HYPERTENSION : Un tensiomètre à l'ENERGIE SOLAIRE
Actualité publiée le 23-06-2009
Dépistage, surveillance
Le nouveau tensiomètre Omron (M1 Plus) est un tensiomètre original, à tout point de vue : par son mode d’alimentation en énergie d’origine solaire, par son acceptabilité/adaptabilité en milieu de soins « rural » en Afrique notamment (pour laquelle il a été conçu prioritairement) et…par son prix modique. Présenté à Milan, au congrès de la Société européenne d’hypertension (ESH), ses résultats ont été exposés par le Pr Gianfranco Parati (Université de Milan) : il est précis, adapté aux pays à faibles ressources pour la santé, pratique, fiable en termes de diagnostic de l’HTA (hommes et femmes).
Le problème de l’HTA en Afrique est… qu’elle y existe, contrairement à ce que pensent ou affirment encore beaucoup de gens ou d’écologistes, qui lui attribuent l’image d’une « maladie de la civilisation ». Il suffirait de s’écarter de la civilisation pour n’être point hypertendu… Bien sûr, la réalité est beaucoup plus complexe.
Le vrai problème est le dépistage primaire, de façon à traiter avant d’éviter les complications cardio-cérébro-vasculaires de l’HTA évoluée. Sur le plan épidémiologique, on sait que la prévalence de l’HTA augmente dans les pays en voie de développement, notamment en Afrique, mais le nombre des hypertendus reste flou par rapport à l’estimation globale du nombre d’hypertendus dans le monde : entre un milliard et un milliard et demi.
Le recours à l’énergie solaire pour activer le tensiomètre a un autre avantage : elle peut permettre de compenser la suppression progressive des appareils de mesure à mercure (sphygmomanomètres) pour cause de toxicité environnementale et humaine, le mercure étant un polluant qu’on ne peut éliminer. Les derniers modèle en service se trouvent surtout dans les pays en développement. Par ailleurs, l’énergie solaire en abaisse le coût.
L’Omron M1 Plus a été testé chez plus de 700 patients en Afrique (Ouganda, Zambie) dans 3 centres de consultation générale, en ville et en campagne. Plusieurs mesures ont été effectuées, les unes avec un tensiomètre classique, les autres avec celui-ci. Constat, pas de différence significative entre les moyennes tensionnelles relevées dans les pressions diastolique et systoliques : 120,5/74,6 pour l’appareil standard, 122,3/71,2 pour le solaire. Bilan : 20 % d’hypertendus (méconnus) détectés au total !
Les professionnels de santé utilisateurs ont répondu à un questionnaire sur l’usage du solaire, qui a confirmé la qualité de la mesure et de l’emploi, plus de 95 % répondant préférer ce dernier, plus pratique car toujours disponible (le soleil est là, pas toujours l’électricité), plus confortable que le modèle habituel à mercure… jugé cependant plus « durable ». A voir…
Reste un problème : aller au-devant des hypertendus méconnus, dispersés sur un vaste territoire, souvent éloignés d’infrastructures de santé, trop rares. Avec le tensiomètre solaire, un premier pas a été franchi pour rapprocher la santé des populations qui en sont éloignées. Un premier pas vers l’égalité sanitaire ? Mais qui leur fournira régulièrement les antihypertenseurs ?
Auteur : Jean-Marie Manus, Conseiller pour la santé publique, Santé log (Visuel Omron, vignette : http://www.strokeassociation.org)
Source : Congrès de l’ESH, BusinessWire
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Cette actualité a été publiée le 23/06/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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