H1N1, OMS et PHARMA : "Une coopération essentielle et non une influence"
Actualité publiée le 27-01-2010
APCE
18 milliards de dollars, c'est le montant des commandes passées à l'industrie pharmaceutique, a rappelé le Dr. Wodarg, en préambule de l’audition de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) sur la gestion de la pandémie H1N1. Le Dr. Keiji Fukuda, représentant de l’OMS à cette audition, après avoir rappelé les circonstances de prise de décision sur la déclaration de pandémie, s’est bien défendu, comme il l’avait déjà fait à plusieurs reprises de toute influence des industriels du vaccin sur l’Organisation mondiale de la Santé mais a reconnu une coopération qu’il a qualifié d’essentielle.
Une audition parlementaire publique intitulée “La gestion de la pandémie H1N1 : faut-il davantage de transparence ?” se tenait à Strasbourg mardi 26 janvier, au matin, en marge de la session plénière de l'APCE. Accusée d’avoir subi l’influence des industriels du médicament, l'OMS est représentée, lors de cette audition par le Dr. Keiji Fukuda (photo ci-dessus), conseiller spécial de la directrice de l'Organisation Mondiale de la Santé sur la grippe H1N1. L’Oms a d’ores et déjà accepté le principe d’une enquête, par des experts indépendants, de sa gestion de la pandémie. Etaient présents également, le Dr Wolfgang Wodarg (photo à gauche), expert médical et ex-Président de la sous-commission Santé, le Dr Luc Hessel, représentant les fabricants de vaccins européens et Directeur exécutif pour l’Europe des affaires publiques et médicales de Sanofi Pasteur MSD et le Professeur émérite, le Dr. Ulrich Keil, directeur du Centre d’épidémiologie de l’Université de Munich, centre collaborateur de l’OMS. Principaux arguments développés par l'OMS :
Replacer la situation actuelle dans un contexte historique et scientifique : L’OMS compte 193 États Membres, applique les politiques de santé mondiale et apporte un soutien technique. Son premier Plan de préparation en cas de grippe pandémique a été développé en 1999 et la dernière version (2009) commencée en 2007, a nécessité l’expertise de 135 spécialistes de santé publique et la participation de 48 pays.
Les 2 critères du RSI réunis pour la déclaration de pandémie : Les virus grippaux sont en constante mutation et notoirement imprévisibles, il était impossible dans un premier de prévoir quel serait l'impact. Ce dernier virus a suscité les préoccupations de l’OMS parce que les gènes renfermés dans ce virus appartenaient à des virus grippaux animaux, faisant de ce virus un virus très différent de ceux de la grippe saisonnière habituellement rencontrés chez l’homme. Les « flambées communautaires ont justifié, en regard du Règlement Sanitaire International (RSI), la déclaration de pandémie du 11 juin 2009.
Un Comité d’urgence unanime sur la déclaration de pandémie : Le RSI offre un cadre ordonné, fondé sur des règles précises, pour détecter, évaluer, notifier, déclarer et affronter des urgences de santé publique de portée internationale. Dans ce cas, il nécessite la création d’un Comité d’urgence pour conseiller le Directeur général et, le 11 juin 2009, le Comité et tous les représentants nationaux ont émis à l'intention du Directeur général l’avis que tous les critères étaient remplis pour déclarer une pandémie de grippe.
Coopération et non influence de l’Industrie pharmaceutique : Aux accusations portées selon lesquelles la politique et les recommandations de l’OMS étaient influencées par l’industrie pharmaceutique, Keiji Fukuda réaffirme que la politique et les mesures recommandées et prises par l’OMS n’ont pas été indument influencées par l’industrie pharmaceutique, tout en reconnaissant que la coopération mondiale avec des partenaires divers, dont le secteur privé, est essentielle pour relever les défis de la santé publique, aujourd’hui comme demain. Il existe de nombreux garde-fous pour gérer les conflits d’intérêts, réels ou perçus, au sein des groupes consultatifs et des comités d’experts de l’OMS.
En conclusion, le Dr. Fukuda répond, aux accusations portées à l’OMS, qu’affirmer que la pandémie est « fausse » revient à ignorer l’histoire récente et la science et à banaliser la mort de 14.000 personnes et les nombreux cas de maladies graves que bien d’autres ont subi.
Source : APCE , mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 26 janvier 2010
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Retransmission de l’audition : http://tv.coe.int/internet/press.html
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Cette actualité a été publiée le 27/01/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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