciterons de cette recommandation et prendrons les mesures qui s’imposent ».
Rappelons ici deux souhaits de la commission d’enquête du Sénat : que l’OMS laisse un peu plus de libre arbitre aux Etats membres quant aux décisions de santé publique en cas de pandémie et que soit incluse dans celle-ci une notion de gravité clinique, ce qui n’est pas le cas actuellement.
Source: Communication OMS, mise en ligne et commentaires Jean-Marie Manus, Santé log, le 11 août 2010
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Cette actualité a été publiée le 11/08/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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