Human Papilloma Virus (HPV) : Impliqué aussi dans le cancer de la peau
Actualité publiée le 09-07-2010
British Medical Journal
Selon cette étude internationale, publiée dans l’édition en ligne du British Medical Journal du 9 juillet, l’infection par le VPH augmente de 150% le risque de développer certains cancers de la peau, des résultats qui posent, selon les chercheurs, la question de la prévention systématique de l'infection à papillomavirus humain.
Au cours de la 15e Conférence annuelle du National Comprehensive Cancer Network (NCCN) d’avril 2010 un rapport présentait déjà les HPV impliqués dans d’autres cancers que ceux du col de l’utérus, comme dans le carcinome anal, les cancers de la tête et du cou. Aujourd’hui une équipe internationale a découvert que les personnes présentant plusieurs types de papillomavirus humains (HPV) sont à 150% plus susceptibles de développer certains cancers de la peau par rapport aux personnes n'étant pas infectées par le HPV.
Les cancers de la peau les plus courants (carcinomes basocellulaire et le carcinome spinocellulaire) sont en augmentation au niveau mondial et le rayonnement ultraviolet est le principal facteur de risque établi. Il existe plus de 100 types d’infections au HPV et certains types de HPV sont connus pour provoquer des cancers du col de l'utérus, de la vulve, le vagin, de l'anus et du pénis.
La recherche avait jusqu'à présent identifié des risques accrus de maladies de peau par infection au HPV de types beta, en particulier chez les receveurs de greffe d'organes et de personnes atteintes d’épidermodysplasie verruciforme (EV) - une maladie génétique rare.
Dans cette dernière étude, les chercheurs, dirigés par le Pr. Margaret Karagas de la Dartmouth Medical School aux Etats-Unis, a voulu trouver des preuves plus concluantes d'un lien entre HPV beta et cancer de la peau dans la population générale. L’étude a porté sur 2.366 personnes dont 663 présentant un carcinome épidermoïde, 898 personnes présentant un carcinome basocellulaire et 805 témoins sains. Les résultats montrent que les personnes présentant un carcinome épidermoïde, mais pas de carcinome baso-cellulaire, sont beaucoup plus susceptibles d'avoir chacun des types de HPV bêta par rapport au groupe témoin. Elles sont 1,4 fois plus susceptibles d'avoir deux ou trois types de VPH, et 1,7 fois plus susceptibles d'avoir plus de huit types de VPH comparativement au groupe témoin.
Les usagers à long terme de médicaments immunosuppresseurs, constatent les chercheurs, présentaient 3 fois plus de risque de carcinome épidermoïde, avec infection au HPV, mais avec une précision statistique limitée.
"Compte tenu de la présence répandue et croissante de ces tumeurs malignes, nos résultats reposent la question de la prévention systématique de l'infection à papillomavirus humain», concluent les auteurs.
Source : Eurekalert-NIH « HPV infection linked to increased risk of skin cancer » BMJ, traduction, mise en ligne Claire Tancrède, Santé log, le 9 juillet 2010 (Visuel SNDV, vignette HPV)
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Cette actualité a été publiée le 09/07/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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