H1N1 : L’U.E. dénonce le gaspillage et les «peurs injustifiées»
Actualité publiée le 04-06-2010
APCE
«Cette pandémie n’a jamais vraiment existé » …Quand la Commission des questions sociales et de la santé de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) qualifie, dans son récent rapport, la gestion de la pandémie H1N1, de “gaspillage”, l’une des revues les plus prestigieuses, le British Medical Journal (BMJ) ne se cache pas derrière son titre qui évoque les “conspirations de la pandémie”. Ces 2 publications, de l’UE et du BMJ, font état de «l’évidence écrasante que la gravité de la pandémie a été largement surestimée par l’OMS».
Dans son texte adopté le 3 juin, la commission européenne constate « un grave manque de transparence » dans les processus décisionnels, qui amène à se demander quelle influence l’industrie pharmaceutique a pu exercer sur les décisions prises. L’OMS et les institutions sanitaires européennes se sont montrées réticentes à publier les noms et les déclarations d’intérêts des membres du Comité d’urgence de l’OMS et des organes consultatifs européens. De son côté le BMJ va plus loin, écrivant après une enquête minutieuse que certains experts de l’OMS intervenus sur la question des vaccins et des antiviraux contre la grippe avaient été payés par des laboratoires pharmaceutiques :
L’enquête menée conjointement par le BMJ et le Bureau du journalisme d'enquête soulève des questions troublantes sur la manière dont l'OMS a géré les conflits d'intérêt de ses experts. Défaut de transparence, distorsion des priorités de santé publique dans toute l'Europe, gâchis d'énormes sommes d'argent public, provocation de peur injustifiée chez les Européens et création de risques pour la santé par le biais des vaccins et des médicaments qui pourraient ne pas avoir été suffisamment testés avant d'avoir été autorisés par des procédures accélérées, sont autant d'exemples développés par l’enquête du BMJ.
Une enquête qui va jusqu’à identifier les principaux scientifiques impliqués dans la planification de l'OMS et qui sont ou ont été financés par les entreprises pharmaceutiques qui avaient tout à gagner de l'orientation qu'ils ont initiée. Des intérêts qui n'ont jamais été rendues publics par l'OMS écrit le BMJ. Des experts de l’OMS travaillaient pour les Laboratoires, Roche -ou d’autres comme GSK, Sanofi…- alors que 2 nouveaux médicaments étaient arrivés sur le marché (en 1999), l'oseltamivir de Roche et le zanamivir de GSK. Le potentiel était vite compris, selon le BMJ. Les auteurs expliquent que la FDA au départ réticente sur l’homologation du zanamivir, pour efficacité insuffisante,au fil des expertises, la FDA avait d’abord approuvé le zanamivir puis l’oseltavimir. “Ils se sentiraient mieux si il y avait quelque chose sur le marché en cas de pandémie”, explique l’un des expeets de la FDA. Quant à l’EMA, 2 des experts qui ont fourni des avis au cours du processus d'octroi de licences étaient également mis en avant dans le matériel promotionnel Roche.
Une communication déficiente: «Le problème n'est pas tant que la communication de l'incertain est difficile, mais que l'incertitude n'a pas été communiquée”. Il n'y avait aucune base scientifique pour estimer de 2 milliards de cas possibles de grippe H1N1, et nous savions peu de choses sur les bénéfices et les risques de la vaccination.
La Commission européenne appelle à une série de mesures urgentes, allant vers plus de transparence et une gouvernance révisée. Des garanties sont réclamées contre « l’influence d’intérêts particuliers » et un fonds public envisagé pour financer des expertises indépendantes. Le rapport de l’APCE doit être examiné par les parlementaires des 47 Etats membres du Conseil de l'Europe le jeudi 24 juin, lors de la session d’été de l’APCE à Strasbourg.
Source: APCE Rapport intégral (version provisoire) (PDF), BMJ 2010;340:c2912 « Conflicts of Interest WHO and the pandemic flu "conspiracies" » (Vignette Roche)
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Cette actualité a été publiée le 04/06/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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