INFECTION DE PROTHÈSE articulaire : Le premier test non invasif
Actualité publiée le 06-09-2010
Innovation
La biotech Ingen Biosciences va commercialiser en Europe le premier système de diagnostic in vitro, BJI InoPlex®, permettant de détecter jusqu’à 75 % des infections se développant sur prothèses articulaires, pouvant compromettre sa rigidité et obliger au remplacement. Il s’agit d’un test de haute valeur biologique dans le domaine des infections après mise en place de prothèses pour remplacer les articulations détruites par l’arthrose ou d’autres atteintes
Chaque année en Europe, les chirurgiens orthopédistes mettent en place environ 1 million de prothèses de hanche et de genou, pour lesquelles le risque d’infection est estimé entre 2 et 3 %, soit quelque 15.000 infections. Ces complications sont coûteuses : sans mettre la vie des patients en danger, elles entraînent des traitements supplémentaires et peuvent compromettre la fixation de la prothèse, obligeant à son remplacement.
Les moyens classiques de détection de l’infection peuvent être pris en défaut, car symptômes, signes biologiques d’inflammation (CRP, VS) et même radiologie peuvent être inconstants, non spécifiques ou tardifs. Or la culture des prélèvements nécessitant un geste invasif reste la référence. Il n’existe pas actuellement d‘outil spécifique pour le diagnostic et le suivi d’infection sur prothèse.
En l’absence d’un test de dépistage et de diagnostic de l’infection, la seule alternative consistait en… une nouvelle intervention pour accéder à la l’articulation et rechercher l’agent responsable de l’infection, procédure invasive, coûteuse et risquée, les patients étant majoritairement âgés.
Ce kit de diagnostic permet aux chirurgiens, aux infectiologues et aux hôpitaux de disposer d’un outil simple de détection non invasive des infections ostéo-articulaires pré- et post- implantation. Ce kit de première génération exploite une technologie d’Ingen Biosciences, un panel d’antigènes recombinants qui détecte environ 75 % des infections, notamment à staphylocoques doré (S. aureus) ou epidermidis.
Les infections sont une des principales complications après pose de prothèse. Elles sont associées à une très forte morbidité, car elles nécessitent une ou plusieurs réinterventions, une longue antibiothérapie et entraînent un handicap fonctionnel important, souvent prolongé.
Cette innovation ouvre de réelles perspectives de diagnostic non invasif des infections ostéo-articulaires et plus largement des maladies infectieuses. Dans les infections sur prothèse articulaire, on ne pouvait pas en rester à l’obligation de poser le diagnostic de façon fiable (présence de bactéries en phase de multiplication) qu’en allant au contact de la prothèse et des agents infectieux in situ via une procédure chirurgicale invasive et coûteuse !
BJI InoPlex® est donc le premier test sérologique non invasif, réalisé en 2 h, pour ce type d’infection. ll permet de détecter les anticorps anti-staphylocoques (IgG) du patient sur simple prise de sang. Un intérêt économique certain pour détecter et surveiller ces infections : non seulement il contribue au diagnostic de l’infection mais permet aussi un suivi biologique de l’antibiothérapie et peut être utilisé en pratique courante de suivi sérologique des patients porteurs d’une prothèse.
La biotech souligne que « la détection des infections ostéo-articulaires est un marché de niche, qui a été laissé de côté par les principaux fabricants de kits de diagnostic in vitro ». Cela veut dire qu’Ingen Biosciences est actuellement seul sur ce marché ». Un marché important : chaque année, 3,5 millions de prothèses de hanche et de genou sont posées dans le monde, mais il existe aussi des prothèses d’épaule, de coude, de poignet, de cheville, de pied… Il y aurait aujourd’hui dans le monde plus de 10 millions de porteurs de prothèses articulaires, dont le nombre augmente régulièrement du fait du vieillissement de la population et… des problèmes de surpoids.
Le test BJI InoPlex® sera disponible en Europe avant la fin de cette année. Ingen Biosciences prévoit déjà la deuxième génération du kit en 2011, qui inclura de nouveaux antigènes afin de détecter une proportion plus large d’infections ostéo-articulaires.
Source : Ingen Biosciences mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log, le 6 septembre 2010
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Cette actualité a été publiée le 06/09/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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