IVG : Le PARADOXE français
Actualité publiée le 02-02-2010
Education et prise en charge
Garantir un égal accès à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) sur l’ensemble du territoire, c’est le nouvel objectif, annoncé par Roselyne Bachelot* mais travailler sur le contexte particulier et paradoxal de la France avec son recours important à la contraception et, malgré cela, un taux d’IVG record, c’est la véritable demande des Associations, dont le Mouvement français pour le planning familial. Un sujet très sensible en France, en particulier à la suite des récentes annonces de fermeture de centres IVG en France mais qui devrait être mieux éclairé avec la prochaine parution du rapport de l’IGAS.
14,5, c’est le nombre d’IVG pour 1.000 femmes. La France fait ainsi partie des pays européens où le taux d’IVG reste parmi les plus élevés avec un nombre d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) évalué à 210.000 par an, selon les dernières études de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES). Depuis 2002, le nombre des IVG reste stable avec un taux d’IVG médicamenteuses, qui progresse régulièrement pour atteindre 46 % en 2006. En Ile de France, par exemple, le taux d’IVG serait de 30% supérieur à la moyenne nationale et 3 fois plus important qu’en Allemagne.
Fermetures de centres IVG : En novembre 2009, à la suite de nouvelles fermetures de 4 centres d’IVG en région parisienne, s’était déroulée « la marche pour sauver l’IVG », à l’initiative du Mouvement pour le planning familial et L’AP-HP avait du rassurer, alors qu'assurant 19% des naissances en Ile de France et 22% des IVG, elle s’organiserait, dans le cadre de sa mission de service public, pour offrir aux femmes une prise en charge plus complète et plus sûre. En Ile de France, 50 centres auraient fermé ces 5 dernières années.
Campagne de communication mais quid de la prévention ? La récente campagne de communication « Sexualité, contraception, avortement – un droit, mon choix, notre liberté », subventionnée pour 300.000 euros par le Conseil régional d’Ile de France a elle-même déclenchée une contestation de la part de l’Association Alliance pour les droits de la vie qui réclame une véritable politique de prévention des Pouvoirs publics, car l’IVG, rappelle l’Association, n’est pas un acte anodin. En mars dernier, le Planning Familial lui-même s’inquiétait du désengagement de l’Etat dans les missions d’accueil, d’information et de prévention concernant la contraception, la fécondité et la sexualité.
Un rapport de l’IGAS très attendu : Sollicité fin 2008 par l’IGAS dans le cadre de la réalisation de l’état des lieux de l’application de la loi de 2001, le Mouvement Français pour le Planning Familial a fourni des données sur la contraception et l’IVG au niveau national et départemental et en particulier sur ses évolutions. Un an plus tard, le Planning Familial s’étonne que le rapport ne soit pas rendu public alors que l’accès des femmes à l’avortement apparaît de plus en plus fragilisé et réclame un état des lieux concernant les IVG. C’est au même rapport que se rapporte la Ministre de la Santé qui annonce sa sortie la semaine prochaine pour demander aux agences régionales de santé (ARS) « de mailler le territoire pour que toutes les femmes puissent bénéficier d'une prise en charge précoce ».
De nouvelles directions à l’étude dans un contexte de régression généralisée de l’accès aux soins de proximité : Donner aux mineures la possibilité de consulter gratuitement et anonymement un médecin généraliste pour accéder à la contraception, répondre notamment aux problèmes des territoires ruraux, où l'accès aux centres de planification est difficile, préparer un plan d'information pour les jeunes, mobiliser les médecins et infirmières scolaires, propose aujourd’hui la Ministre. Enfin, selon l’AFP, Mme Bachelot a annoncé une augmentation de 10% la rémunération pour les établissements pratiquant l'IVG.
Renforcer l’information et la prévention, c’est en fait la demande actuelle des Associations : « Parler de sexualité sans tabou, permettre une information précise sur les différents contraceptifs et laisser les jeunes filles et les femmes choisir leur contraception, garantir l’accès à l’avortement de celles qui ne désirent pas poursuivre leur grossesse ».
Source : Planning familial DREES,*20 Minutes mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log, le 1er février 2010 (Visuel http://www.macontraception.fr et Alliance pour les droits de la vie)
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Cette actualité a été publiée le 02/02/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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