HEPATITE B : L’ACADEMIE DE MEDECINE DEMANDE LE MAINTIEN DE LA VACCINATION
Actualité publiée le 17-10-2008
Vaccination :
En France, on estime que le virus de l’hépatite B (VHB) est responsable en totalité ou en partie de 1 300 morts par an par infection aiguë, de 10 à 15 % des cirrhoses et cancers du foie, soit environ 10 000 à 15 000 décès par an. Un réveil de la polémique vaccin/sclérose en plaques (SEP) justifie la nouvelle prise de position de l’Académie nationale de médecine sur la vaccination contre l’hépatite B, et le relèvement de la couverture vaccinale …
Que s’est-il passé ? On sait qu’une étude française (KIDSEP, neuropédiatrie, Hôpital de Bicêtre) a recherché l’influence du vaccin anti-VHB sur le déclenchement d’un épisode aigu démyélinisant (EAD) au niveau cérébral chez tous les enfants en ayant déjà présenté un entre janvier 1994 et décembre 2003 (premier épisode ou SEP confirmée). Ses auteurs concluent à l’absence de lien entre le vaccin et les EAD.
Etude a priori bien conçue, bien menée (1), dit l’Académie. Mais là où elle n’est plus d’accord c’est quand les auteurs de l’étude suggèrent dans un sous-groupe d’enfants de l’étude une relation statistiquement significative de la probabilité de survenue d’un EAD, ces enfants ayant un calendrier vaccinal bien respecté mais vaccinés par le vaccin Engérix B® plus de 3 ans auparavant !
Malgré ce (petit) pas en arrière, les autorités sanitaires françaises (Haut Conseil de la santé publique, AFSSAPS) ont conclu, comme les auteurs, que le résultat principal de l’étude ne fait pas apparaître de rapport entre vaccin anti-VHB et risque de SEP, cette analyse statistique complémentaire d’un sous-groupe « présentant les caractéristiques d’un résultat fortuit »… sur lequel les auteurs eux-mêmes émettent des réserves, selon l’Académie..
Il n’empêche que cet incident risque de réalimenter « le doute sur un vaccin du fait d’une médiatisation hâtive »… à laquelle on commence à s’habituer…. Ce n’est pas une infection ordinaire, puisque dans 2 à 10 % des cas, elle devient chronique, les porteurs du virus devenant contagieux pour leur entourage et exposés au risque de cirrhose avec évolution vers le cancer du foie primitif (hépatocarcinome).
La couverture vaccinale des nourrissons ne dépasse pas 30 %, celle des adolescents 40 % : la France reste exposée à la menace d’épidémies du fait de la persistance de la circulation du virus dans une population insuffisamment protégée, notamment depuis la décision du ministère de la Santé de l’époque d’arrêt de la vaccination dans les établissements scolaires en 1997.
(1) Mikaeloff Y., Caridade G., Suissa S., Tardieu M. Hepatitis B vaccine and the risk of CNS inflammatory demyelination in childhood. Neurology 2008.
Lire également : http://www.who.int/vaccine_safety/topics/hepatitisb/multiple_sclerosis/oct_2008/en/index.html
Auteur : Yann-Mikael Dadot, pharmacien
Mis en ligne le 17 octobre 2008
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Cette actualité a été publiée le 17/10/2008 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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