HEMOGLOBINE GLYQUEE : MARQUEUR ET FACTEUR DE RISQUE
Actualité publiée le 05-09-2008

L’hémoglobine glyquée, ou HbA1c, l’un des marqueurs biologiques les plus pertinents pour le suivi et la prévention des complications chez le sujet diabétique, serait aussi un marqueur de risque cardiaque aggravé. Selon une étude canadienne, elle pourrait être prédictive d’une aggravation et d’incidents cardiovasculaires chez les patients diabétiques porteurs d’une insuffisance cardiaque chronique. Bref, elle pourrait s’intégrer aussi au suivi cardiologique.
Pour cette équipe canadienne (Dr Hertzel Gerstein, McMaster University and Hamilton Health Sciences, Hamilton et coll.), l’HbA1c est un facteur de risque progressif de mortalité cardiovasculaire, de ré hospitalisation pour décompensation de l’état chronique (généralement équilibré) et de mortalité toutes causes.
Cette étude indique que pour chaque augmentation de 1 % de l’hémoglobine glyquée, le risque d’incident cardiovasculaire ou de décès augmente d’environ 25 %. Effectivement, de précédentes études avaient montré cette relation progressive entre les taux d’HbA1c et les incidents cardiaques d’origine ischémique (telle la thrombose coronarienne) dans la population générale, cette relation étant indépendante du diabète (ce n’est pas une… « co-relation »). Cependant l’étude canadienne a le mérite d’évaluer le risque particulier chez l’insuffisant cardiaque.
Les résultats émanent de l’étude CHARM (Candesartan in Heart failure: Assessment of Reduction in Mortality and Morbidity), groupant 2 412 sujets (âge moyen 65,8 ans, 37,6 % de diabétiques, 33 % de femmes), suivis pendant 36,7 mois. En bref, les patients qui avaient une HbA1c supérieure à 8,6 % avaient deux à trois fois plus de risques d’accident ou de décès cardiovasculaires, de ré hospitalisation ou de décès toute cause que les sujets dont l’hémoglobine glyquée était égale ou inférieure à 5,8 %.
Les médecins canadiens soulignent que la relation significative entre HbA1c et accidents cardiaques ischémiques persiste après ajustement, c’est à dire prise en compte, du poids du diabète, de la fraction d’éjection du ventricule gauche (volume sanguin expulsé à chaque systole), du tabagisme, divers autres facteurs de risque et le fait d’être traité (ici par un sartan, le candésartan).
Conclusion de l’équipe canadienne : chez les sujets insuffisants cardiaques chroniques symptomatiques, le taux d’HbA1c est fortement associé avec les facteurs de risque (d’incident) cardiovasculaire et est lui-même un facteur de risque puissant et indépendant d’accident cardiovasculaire et de décès ».
Tout n’est pas clair dans cette relation mais au moins dispose-t-on d’un autre prédicteur du risque cardiovasculaire.
Auteur : Louis-Marie Sibuée, biologiste - Publié le 5 septembre 2008
Source : Archives of Internal Medicine 2008; 168:1699-1704
Consulter sur le site de l’HAS « Quelle place pour le candésartan (Atacand®, Kenzen®) dans l'insuffisance cardiaque ? » : http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_408821/quelle-place-pour-le-candesartan-atacand-kenzen-dans-l-insuffisance-cardiaque
Accéder au diaporama de l’Etude CHARM (en anglais) : http://www.atacand.com/gUserFiles/CHARM_low_EF_slides.ppt
Commander une copie de l’Etude CHARM sur CAT.INIST- CNRS : http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=15271547
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Cette actualité a été publiée le 05/09/2008 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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